‹ Les eopeés françaisesChapitre 28 sur 180 · I "^^ 1 1 .1 1 <-H\V. III · texte numérisé non relu

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Siècle, on éprouva le besoin de donner a la geste de

via : c'est lo tV. 14G0 de la Bibl. Nat. (anc. 7542). Il est de la fin du quinzième siècle, comme l'attestent son écriture, et surtout le style et les costumes de ses nombreuses et grossières miniatures. Outre les Enfances, ce manuscrit contient, en outre, un rîfucimento de Garin de Montglo.ne qui ne correspond pas exactement au Garin du manuscrit de la Bibl. Nat. (r. 24403, anc. 7S La Vallière (f"^ 94 vo-259 v"). Les deux Romans, d'ailleurs, sont très-intimement soudés, et ne font qu'un seul et même poëme. — 5" et G". Versio.v EN PROSE ET DIFFUSION' A l'étraxger. Lcs Eafances Garin n'ont eu aucune popularité, ni en France, ni à rétranger. C'est une œuvre tout-à-fait fantaisiste, tout-à-fait isolée. Tandis que Garin de Montcjlane a joui d'une vogue assez étendue et assez durable, le très-pauvre Roman qui lui sert d'Introduction semble n'avoir été connu de personne, et ron n'en trouve nulle part aucune trace. — "i" Travaux dont ce poëme a été l'objet. M. Paulin Paris est le seul qui se soit occupé des Enfances Garin dans une des Notices du tome XXII de VHistoire littéraire (p. 438-440). Son analyse est exacte, mais trop brève; elle ne donne pas une idée suffisante des péripéties comjjliquées de cette œuvre de la décadence. L. Clarus ra imitée dans son Herzog Wilhehn von Aqidtanien (p. 198). =8" Valeup.. littéraire. On peut dire que les Enfances sont un de nos poëmes les plus médiocres. Nulle originalité, nul style ; Girard d'Amiens semble un aigle auprès de ce remanieur de vingtième ordre. Ce n'est qu'une collection de lieux communs épiques (tournois, amours, guerres contre les Sarrasins, etc., etc.) que l'auteur a jugé bon d'enchâsser dans la plus servile et la plus plate imitation de Berte ans grans pies. Il a voulu donner à la geste de Garin le même début qu'à celle du Roi : entreprise inutile, bizarre, et qui méritait de ne conquérir aucun succès. Joignez à cela que le cojiiste de ce triste poëme Ta effroyablement défiguré, et qu'un grand nombre de vers n'y sont point sur leurs pieds. Un exemple est peutêtre nécessaire pour justifier tant de sévérité, et nous voulons donner ici le seul passage des Enfances qui nous ait paru tUgne d'être cité. On jugera par

là du mérite des autres Garin vient d'entrer dans le palais de son père

Savari où s'est installé le traître Driamadan, et il s'apprête à faire justice de ce misérable : « Aussy tost que Garin coramencha sa raison, — Moût bien Tout escoutté entor et environ, — Car le damoisel avoit bonne raison — « Oz tu, Driamadan », che dist lui dausillon, — « Et vous communaulment, « chevaliers et baron, — Bourgoiz, bourgoises et gens de religion : — Je « suiz filz vo seigneur qui Savariz ot nom, — Filz la duchoise Floure qui par « grant mesprison — Fu de cliy encachie en e.straigne royon. — Or suiz ycy « venus voir ma région — Que Driamadan tient qui n'y a ung bouton, — « Et pour ce en ara tantost son gueredon ». — Son mantel detlubla, ne tint qu'à ung bouton. — 11 a hauchié le brant que trence de randon. — Veuille (sic) Driamadan, se tourne sa fachon, — Bien s'en cuide aller et mettre à garison. — Mais Garins lui donna ung si grant horion, — Au hatrel derrière fery si le glouton, — Que tout lui destrencha jusques au gargechon. — Tout froit mort'rabbat par delez ung peron. — Puis, sailly sur le siège et se cry à hault ton : — « Bonnes gens, gardez-moi que n'aye se bien non. — Car fieulz « suiz vo seigneur et Garin m'appell'on », etc., etc.

II. ÉLÉMENTS HISTORIQUES DES ENFAN'CES GARIN. Les Enfances Garin sont absolument fabuleuses, et n'ont rien de traditionnel ni de légendaire. De cette copie effacée de Berte av.s grans pies, on peut répéter ce que nous avons dit ailleurs de Berte elle-même : « Comme un certain nombre

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