‹ Les eopeés françaisesChapitre 23 sur 180 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D'après une tradition qui ne paraît pas remonter beaucoup plus haut que le treizième siècle, Gharle-

date de la bataille de l'Orbieus), la situation de la France et particulièrement du Midi était à peu près la même. A l'une comme à Uautre de ces deux époques, c'est un Charles qui règne sur la France ; c'est une invasion de Sarrasins qui menace la chrétienté; c'est une armée immense de païens qui fond sur l'Aquitaine et s'avance du Midi vers le Nord ; c'est un duc d'Aquitaine (Eudes en 731 et Guillaume en 793) qui, par sa défaite même, arrête les envahisseurs ; enfin, ce sont les Sarrasins qui se retirent de la France, et c'est l'ÉgUse qui est sauvée. Les deux époques ont non-seulement la même physionomie, mais la même importance très- solennelle et très-profonde. Dans les deux cas, il ne s'agissait rien moins que du salut de la patrie et des destinées de la foi chrétienne. On peut dire, en résumé, de ces deux batailles prodigieuses ce qu'un savant contemporain (M. Reinaud) a dit de l'une d'elles : « Jamais de plus grands intérêts ne furent en présence. Les Chrétiens avaient à sauver leur i-eligion, leurs institutions, leurs propriétés, leur vie même. Pour les Musulmans, outre l'intime pei-suasion où ils étaient qu'ils défendaient la cause même de Dieu, ils avaient à conserver le riche butin dont ils s'étaient emparés. Ils voyaient de plus que la victoire seule pouvait leur assurer une retraite honorable, » (Invasions des Sarrasins en France, p. 43.) — c. Or, il n'est pas douteux que la bataille de Poitiers ait donné naissance à des traditions poétiques, à des chants nationaux. Quand on voit, vers 620, une petite guerre de Clotaire II contre les Saxons devenir Uoccasion d'une cantilène qui s'est conservée jusqu'à nous, il est mathématiquement démontré qu'un événement de l'importance de la bataille de Poitiers dut, à plus forte raison, inspirer des chants militaires et religieux dont rien n'égala sans doute la vaste et profonde popularité. — d. L'existence de ces chants est attestée par le début de la chanson de Garin le Loherain qui célèbre les exploits de Charles Martel. Ils étaient encore populaires au moment de la bataille de rOrbieux qui en a dû produire beaucoup d'autres analogues, ou plutôt, tout à fait semblables. — e. Ces deux familles, ces deux groupes de cantilènes et de légendes qui célébraient des héros et des événements presque identiques, se sont très-naturellement fondues en une seule famille, en un seul groupe épique. De cette fusion de Yilledaigne avec Poitiers est résulté Aliscans. — f. Si le nom de Guillaume est le seul qui soit resté définitivement attaché aux souvenirs de ces deux combats épiques, c'est

Les chefs

des trois

grandes gestes,

Charles,

Doon et Garin,

naissent

tous trois

dans le même

instant.

l; PART. I.IVR. II.

magne, Garin de Montglane et Doon de Mayence, ces chefs des trois grandes gestes, naquireirt le même jour,

que notre héros est le Jeniier veuu et que sa sainteté Ta plus tard entouré d'une auréole que n'eut jamais Charles Martel. — g. En revanche, c'est l'adversaire de Charles Martel, Abd-al-Rahnian ou Al3dérame, qui est resté célèbre dans nos poëmes sous le nom de Desramé. Mais il faut se rappeler que cet Abdérame avait épouvanté la chrétienté et la France par ses triomphes avant Poitiers, par ses proirrès en Aquitaine, et notamment par sa sanglante victoire aux bords de la Dordogne, vers l'année 724. — h. Les luttes de Charles Martel avec Eudes d'Aquitaine ont-elles, en outre, donné quelque idée à nos épiques de cette mésintelligence qu'ils ont trop souvent imaginée entre Guillaume au Court Nez et Louis, roi de France? Nous en doutons beaucoup, et de tels faits, qui ont une gravité historique vraiment considérable, ne nous semblent point avoir la m^me importance poétique. Ce que l'on peut seulement affirmer, c'est que Charles Martel et Charlemagne ont été fondus par nos poètes en un seul et même personnage. — i. Nous avons tout d'abord parlé de Poitiei-s, comme de l'événement antérieur à notre héros qui avait évidemment le plus influé sur notre épopée. Mais il ne faudrait pas ouljlier que, de 721 à 732, les Sarrasins n'ont cessé d'inquiéter la France par des invasions qui sont restées dans les souvenirs du peuple et ont eu quelque action sur notre geste. — j. C'est ainsi qu'en 72L Alsamah prit Narbonne et la saccagea : de là, peut-être, le début et la lin 'XAimcri de Narbonne ; de là, la dernière partie des Enfances Guillaione et le Siège de Narbonne ; de là, le début de la Mort d'Aimeri, et enfin ces nombreux sièges de Narbonne qui foisonnent dans tout le cycle. — k. En cette même année 12\, Eudes, duc d'Aquitaine, marcha contre les Sarrasins, les rencontra à Toulouse, les battit, les força de repasser en Espagne sous les ordres d'Abd-al- Hahmau. Cette victoire a pu contribuer aussi à former la légende iïAUscans (v. Keinaud, 1. 1., pp. 20-32; Jonckbloet, 1. 1 , pp. 44-45). — /. En 724. les Sarrasins prennent N'unes et Carcassonne. De là, ces légendes sur la prise de Carcassonne qui ont peut-être donné naissance à une Chanson de geste aujourd'hui perdue. De là, la donnée générale du Charroi de Nîmes. — m. Vers le même temps, les Musulmans attaquent Arles et livrent aux Chrétiens un combat décisif sur les rives du Rhône; les Chrétiens sont vaincus et un grand nombre d'entre eux sont noyés dans le fleuve. Leurs corps furent pieusement recueillis et enterrés dans l'ancien cimetière d'Arles qui s'appelait « Aliscans, » et l'on venait encore au treizième siècle révérer les tombeaux de ces ATictimes qui étaient considérées comme des martyrs. Les historiens arabes ont été les seuls à raconter ces faits mémorables (V. Reinaud, 1. 1., 38-39). Et cependant, après la défaite de Poitiers, nul événement n'a eu plus d'importance dans la formation de la Geste. C'est dans le cimetière d'Aliscans que le faux Turpin tait porter quelques-uns des héros morts à Roncevaux. C'est à cette défaite enfin que nous devons en partie le sujet et le titre même de la Chanson d'Aliscans (V, Jonckbloet, 1. 1., p. 46). — n. Nous ne pensons pas, d'ailleurs, qu'il faille remonter plus haut le cours de l'histoire pour Y découvrir les origines de notre cycle. La défaite aux Pyrénées de l'armée de Dagobert et de ses douze généraux a pu être de quelque influence sur la Chanson de Roland et le cycle des Douze Pairs : elle n'In a exercé aucune sur la chanson d'Aliscans et la geste de Guillaume. — o. Il ne fauilrait pas non plus chercher dans nos poëmes (comme dans les Loherainx) le souvenir des invasions germaniques.

à la même heure, et presque au même instant. Cette tradition, ou plutôt cette imagination épique, ne man- -

§ 3. Influence des événements posTiipaEURS.

a. Dans la formation d'une légende épique, il faut presque toujours admettre un grand fait central ; puis, des événements antérieurs et postérieurs qui viennent, comme nous l'avons dit, s'attacher à ce centre et faire corps avec lui. C'est ce qui est notamment arrivé pour le cycle de Guillaume. — b. Toutefois ce qui, dans cette formation d'un cycle ou d'une épopée, a le plus d'influence réelle, ce n'est pas encore tel ou tel fait particulier, si important d'ailleurs qu'on le puisse supposer, comme par exemple la bataille de Poitiers. Non, non : c'est tout un groupe d'événements historiques, qui se sont plus d'une fois reproduits d'une façon plus ou moins constante et qui sont passés à l'état de lois histoiiques. Telles sont, avant et après GuiUainne de Gellone, les invasions des Sarrasins au midi de la France. Tels sont, après notre héros, les nouveaux progrès des Musulmans ; leurs descentes sur les eûtes de la Provence et leurs attaques contre l'Italie ; les attentats des Empereurs allemands iUa souveraineté temporelle des Papes; les progrès de la féodalité et les violences des hauts barons; la faiblesse des derniers Carlovingiens, qui furent protégés par les ducs de France et comtes de Paris. Telles sont enfin les croisades. Ce sont ces f.uts généraux et constants qui, suivant nous, ont donné naissance aux péripéties principales de nos Chansons, bien plus encore que tels ou tels faits particuliers, dont les érudits se sont trop subtilement préoccupés. Ainsi, « les invasions des Musulmans et la résistance des Chrétiens, » voilà surtout d'où est sortie l'action des vingt-quatre Chan- .sons de notre geste. Ainsi la dernière partie du Couronnement Looys, ou l'on voit Guillaume triompher de Gui d'Allemagne, est l'expression des efforts des Empereurs germaniques contre la Papauté temporelle, eflbrts qui ont duré tant de siècles. Ainsi la faiblesse des derniers Carlovingiens et l'insolence des grands vassaux a produit, dans tous nos poèmes, cette scène si fréquemment renouvelée (notamment dans le Couronnement Looys, le Charroi de JS'imes, les Enfances Vivien et Aliscans) ou l'on voit le pauvre roi de France humilié, insulté et tout-à-fait annihilé par la race de Guillaume. Nous pourrions multiplier ces exemples. En résumé, les péripéties LES plus constantes DE NOS ChaNSONS CORRESPONDENT AUX PÉRIPÉTIES

LES PLUS CONSTANTES DE l'iiistoire. C'est ce que MM. Dozy et Jonckbloet ne nous paraissent pas toujours avoir suflisammeut compris. — c. Toutefois à côté de l'influence de ces faits constants, il ne faut point méconnaître celle des événements particuliers, et nous allons ènumerer tous ceux qui ont laissé quelque trace dans nos vingt-quatre Chansons. — d. La I^e et la 3« partie du Couronnement Looys nous montrent le jeune Empereur s'asseyant sur le trône paternel au milieu de ses barons mécontents et bientôt relielles. Le poète met en lumière l'étendue et la gravité de cette conjuration qui fut à peu près universelle et presque triomphante. Faut-il voir, dans cette partie du Roman, une tradition sérieusement historique ? 8i nous en croyons E^^inhard, Thegan et Ermoldus Niger, le fils de Charlemagne fut acclamé par l'enthousiasme de ses sujets. « Aquisgrani venit summoque ONNiuM Francorum cousensu ac favore patri successit », dit Eginhard en ses Annales, ann. 814. « Hludovicus suscepit omnia régna, qute Deus tradidit patri suo SINE ulla contradictione », ajoute Thegan. « Unus amor cunctis ER.\T, omnibus una voluntas. — Cernere quo faciem régis ad usque queant », (lit encore Ermoldus Niger (II, vers 121, 122). Mais deux autres écrivains, l'Astronome limousin et Théodulfe, ne partagent point cet optimisme. Ils

Il r'AkT. i.ivR. Il, ( ii\i>. II.

II PART. LIVR. ir CHAI'. II.

que pas d'une certaine majesté qui nous étonne et ne nous laisse point insensible.

attestent très-clairement que l'avènement de Louis ne fut pas aussi pacifique. Il est certain que Tévêque d'Orléans, Tliéodulfe, s'empressa, à la moM de Charles, d'aller annoncer cette triste nouvelle à Louis, en Aquitaine. On craignait tout de Wala, et ce petit-fils de Charles Martel était un danger pour les héritiers directs du grand empereur. Cependant il n'osa rien faire et prêta serment comme les autres. « Hludowicus jjedem movit et cum quanto passa est angustia temporis populo, iter arripuit. Timeliatur enim quam maxime Wala, summi apud Carolum imperatorem habitus loci, ne forte aliquid sinistri contra Imperatorem moliretur » (.\stronome limousin. Pertz, II. p. 618). Et Tliéodulfe dit de son côté : « Muniant urbem hanc procei-es fidèles. — Hic duces sancti re^ducesque sunto, — Ut tui, Csesar, faveantque temet — Horum et obtentu superes duelles, — Poscimus omnes ». (Carmen de adventu Hludowici Augusti Aurelianos). Ce qui, d'ailleurs, confirme les témoigiaages précédents, c'est que toute la famille de A\'ala tomba peu de temps après dans une complète disgrâce. Adalhard, son frère, fut exilé à Noirmoutier, Bernard à Lérins, Wala lui-même à, Corbie. Gondrade, sa sœur, fut chassée de la cour, etc. II nous paraît donc démontré que la

PREMIÈRE ET LA TROISIÈME PARTIE du CoXtrOlinemeiit LooyS ONT UN FONDEMENT

HISTORIQUE et que l'auteur de ce poëme n'a commis d'offense contre la réalité qu'en faisant vivre en 814 notre saint Guillaume, mort réellement deux ans auparavant. C'est à M. Jonckbloet que revient l'honneur d'avoir le premier mis ce fait en lumière. — e. Il est certain que les Sarrasins firent eu Italie, durant le neuvième siècle, plusieurs invasions dont nous avons déjà parlé. Le roi d'Italie Louis II, dit le Jeune, leur opposa une courageuse résistance. Battu par eux à Gaëte en 841, il les battit en 848 ù Bénévent. De là peutêtre ces expéditions contre les Sarrasins d'Italie qui, dans ce même Conronnement, sont dirigées par Guillaume, représentant d'un autre Louis. — f. Le siège de Paris par les' Normands en 886 dut pi-oduire dans toute la France une impression considérable. Il est problable que le siège de Paris par Isoré dans le Moniage Guillaume est la constatation poétique de la popularité de ce grand fait. Le l'ùle de Guillaume dans la Chanson coïncide assez bien avec celui d'Eudes dans l'histoire. — g. Les descentes des Sarrasins sur les cotes méridionales de la France ont également continué au neuvième siècle. En 889, ils s'établirent non loin A\x golfe de Saint-Tropez, dans un château appelé Fraxinetum, et n'y restèrent guère moins d'un siècle. Ils n'en furent délogés que par Guillaume L""^ comte de Provence, qui leur livra une grande bataille aux environs de Draguignan, s'empara de Fraxinet et chassa pour toujours les païens de la Provence. C'était en 975. Un acte aussi important laissa pour longtemps son empreinte sur notre Epopée nationale. On lui doit EN p.vRTiE toutes les guerres légendaires contre les Sarrasins dont le théâtre est la Provence ou le midi de la France, et il est démontré, comme nous le verrons bientôt, que l'histoire de Guillaume de Provence s'est fondue avec celle de Guillaume d'Aquitaine. — h. La iaiblesse des derniers Carlovingiens a certainement suggéré à nos poètes l'idée de cette faiblesse qu'ils ont trop volontiers prêtée à Louis le Pieux dès le premier jour de son règne. — i. La protection accordée à Louis IV par Guillaume Tète d'Etoupe, duc d'Aquitaine, en 950, a pu, comme nous l'établirons ailleurs, donner à l'auteur du Couronnement Looy s et k plusieui's autres poètes la pensée. de représenter Guillaume de Gellone comme l'infatigable défenseur de Louis le Pieux. — J. Uttsicrpalion d'Hugues Capet a exercé une action tout aussi incontestable sur notre épopée et sur notre geste. Cette usurpation et la résistance que lui

Au moment où naquirent ces trois héros à moitié surnaturels qui devaient inonder de sang païen le sol

opposèrent Guillaume TaiUefer, duc d'Aquitaine, et Guillaume, comte de Toulouse, X ONT pas modifié les traits de notre Guillaume, mais expliquent cette place laissée dans nos Romans <Y la rébellion des grands vassaux et à la protection dont le roi de France lut entouré par l'un d'eux. Dans le beau début de la Mort d'Aimeri. il est question d'un Hue CiiAPETqui inquiète et persécute le pauvre empereur Louis(Bibl. nat. IV. 24370 (anc. La Vall. 23), f"? v» — k. Les longues contestations des rois de France au sujet de la ville de \ienne, et l'ancienne indépendance d'un royaume de Bourgogne dont Vienne a fait longtemps partie, ont pu influer sur la légende de Girart de Viane. Girard, qui porte plusieurs noms dans notre épopée, est partout représenté comme un rebelle, comme un adversaire du roi de France. — /. 11 est très-probable que Xarbonne fut plusieurs fois assiégée et prise par les Sarrasins, après l'invasion de 793 et la bataille de l'Orbieux. Cependant on ne trouve point trace de ces faits dans un seul auteur français : mais ils sont atlirmés par des annalistes arabes qu'ont mis en lumière Assemaui et Conde. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'un dernier assaut fut donné à cette ville en 1018 et 1019 par les Musulmans, qui, d'ailleurs, furent repoussés et taillés en pièces. (Voy. D. Vaissette, II, p. 1.5»g; Keinaud, p. 220). Ce seul fait suffirait encore à expliquera grand rùle joué par Narbonne dans toute notre geste et les nombreux sièges qu'on lui voit soutenir : (Aimeri de Narbonne, Enfances Giiillaume, Siège de Narbonne). — m. Le siège et la prise par les Normands en 1064 de la ville de Barbastre, que les Sarrasins reprirent en 1065, a produit le long poème intitulé le Sitffe de Barbastre, Toutefois c'est la seule donnée de ce poème qui ait un fondement historique, et tous les détails en sont fabuleux, — n. Aimeri II, vicomte de Narbonne, de 1105 à 1134, dirigea deux expéditions contre les Maures : l'une en 1114-1116 avec son frère utérin Raymond Beranger, marquis de Barcelone, contre les iles d'Yviça et Majorque ; l'autre en 1134, de concert avec le comte de Toulouse, pour aller au secours d'Alfonse P'', qui faisait le siège deFraga. (D. Vaissette, II, 368, 370, 373, 379, 394, 414; Junckbloet, II, 160 et suiv.). Il avait eu une Hermessent pour femme et l'avait perdue en 1112. 11 laissa une fille du nom d'Hermengart, qui fut vicomtesse de Narbonne en 1143 et protégea les troubadours. On avait supposé longtemps, avec Fauriel (II, 410), que, pour flatter Hermenjart et célébrer la gloire de son père et de son aïeul, morts tous deux en combattant les Infidèles, quelque troubadour inconnu avait donné leur nom à un premier conquérant de Narbonne, chef imaginaire de toute cette race. Mais force nous est aujourd'hui de renoncer à cette hypothèse, et il est maintenant bien prouvé que la légende d'Aimeri est antérieure à la vie et aux exploits d'Aimeri IL C'est ce que nous montrerons dans notre Notice à' Aimeri de Narbonne. (Voy. la thèse de Demaison à l'Ecole des Chartes en 1877, et l'article de G. Paris dans la Rotnania, IX, pp. 40-43). — o. La guerre des Albigeois n'a pas été sans laisser de trace dans notre Épopée. Dans un de nos poèmes les plus récents, dans Garin de Mont glane, les Aabigois sont assimilés anx Sarrasins. = Et tels sont, croyons-nous, tous les faits postérieurs à saint Guillaume qui ont eu quelque influence sur son cycle.

§ 4. Fusion de plusieurs Guillaume en un seul.

a. Un Roman du treizième siècle, Doon de Mayence, nous ofl're les vers suivants : « Segnurs, vous savés bien et je en sui tous fis — Que plusors Kal-

II PART. I.IVIt. H.

Page 1