‹ Les eopeés françaisesChapitre 18 sur 180 · CHAP · texte numérisé non relu

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. LivR.ii. aussi les conquêtes de ce petit-fils de Renoart, de ce - Renier qui passa une partie de sa vie à rechercher sou

que dv Roi. Dans le tome III il n'avait étudié, en 1840, que le seul manuscrit 6985 (auj. 368); dans le tome VI (1845). il analysait les manuscrits 71863, 7188, 7192^j (auj. 774, 778, 796). L'éditeur de Berte et de Garin avait seulement le tort d'attribuer une importance exag-érée aux origines normandes de nos Chansons. « Sous Philippe I", » dit-il, « les trouvères s'attachèrent aux aventures des « Normands conquérants de la Sicile. » M. Dozy devait pousser à l'excès cette doctrine que nous aurons lieu de l'éfuter plus loin. — *--'>3 La même année, M. Emile de Laveleye faisait paraître à Bruxelles non-Histoire de la langue et de la littcratio-e proi-ençales, et^l. Aug. Leprévost écrivait, au bas de son texte d'Orderic Vital, de courtes et excellentes notes sur l'histoire et la légende de Guillaume. (Éd. de la Société de l'histoire de France. 111, p. 5 et suiv.) Il disait notamment, au sujet de nos Chansons : « On espère qu'elles seront bientôt publiées par M. Raymond Thomassy.» Cette espérance n'a jamais été réalisée : M. Thomassy, savant ingénieux et critique habile, a éparpillé son intelligence au lieu de la concentrer sur une seule œu%Te. — ai Fauriel était mort en 1844. Grâce au soin pieux d'un de ses amis, Vllistoire de la 2Joésie provençale parut en 1846-1847. On y trouve le développement de ses idées qui avaient été, en 1832, résumées dans la Revue des Deux-Mondes. Dans le tome III, trois chapitres entiers sont consacrés <\ notre geste. L'idée-mère de Fauriel y éclate en toute liberté : c'est que « tous « ces poëmes sont d'origine provençale. » Dans le chapitre xv, le critique étudie les Branches du cycle de Guillaume piar i-apport l'une ci Vautre; dans le chapitre xxix, il ed expose les éléments historiques; dans le chapitre xxxin, il analyse quelques-uns de nos Romans et en donne des extraits. Partout son esprit vif et pénétrant donne à ses idées une animation qui les popularise aisément; ses expositions sont d'une clarté toute française; sa sagacité est digne d'un Allemand. Il se trompe d'une façon à la fois sincère et intelligente, et ses erreurs mêmes appellent et provoquent la vérité. Ravi de tant de qualités, un érudit allemand, notre contemporain, a dit de Fauriel « qu'il est le plus savant historien littéraire de la France. » Il y a là quelque exagération. L'historien de la poésie provençale ne connaissait pas toutes nos Chansons; il n'en avait lu qu'un petit nombre. Il s'arrête surtout « à discuter l'introduction du personnage d'Aimeri de Naifbonne dans le cycle », et ne résout pas tous les graves problèmes relatifs aux origines historiques des poèmes qui ont Guillaume pour héros. Mais il a donné de la vie à toutes ces questions ; il les a si vigoureusement posées, elles ont grâce à lui conquis tant d'importance qu'il est devenu tout â fait impossible de ne pas s'en préoccuper après lui. — D'ailleurs, on ne possédait encore en France que des extraits de nos vieux poëmes. Les Allemands avaient publié, republié et commenté leur Willehalm, et nous n'avions jjas le texte intégral d'une seule de ces Chansons qui avaient servi d'original à Wolfram. — -jj En 1850, M. P. Tarbé publia dans sa Collection des j^octes de la Champagne le Roman de Girard de Viane par Bertrand de Bar-snr-Ax'be. Quels que soient les défauts de cette édition, quelque faible et hypothétique que soit Vlntrodi'ction de M. P. Tarbé, on ne saurait trop le féliciter d'avoir donné un tel exemple. — ^s C'est en 1852 que parut réellement le travail le plus complet sur la matière : nous voulons parler de cette longue suite de Notices et d'Analyses que M. Paulin Paris a consacrées au cycle de Guillaume, dans le tome XXII de l'Histoire littéraire (pp. 435-551). Il parcourt l'une après l'autre les « dix-huit branches » de notre geste depuis Garin de Montglane jusqu'à Foulque de Candie ; il les résume avec une claire et ingénieuse ra-

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père Maillcfcr, qui couquit les Algarvos et les Baléares, et épousa la Itelh^ Ydoiiie '■' .

pidité; il en explique certaines ditlîcultés, en cite certains passages et en dresse enfin la Ijibliographie complète. Il est aisé de critiquer aujourcriuii telle ou telle partie de cet énorme ensemble; mais il faut ne pas oublier qu'avant M. Paulin Paris, on ne connaissait même pas les titres des différents poèmes de ce cycle. C'est à lui que revient l'honneur de les avoir groupés méthodiquement ; de leur avoir donné leurs véritables noms, qu'ils ne perdront plus; d'en avoir relevé l'importance, d'en avoir indiqué toutes les péripéties, d'en avoir fait valoir toutes les beautés littéraires. Quand L. Ciarus prétend que P. Paris « n'a pas, comme critique, foit beaucoup plus avancer la science « que Fauriel », nous le trouvons injuste, et sommes en mesure d'aliirmer nettement le contraire. — •'•'' Cette année 1852 est, d'ailleurs, d'une importance tout exceptionnelle dans l'histoire de notre poésie. C'estalors que M. W. J. A. Jonckbloet publia son Histoire de la Poésie flamande au moyen drje, où il nous fait connaître, avec une heureuse précision, les imitations flamandes de nos Romans, celle de Nicolas de Harlem, etc. Et il ne ci-aint pas d'ajouter que la connaissance des poèmes français est absolument nécessaire pour combler les lacunes des livres flamands {Geschiedenis der midden nederlundsclien Dichtkuiist, I, pp. 203, .311-332, etc.). — ^8 C'est encore en cette année 1852 que fut achevé le travail, peut-être trop surfait, de C. Hoffmann : XJeber ein Fragment des Guillaiane d'Orange. (Extrait des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Bavière, Munich, 1851. Supplément et rectifications, Munich, 1852.) En réalité, le savant allemand ne s'est occupé que d'une seule de nos Chansons, et, comme le dit Jonckbloet, « son point « de vue est surtout esthétique, et il ne tient aucun compte des documents « historiques ni des dates. » — '^^ C'est encore à la même époque que la Bévue archéologique ouvrit ses colonnes à une Notice hisUn-ique et archéologique sur Orange. L'auteur, M. Jules Courtet, essayait en particulier d'établir ridentité poétique entre notre Guillaume d'Aquitaine et Guillaume P"", comte de Provence. — go Deux ans après (1854), paraissait ;\ la Haye l'œuvre capitale sur Guillaume d'Orange et son cycle. C'est le fivre de M. Jonckbloet qui a pour titre : Guillaume d'Orange, Chansons de geste des onsiéme et douzième siècles, inibliécs pour la première fois, etc. Dans son premier volume, le j)rolesseur de l'Université de Groningue publie le texte inédit de cinq Chansons (le Couronnement Looijs, le Charroi de Nîmes, la Prise d'Orange, le Covenant Vivien et Aliscans). Dans son second volume, il traite à fond toutes les questions qui se rapportent à toute notre geste. (Etude sur les travaux de ses prédécesseurs, pp. 1-10. — Résumé des Enfances Guillaume, pp. 11-20. — Eléments historiques de la geste; textes sur saint Guillaume, pp. 21-26. — Ermoldus Niger, Ardon, Vila sancti IVillelmi, Orderic Vital, pp. 27-40. — Éléments historiques de chacune des Chansons publiées dans le premier volume, et en particulier d'Aliscans, pp. 41-.59. — Fusion légendaire de Guillaimie de Provence avec Guillaume d'Aquitaine, pp. G0-G3. — Éléments historiques du Charroi et de la Prise d'Orange, pp. 63-79; du Couronnement Looi/s, pp. 80-116; du Moniage Guillaujne, pp. 117-166. — Date de la composition de ces poënies et leur caractère traditionnel, pp. 167-187. — Langue et versification de nos Chansons ; leurs auteurs, pp. 188-205. — Leur valeur littéraire, pp. 206-213. »- Leurs imitations en Allemagne, pp. 214-223. — Manusnits et variantes, pp. 224-318.) Cette table, qui fait défaut dans le livre de M. Jonckbloet, donnera peut-:^tre quelque idée de son ètemlue et de l'intérêt qu'il présente. C'est un»^ oeuvre qui restera ; sur un certain nombre de points, elle est véritablement défi-

II l'.MlT. I.IVlî. II.

ClIAl'. 1.

II P.VRT. LIVR. II CH.VP. I.

C'est ce Guillaume enfin, qui, fatigué de la gloire, dégoûté de la popularité et ayant horreur de la vie,

nitive. Quant aux textes, ils n'offrent pas toute la correction désirable, et réditeur, que l'on ne saurait sans injustice accuser de n'avoir pas publié de « texte critique » (ces méthodes nouvelles n'étaient pas encore formulées), a eu cependant le tort de ne pas donner la préférence à notre manuscrit de l'Arsenal, qu'il se plaît d'ailleurs à proclamer le meilleur et le plus ancien. — Quoi qu'il en soit, nos plus antiques Chansons, les cinq poèmes qui forment le véritable centre de notre geste, étaient enfin publiés. Le livre de Jonckbloet et le tome XXII de l'Histoire littéraire sont, d'ailleurs, les deux faits que nous voudrions faire ressortir le plus vivement dans cette Bibliographie de la geste de Guillaume au Court Nez. Ils ont été les plus influents : il est devenu moins méritoire, après P. Paris et Jonckbloet, d'entreprendre un travail sur ce cycle. — *' En 1S57, M. Le Ricque de Monchy publia dans les Annales de la Société archéologique de Montpellier (IV, 381) une Notice st(r l'autel de Saint-Guilleni-du-Désert. — *>* M. Sachs ne lit pas progi'esser la science dans ses Beitrœyen :ur Knnde der franzœsischen, englischen xind provenzalischen Literatur ans fransœsischen rind englischen Bibliotheken (Berlin, 1857) ; et il est regrettable que cet excellent vulgarisateur, M. Simrook, n'ait pas, deux ans auparavant, donné ])lace à la légende de Guillaume dans son Kerlingische Heldenbii.ch. — '^•> La première des Biographies bénédictines de dom Menault (1860) est consacrée à « saint Guilhem, fondateur et moine de Gellone, » et le bénédictin de Solesmes y étudie notamment saint Guillaume « comme héros de notre poésie. » — 6'* Dans ses Recherches sïtr l'histoire et la littérature de VEsjMgne 2ieHdant le nwyen «^e (2" édition, 18G0), M. Dozy essaya d'entourer de preuves cette idée fondamentale « qu'un certain nombre de nos Chansons sont d'origine normande ». Nous aurons l'occasion de combattre par le détail l'application de ce système au Couronnement Looys (Dozy, 1. 1., II, 371, et Appendices, xcni et suiv.) ; au Charroi de Niincs (p. xcvi) et à Aimeri de Xarbonne (p. xcvni). — 6i La même année, parut à Christiania un texte critique de la Karlatnagnus Saga dont la neuvième branche est consacrée à Guillaume (p. 532). L'éditeur était M. C.-R. Unger. — 66 M. P. Tarbé, vers le même temps, publiait dans sa Collection le Roman de Foulques de Candie par Herbert Leduc de Damnuirtin. Mais ce n'étaient que des fragments d'un i)oëiue mutilé et non pas la Chanson dans sa précieuse intégrité. — ^' M. de Puymaigre traduisit pour nous deux romances espagnols sur le comte Benalmenique (Aimeri de Narbonne) et résuma le Mala la risteis, Franceses. (Les Vietix Auteurs castillans, 1862, t. II, pp. 350, 351 et 323.) Or ce sont là les uniques traces que notre geste ait laissées dans la littérature espagnole. — ^s Dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes (l>-'64, pp. 89-123 et 1865, pp. 1-42,), M. Gaston Paris analysa, en critique expert, toutes les branches de la Karlamagnv.s Saga et notamment la neuvième, que nous avons pris soin de résumer jdus haut. — ^^ Mais ce travail de M. Gaston Paris n'était en quelque sorte qu'une préparation à son grand livre, à cette Histoire jwétique de Charlemagne que nous avons déjà louée plus d'une fois. II est vrai que, sur l'Epopée provençale, nous différons complètement de sentiment avec lui ; mais, sur cette question même, nous reifdons pleinement justice à la iiénétration de son sens critique, à la vigueur originale de son argumentation. D'ailleurs il n'a que rarement abordé TétUde de notre geste, qui ne se rapportait pas exactement à son sujet. — ™ La même année, Guillaume Volk publiait à Munster, sous le pseudonyme de Ludwiî' Clarus, son beau livre : Herzog Wilhelm von

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entra îi l'abbaye d'Aniane où il scandalisa les moines par sa voracité et ses goûts trop brutalement militaires;

Aqiiitanien, ein Grosse)- der Welt, eia Heiliger der KircJie inid ein Heîd der Sarjc und Biclitiouj. C'est, sinon le plus original et le plus profond, du moins le plus complet sur la question. Comme son titre l'indique, il est divisé en trois parties : « I. Mw Grand du monde. II. Un Saint de « l'Eglise. III. Un Héros de la légende et de la poésie. » Dans la première partie, Clarus résume, avec un rare talent de vulgarisateur, toute l'histoire de Guillaume. Il s'assimile les textes d'Ermoldus Niger, tle l'Astronome limousin ; etc. Il les fait revivre, il les rend siens. Non content de ces sources, il remonte avec Funck aux som-ces arabes. On ne peut guère lui reprocher que d'accorder une confiance trop absolue à la T7to-et à Oi'deric Vital. La Vha, notamment, que l'èrudit allemand vieillirait volontiers, n'est à nos yeux que le remaniement d'un document antérieur, et contient des éléments presque fabuleux. Dans sa seconde partie, l'auteur de Herzorj Wilhehn von Aquitanien met en lumière Ardon et la Yita. Dans la troisième, il étudie longuement les Chansons de notre cycle, en démêle les éléments historiques, en précise la valeur et la date. Puis, il les analyse longuement, mais d'après des ouvrages de seconde main, et non d'après les manuscrits qu'il n'ajiasvus. Il est très-explicite au sujet du Willehalm et, de ses continuations. Comme on le voit, son plan est des plus heureux et des plus clairs : tout y rentre, tout y est à sa place. On demanderait à l'auteur une critique plus originale et plus serrée ; mais son livre mérite d'être consulté après ceux de Jonckbloet et de Paulin Paris. Faut-il ajouter qu'il est écrit au point de vue le plus religieux : il est le résultat d'un vœu de son auteur, et la Préface se termine par ces mots : « Sancte Guillelme, ora pro nobis. » — 'î' Dans sa Chrestomatliie française (186G), Bartsch a fait entrer un fragment A'Aliscans : « Or fut Guillaume sus el tertre montez, etc. » (col. Gl-70). — ■'- Enfin, M. Jonckbloet, celui qui a le mieux mérité de tous ceux qui étudient ce cycle national et religieux, a mis le comble à sa légitime réputation, en puliliant tout récemment une traduction en français moderne de sept de nos Chansons : les Enfances, le Couronnement, le Charroi, la Prise d'Orange, le Covenant Vivien, Aliscans et le Moniage GvilloMmc. (Guillaume d'Orange, le Marquis «?( Court Kez, Chanson de geste du douzième siècle mise en nouveau langage par le D"" W. J. A. Jonckbloet. Amsterdam et la Haye, décembre 1867). C'est de la bonne vulgarisation. — ■'3 En 18GS parut le tome III de la première édition de nos Epopées françaises. — ''''• Les hypothèses de M. Dozy sur l'origine normamle du Couronnement Looys furent complètement renversées par le livre de Hirsch : Amatus de Monte Cassi)io ; Forsclningen znr deutschen Geschichte (Gœttingen, 1868, pp. 232-234). L'èrudit allemand y établit que ce n'est pas « Guillaume de Montreuil », mais Robert Crespin qui s'est emparé de Barbastro en 1064. Or, tout le système de M. Dozy reposait sur ce Guillaume de Montreuil, « conquérant de Barbastro et vainqueur des Sarrazins ». — '■' En 1869, nous eûmes l'occasion d'étudier au British Muséum les excellents manuscrits de la Bibl. du Roi 20 D XI, 20 B XIX, et Harl. 1321, et d'analyser en détail le Département des snfans Aîmeri dont ces deux derniers manuscrits nous offrent la plus longue rédaction. On trouvera plus loin cette analyse. — 'u Même travail en 1870 sur X Aliscans et les deux Foulque de Candie de Venise (Bibl. S. Marc, mss. fr. viii, xix et xx), sur le Garin de Montglanc du Vatican (Fonds de la reine de Suède, 1517). — "'' C'est en 1870 que parut chez Vieweg VAl'iscans de M^L Guessard et A. de Montaiglon {Les anciens 2^ocles de la France, t. X). — '8 Au lendemain de nos désastres, les

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CilAT. I.

68 INTRODUCTION A LA GESTE DE GUlLLALME.

PART. iivR. II. c'est lui (lui reçut d'un anore l'ordre d'aller cbercher à

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