‹ Les eopeés françaisesChapitre 19 sur 180 · C HAP · texte numérisé non relu

C HAP

Gelloiie un asile plus religieux; qui lutta de nouveau

lieuse premiers romanistes de France, Paul Meyer et Gaston Paiis, fontlèrent la Roynaniu, « recueil consacré à l'étude des langues et des littératures romanes «, et dont l'épigraphe, fort inirénieusenient choisie, indiquait bien les tendances et l'esprit : « Pour renienbrer des ancessurs — Les diz et les faiz et les murs (Wace) ». Dès le premier fascicule janvier 1S72). la question de nos chansons jiréoccupa vivement les rédacteurs de hi Ixv/nania, et M. Gaston Paris ne se refusa le plaisir de gouailler un Allemand qui avait écrit (Zeitschrift fi'i- dciitsche Phi/okif/ie, III, 422-4ÔS, 1871) une longue Dissertation « sur la Mythologie allemande dans Girart de Viane ». M. IIug"o Meyer îc'est le nom de cet original) « avait interprété jadis le combat d'Olivier et de Roland, dans la Chanson de Roland, par la lutte du dieu de l'hiver et du dieu de l'été (!) »: mais, dans Girart de Viane, il s'agit, suivant lui, « de la lutte des deux dieux au printemps ». Sur quoi M. G. Paris (qui, lui-même, était bien un peu tombé dans le système mythique à la tin de son Histoire iwéticpn; de Charlonayne) le jjlaisante fort agréablement, et non sans quelque indig-nation généreuse : « Je ne puis cacher que je souffre d'avance tl la pensée de tout ce que nos pauvres vieux poèmes vont èti-e obligés de subir entre les mains de M. Hugo Meyer et des rôles imjjrévus qu'il fera jouer à ces héros épiques dont on ne peut s'occuj)er longtemps sans avoir pour eux une sorte de resj)ect filial... Ils joueront, sans cesse et partout, le même drame ;V deux personnages, la lutte de l'Hiver et du Printemps, chacun battu et battant à son tour et reconmiençant toujours à battre, comme ces jouets d'enfants où deux bonshonunes de bois martèlent à tour de rùle et indéfiniment la même enclume. Certes Koland, Ogier et Guillaume Fièrebrace ne s'attendaient i)as à cette destinée » (1. 1., p. lO^j. — ^^ L'n article bien plus important de M. G. Paris est celui qu'il publia dans le deuxième fascicule du même llecueil sous ce titre : « L'n vers du Couronnement Loois » (pp. 177-189). Nous avons naguère {Ej)opées françaises, V'^ éd., III, p. 307) établi qu'il y avait dans ce poème quatre parties distinctes : M. Gaston Paris va plus loin et observe que les quarante derniers vers (mss. 774 et 1449 de la liibl. Nat.) forment une cinquième branche où il faut voir « le résumé sommaire de tout un poème disparu ». Il montre ensuite qu'il a véritablement existé, au dixième siècle, un Guillaume, comte de Montreuil-sur- Mer, lequel a exercé une véritable influence sur la formation de notre cycle. Et c'est ainsi qu'il tire un excellent j)arti de ce vers dont il a fait le sujet de son Mémoire : « A'et s'en li rois à Paris la cité, — Li cuens Guillaume à Mosterel sor Mer ». — *" Rien de notable en 1873. Un Allemand, M. Herniann Suchier, consacre un 0])uscule de quarante-quatre pag-es {Ueher die Quelle Ulrich von dem Ti'trlin l'.nd die aelteste gestalt der Prise d'Orenge, Paderborn, 1873, in-8) à réfuter une erreur que nous avions connnise au sujet d'Ulrich von dem Tùrlin {Epopées françaises, l"""^ éd., III, p. 41). Nous avions cru que ce continuateur de Wolfram d'Eschenbach s'était servi de poèmes français pour écrire son Arabellens Entfi'hriing : il n'en est rien, et U'irich n'a réellement mis à profit que le \]'illehaltn de Wolfram... et sa propre imagination. De cette brochure bien composée et qui promettait un bon érudit, M. G. Paris a donné un résumé lucide dans la Roniania, II, (pp. 111 et 112). — «i Autre rectification dont nous sommes encore l'objet et dont M. Suchier est encore l'auteur [Romania, 1873, pp. -335, 336). Parmi les manuscrits de nos chansons que nous croyions perdus, nous a\dons compté le manuscrit cyclique jadis conservé à Saint-Guillem du Désert. Or, ce précieux volume n'est pas perdu, et c'est aujourd'hui le ms.

NOTli.E BlBLlOGRAPllluri' Kl llISIOIilOUE. 00

contre les païens et resta sept ans i)i'is()iiiru'r naiini eux; 'H'aut. mn. n.

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qni sortit une antre fois de son désert pour délivrer l^iris

fr. 774 de la Bil)l. Nationale (anc. 7186=^). Dont acte. — *<- L'arini'-e 1><7-1 lut des plus heureuses et des plus fécondes pour l'étude de notre .iresto. C'est eu cette année que Scheler publie licKve de Commarcia (Bruxelles, Matth. Closson, in-8). — 83 C'est en cette année également que Mila y Fontanals édite son beau livre : De la poesia heroïco-popvlur Cuslellaaa (Barcelone, in-S). Il a roccasion (p. 358) d'y parler des romances qui sont consacrées il Aimeri de Xarboune (le comte Alménique); il y étudie 'p. 348) rétymologie du nom « Tibaut « donné à un roi sarrazin ; il essaie enfin de prendre position entre MM. G. Paris et P. Meyer dans le débat qui a pour objet Tépopée provençale 'p. 455). — 8* Cette dernière discussion était reprise en Alleniagne par M. Mahn (Archic fur dus Studium der neiieren Sj^rachen, LI, pp. 281-292). — 8' La réimpression de YHistoire générale du Langxtedoc de D. Vaissète a permis à M. Auguste Molinier d'ajouter quelques notes brèves au récit de la bataille de Villedaigne (t. I, 2* partie, 1874, p, 896 et ss.;. — s* Le Siège de Barbastre de Keller (?) était, vers le même temps, critiqué par Suchier dans Jenaer Literatin'zeitirag ['avril-sept. 1875).

— *'' En sa. Notice S7(r les Sagas de Magi's et de Geirard et leurs rapports avec les Épopées françaises (Lund, 1874, in-4"), M. F.-A. Wulf démontre que, contrairement à l'opinion reçue, la Saga de Geirard ne renferme aucun élément emprunté à notre (jirart de Viane (Romania, 1875, p. 475). — 88 Nous avons à sîgnaler, en 1876, une Dissertation de M. Paul Meyer sur la Vida de Saut Honorât (éd. Sardou). En son chap. xxxix (qui correspond avec le début du second livre de la Vie latine), R. Feraut raconte rapparition de Vesian (Vivien)... Qu'en Aliscarnps morts es {Romania, 1870, p. 247). — 89 Voici maintenant un modeste Mémoire et sans apparence, que nous considérons néanmoins comme rune des plus sérieuses publications dont notre geste ait été l'objet depuis dix ans : c'est la Dissertation de M. Ch. R<^villout qui a pour titre : Élude historique et littéraire sur l'ouvrage latin intitulé : Vie de saint Guilhamie (Publications de la Société archéologique de Montpellier, n"* 35 et 36, juillet 1876). Le jeune professeur de la Faculté de Mont])ellier critique avec une excellente méthode les deux chartes de fondation de Gellone, et établit fort solidement que la ^'ita sancti Willerni a été seulement rédigée au commencement du douzième siècle. C'est, à ses yeux, un document sans critique et sans valeur. M Réviliout va même un i)eu trojj loin dans cette voie, où nous ne saunons le suivre jusqu'au bout. Mais c'est là de la Ijonne et fructueuse érudition. Chose assez l'are. rcs miranda populo, M. Ch. Réviliout va jusqu'à rendre justice à .ses adversaires.

— '•'« Les études continuent à se relever en 1877, et c'est là une année qui est vraiment ulbo notanda lapillo. Dans son édition des Kerbonesi depuis si longtemps attendue, M. S.-G. Isola met enfin les travailleurs en état de connaître l'histoire 'et les moilifications de notre légende en Italie. Le ]jremier volume, qui contient les livres I-IV, est le seul qui ait encore varu, et nous espérons que l'érudit italien ne nous fera pas longtemps at'endre le second (Le storie Nerbonesi, rouianzo cavalleresco del secolo XIV, pubblicato per cura di I. G. Isola. Bologna, presso Gaetano Romagnoli, 1877. Cette publication fjiit partie de la Collezione di optere inédite o rare dei primi tre sccoli délia lingua, p)ubblicate per cura délia R. Conxmissione pe' tesli di liagua nelle provincie delV Emilia). — ^^ Vers le même temps, M. Paul Meyer ap[)Iiquait pour la première fois à un texte de no're cycle, aux 4-21 premiers vers du Charroi de Ximcs, les principes rigoureux de la publication d'un texte critique. Travail excellent et fait pour ser\ir de modèle aux éditeurs de

II PART. I.I\ II. II

assiégé par le païen Isoré, roi de Goïmbre, dont il fut l'heureux vainqueur ; qui retourna enfin dans sa biennos autres chansons {Recueil d'anciens textes bas-latins, provençaux et français, 2^ partie, 1877, p. 237 et ss.). — ^^ Un jeune élève de l'École des Chartes soutenait, au mois de janvier de la même année, une thèse consacrée à Aimeri de Narbonne. Il divisait les manuscrits de ce beau poëme en familles nettement déterminées et en dressait le teste critique; il mettait en lumière la triple rédaction du Département des enfans Aimeri, et ne laissait, sans l'approfondir, aucune partie de .son sujet. — ^^ Lg Charlernagne de M. Alphonse Vétault venait de paraître (décembre 1876 ; daté de 1877), et on y trouve une très-juste appréciation de la bataille de Villedaigne : « Telle fut cette mémorable bataille, si célèbre dans l'épopée sous le nom d'Aliscans, et qui n'a pas pris, dans les récits de nos historiens, Timportance capitale qu'elle mérite. Au temps de Charlemagne, la renommée du monarque éclipsa toutes les autres, et les entreprises auxquelles il prit part sont les seules qui aient fixé l'attention des chroniqueurs... Quand on examine cet événement à la lumière des textes arabes, pleins de détails effrayants sur la force et l'enthousiasme fanatique des envahisseurs, on se demande s'il ne faut pas considérer la bataille de Villedaigne comme le 2:)rincipal fuit d'armes du régne de Charlemagne (p. 318)». — 9* Stanislas Bormans complète le contingent de cette belle année 1877 en publiant dans le Bibliophile Belge (pp. 262 et ss.) un fi'agment de Foulque de Candie. Ce n'est pas à lui d'ailleurs qu'il convient de rapporter l'honneur d'avoir déterminé le titre du roman dont il a publié quelques vers, et il lui est même arrivé de publier ses deux feuillets à l'envers {Romania, 1879, pp. 301, 302). — ^■> En 1878, M. le comte de Puymaigre publie, dans le Petit Romancero, les trois romances que nous avons résumés plus haut (p. 56 et 57), et celui de Bertrand, neveu de notre Guillaume {Romancero, p. 115). — 96 Peu de chose en 1879. Nos lecteurs ignorent peut-être qu'il existe à Paris (sous ce titre : Le Parnasse, un journal écrit en vers. Dans le Parnasse du 15 mai 1879, M. Gisaide a publié la Colère du baron : c'est le début de notre Charroi de Nitnes. On ne peut qu'encourager vivement de tels essais, et Victor Hugo en a donné l'exemple dans son admiraVile Aymerillot. Néanmoins, il faudrait se mettre en garde contre les manquements à la couleur locale et ne pas, dans un poëme féodal, parler de « douairière » et de « buveurs de bière ». Il y a de fort beaux vers, malgré tout, dans la Colère du baron. — '^ M. G. de Rez reprend alors une thèse déjà traitée plus d'une fois, et étudie à nouveau les Invasions des Sarrasins en Provence j^endant le huitième, le neuviètne et le dixième siècles (Marseille, 1879). — 9» Un des Guillaume historiques qui ont contribué à former le Guillaume de la légende est Guillaume T, comte de Provence, qui gagna contre les Sarrazins, en 972, la fameuse bataille de Fraxinet et chassa pour toujours les Infidèles de son comté. A ce Guillaume, à cette bataille, M. Lenthéric consacre plusieurs pages dans sa Provence maritime (Pion, 1880, in-8, pp. 184 et 2^S, 289).— «o-ioo Au moment d'achever cette énumération, nous avons le plaisir de mentionner l'article étendu de M. Gaston Paris {Romania, 1880, pp. 1-50) sur la Chanson du Pèlerinage de Charlemagne. L'auteur y traite, en passant, la grosse question de l'historicité d'Aimeri de Narbonne et conclut, comme l'avait fait M. Demaison en sa thèse de 1877 que« ce n'est pas l'Aimeri historique de 1105-113-1 qui a influé sur la légende, mais la légende sur cet Aimeri » (1. 1., p. 42). Et dans un autre fascicule du même recueil (pp. 515-546), ^I. Paris expose le détail d'un épisode à' Aimeri de Narbonne, que nous n'avions pu faire figurer dans notre analyse de ce beau poëme. — '"^t Poursuivant ses remarquables études sur

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