SECONDE HALTE AU MILIEU
Un second siège de Narbonne les ramène bientôt sous les murs de leur cité natale," dont il faut décidément éloigner les Arabes envahisseurs. Le courage de Guibelin jette là son premier éclat ; et on y admire un jeune héros du nom de Roumans, qui meurt dans la première adolescence de sa gloire.
Cependant les années s'écoulent ; Gharlemagne se sent mourir et veut consolider la couronne impériale sur la tête de son fds, pauvre enfant qui tremble, indigne héritier du grand roi. Un traître veut confisquer cette couronne à son profit, et déjà y porte la main ; mais, défenseur loyal de la faiblesse et du droit, Guillaume parait et tue l'usurpateur. Durant plusieurs années, il va et vient de France à Rome et de Rome en France. De la ville des papes il chasse les Sarrasins d'abord et plus tard les Allemands, qui n'étaient peut-être pas moins dangereux, et fait ensuite sa tournée dans toutes les provinces de France pour y exterminer les traîtres, y étouffer la rébellion contre Louis, y affermir le trône du fils de Gharlemagne.
Tant de services sont mal récompensés : Louis, à qui nous pardonnions d'être faible, devient ingrat et oublie Guillaume dans la répartition de ses fiefs. Le fils d'Aimeri l'apprend et , en présence de toute la cour, insulte ce pauvre roi qui pâlit, bégaye, s'excuse et paraît tout ;i fait méprisai)le. 11 finit par donner à Guillaume certaines terres (pii appartiennent encore aux Sarrasins. Satisfait de ce présent, notre héros prend Nîmes.
Une curiosité singulière le pousse ensuite dans les murs d'Orange, qui est encore au pouvoir des Sarrasins. Il pense y perdre la vie, mais y est retenu par l'amour d'Orable. Délivré par Rertrand, il s'empare de la ville, baptise Orable et l'épouse.