‹ Les eopeés françaisesChapitre 31 sur 180 · ANALYSE DES /TAT.I.YCES GÀRIN · texte numérisé non relu

ANALYSE DES /TAT.I.YCES GÀRIN

core au fond de sa prison, et cette mort simulée n'avait pour objet que de détourner l'attention de ses fds en les empêchant de songer à la délivrance de leur père ^ Mais le perfide avait compté sans l'amour de sa fdle pour Garin : « ^'otre père n'est pas mort », dit-elle un jour à Gérin et à Anthiaume, « et je vous mènerai près « de lui. Puis, nous prendrons la fuite avec le prison- « nier... et avec mon ami Garin ». Ce beau plan est exécuté. Les deux fds aînés de Savari tombent bientôt aux bras de leiu' père ; Yvoire rassemble ses joyaux qu'elle emporte; ils s'enfuient à la dérobée. Ils sortent de Pavie; les voilà hors de danger, les voilà loin du roi Thierry M

Or, tandis que se succédaient ces péripéties de notre histoire, de graves événements se passaient dans la cité d'Aquitaine. Désespérant de revoir Savari, Yderne avait pris le parti de se remarier, et avait épousé un puissant seigneur, Driamadant de Tarente. Ce traître avait installé son usurpation dans le palais des ducs d'Aquitaine et jouissait en paix des fruits de son brigandage. Mais il fallait à tout prix qu'une telle iniquité ne fût point plus longtemps couronnée de succès; il fallait qu'Yderne et Driamadant fussent châtiés. Il est temps enfin, pour le poète, de nous faire assister au triomphe de l'innocence ^

Et déjà les vengeurs s'approchent \

1. Enfances Garin de Montglane, Bibl. nat. fr. 1460, f°s 65 r° et 66 v°. Lorsque le roi Thierry apprend aux trois enfants la prétendue mort de leur père, il se sert de ces paroles qui, comme nous l'avons dit, doivent se rapporter ;\ l'époque où la Danse macabre devint à la mode : « Mais la Mort, qui tant jyt'ent evesqnes et abbés, — Les grans et les j)etis, mdc n'en est déportés, — Prist le Duc vostre père... ». — 2. Ibid., i° 67. A peine sortis de Pavie, les enfants se dirigent vers Reggio. Le poëte décrit ici la colère du roi Thierry lorsqu'il s'aperçut de cette fuite, etc., etc. — 3. Ibid., f" 72. Notre auteur, qui ne paraît pas favorable à la Papauté, ne craint pas de raconter comment le Pape consentit au mariage illicite de Driamadant avec Yderne. — 4. Ibid., fo 72 v".

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II PART. LIVR. H

CHAP. III

« Savari ost délivré et ses enfants s'apprêtent à re- Dénouement

, . i, . ... .,, , . du Drame.

« conqiieiMr 1 Aquitanie »: voila ce au un messao^er vient ^'ort

. 1 o (le Driamadant,

un pur apprendre a Driamadant. Le misérable prend ■etour de Savari,

"* '^ * I reliabihtation

les devants, et, sachant que le Duc et ses fils sont en- ciuehesL'Fio.e. core en Sicile, il marche à leur rencontre, les épie, leur doTt'"; tdotSe tend une embuscade et se rend maître de leurs person- ^\ 'quïte'""'

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voire et bermaine parta^-ent le malheur et la et va chercher

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captivité de leur tamille. Il semble que tout soit fini , à la cour

■•■ deCharleniaa-ne.

pour la cause du bon droit ; il semble que l'usurpation triomphe pour toujours '.

Non, Garin, le seul Garin n'a pas été fait prisonnier et se charge de toute la vengeance. La tâche est rude, et cependant Driamadant ne saurait s'empêcher de trembler. C'est en vain, d'ailleurs, qu'il multiplie ses ruses et ses iniquités ; c'est en vain qu'il enferme Savari, Anthiaume et Gérin dans la forteresse de Rochefort, dans la plus cruelle de toutes les prisons ' ; c'est en vain qu'il promet la main de la belle Yvoire à un chevalier qui se propose de lui livrer Garin l Malgré tout, Garin saura venger la justice outragée. Le chevalier qui aspire à l'amour d' Yvoire (il s'appelle Archillus), ne craint pas de descendre jusqu'à l'assassinat pour en finir avec notre héros; il forme le dessein de l'égorger durant la nuit. Mais ce projet échoue, grâce à l'honnêteté et au dévouement de l'hôtelier de Garin '. Archillus tombe aux genoux de celui dont il pensait déjà tenir la vie entre ses mains : « Grâce, grâce! » dit-il. — « Retournez « vers Driamadant et annoncez-lui que je vais de ce pas

1. Enfances Garin de Montgîane, Bibl. nat. fr. 1460, fo73. — 2. Ibid., fo 76. 3. Ibid., fo 75. — 4. Ibid., fo 77, fo 80.

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