ANALYSE DES OF.l.Vf AS G.I///.V
•Atr. Livn. ir. « luï reprcndrc ma terre et brûler Yderiie ». On n'est
— pas plus fier '.
Le dénouement se prépare.
Quelques jours après, Garin faisait son entrée dans la belle cité d'Aquitaine et. tout aussitôt, allait droit au palais de Driamadant. Le traître y était occupé à rendre la justice, à expédier les causes : u Je vous demande <( justice ». sï'crie le fils de Flore. — « Contre qui? » — <( Contre un traître ». Et sans plus tarder : « 11 y a a quelques jours encore, je ne savais pas quel était mon (( père. La Duchesse, ma mère, vient de tout me dire. « Je suis le fils de Savari ». Alors, il ouvre son manteau, et, de son épée nue, eu un instant, perce la poitrine de Driamadant qui tombe roide mort au pied de son trône. Puis, se tournant vers les témoins de cette exécution sanglante : « L'entendez-vous, bonnes gens? « Je suis le fils de votre seigneur. Aidez-moi ». Quelques chevaliers se jettent sur hii : il les tue sur place '. Archillus alors,. qui veut l'aire oul)lier sa méchante action : « C'est noti'C vrai seigneur », dit-il. — « Oui, oui » ! répondent les bourgeois qui pénètrent en foule dans le palais ^ On s'empare d'Yderne, on met la main sur Ostrisse, on délivre Yvoire : « Ma mère est votre sœur », dit alors Garin à la jeune fille qui préférait voir en lui un fiancé i)lutot ({u"un neveu. « Quant à vous », s'écriet-il d'une voix indignée en regardant Yderne etOstrisse, « vous allez mourir ». Elles se traînent à ses pieds, et Ostrisse fait publiquement l'aveu de tous ses sacrilèges. Cet aveu innocente le pauvre Savari, et le réhabilite enfin aux yeux de son peuple \
«■ A Rochefort. à Rochefort » ! s'écrie alors l'infatigable Garin. C'est là que sont encore emprisonnés Savari,
1. Enfances Garin de Montgîane. Bibl. nat. fr. 1460, f" S4. — 2. Ibid., f« .«5 v«. - 3. Ibid., f" S<S V". — 4. 7/);^., fo 88 v".
AWLVSK DES EM-ÀSCI-^ GlRiy. 1-Jô
Gériii et Aiilhi;iiiiiiL\ On court à Rochefort : u Ouvrez, n iart. i.ivn. t..
" ouvrez vite » ! Le chiitebuu, que la mort de Driaiiia-
diuit épouvante, perd la trie et abaisse son pont-levis. Garin se hâte, et arrive enfin devant le duc d'A(|uitaine : « Vous êtes mon père », lui dit-il en pleurant. « Et (( vous, vous êtes mes frères », ajoute-t-il en se jetant dans les bras d'Anthiaume et de Gérin. Ce sont des sanglots, des pleurs, des baisers délicieux '. Il y tant mettre fm pour revenir à Aquitaine : ce retour ressemble à un triomphe antique. On annonce alors l'arrivée de la pauvre Flore, de cette autre Berte, de cette autre Geneviève dont les infortunes ont duré si longtemps. On sort de la ville, on va solennellement au-devant de celle dont l'innocence a été si tardivement reconnue. Et la voilà qui rentre, elle aussi, dans son propre palais, entre son mari dont tous les crimes involontaires seront désormais oubliés, et ses enfants qu'elle n'a pas encore eu la joie de voir tous les trois ensemble à ses côtés. Le Duc se met à genoux : elle lui pardonne. Lui-même fait grâce à Yderne. Quant à Ostrisse, elle est brûlée vive, meurt en possédée, et rend son àme à Burgibus et à Néron. Savari ne tarde pas à mourii-, et notre poète impose une mort prématurée à cette pauvre Yvoire qui n'a pu épouser son neveu ■....
La paix régnait enfui en Aquitaine, et Garin commença de s'ennuyer. « Si j'allais à la cour du roi de « France »? se dit-il un jour ■\
Il y alla, et nous l'y retrouverons tout à l'heure.
1. Enfances Garin deMontglane. Bibl. Nat. fr. 1460, fo 90. Flore a, en effet, appris depuis longtemps à son fils le secret de sa naissance (f" 79 r»).— 2. Ibid., fo 93. — 3. Ibid., f''94 v». Le reste du manuscrit UGO est consacré aux événements qui avaient été chantés, deux siècles auparavant, par l'auteur anonyme du Garin de Montyîane et dont nous allons donner à nos lecteurs une analj-se détaillée dans le chapitre suivant. C'est L\ que nous signalerons aussi les variantes très-importantes des deux rédactions.
II r\RT. LIVR. II.
( IIAP. IV.
12C ANALYSE UE GÀllhy DE MOMGLA.\L.