MAI'. IV
134 ANALYSE DE 6M«/.Y /)£• .V0ATG/-1. Y/;.
1 un. iivii. H. Guillaume d'Orange , nous sommes condamnés à la lecture de Gari/i de Moiitglane , ce méchant Ro-
211). — Gariii est toujours pi-isoiiiiier, mais Perdigoii, reiiclianteur Perdigon, n'est-il pas là poui- veiller sur le sort de son ami? Il change son visage, y et se présente devant le duc Gaufrey sous les traits d'un ambassadeur de Cliarlemagne : «Vous avez bieu raison», lui dit-il, «de faire bonne guerre à « Garin : Charles le déteste autant que vous. Ce Garin a été jadis un voleur « de grand chemin que l'Empereur a banni ». Puis Perdigon ajoute, eu montrant au Duc un monceau d'or : « Voici ce que vous envoie le roi de « France pour vous aider à soutenir cette guerre contre Garin, notre ennemi « commun ». Gaufrey est plein de joie, il accepte le présent, même il va jusqu'à remettre l'ami de Mabillette entre les mains de Perdigon, qu'il ne reconnaît pas. C'est ce que désirait l'enchanteur, qui délivre Garin. Quant à l'or du prétendu messager de Garin, ce n'étaient en réalité que de vils cailloux; et l'on peut juger de la fureur de Gaufrev en s'aperce vant de son erreur (fo* 213-217). Vite, on se lance à la poursuite des fugitifs; mais le magicien fait jaillir de terre une grande rivière qui barre le chemin à ses persécuteurs. Reste à tirer Mabille du danger, et c'est Robastre qui se charge de cette entreprise (fo* 217-218). — Le lutin Malabron intervient une seconde fois, et prête encore à son fils la « Cape invisible »; le géant s'en empare et arrive près de la pucelle au moment où elle allait être brûlée. Le traître Manion redoute ce nouvel adversaire et veut s'en défaire par un crime : cent hommes envahissent l'hùtellerie où dort Robastre, et s'ap])rètent à le tuer. Mais il les entend, et se rend invisible ; puis il prend plaisir à les assommer, sans qu'ils i)uissent savoir d'où pleuvent ces coups mortels. Le champion de Mabille lutte ensuite contre quatorze ennemis à la fois et les tue. Il tue encore le comte de Monserant, et engage avec ses gens une inégale et formidable bataille. Quant à la fiancée de Garin, elle revêt la Cape merveilleuse et s'échappe (f"* 218-229). — L'heureuse Mabille fait alors la rencontre de Perdigon, et l'enchanteur rend à la liberté son malheureux ami" Robastre par un nouveau sortilège. Toute la ville de Limoges apparaît en flammes : tandis que les bons habitants sont occupés de cet incendie imaginaire, le géant et le magicien s'enfuient, et rejoignent la pucelle (f"^ 229-234). — Tant de succès exaspèrent Gaufrey et ses partisans : il faut en venir à une bataille décisive, et elle a lieu sous les murs de Montglane, dont Garin fait ensuite le siège et qu'il emporte d'assaut (f^s 234-243). — L'auteur du rifacimento se remet alors à suivre de plus j)rès notre ancien Roman, et là se place le récit d'une captivité du pauvre Garin, récit qui, du l'este, est assez mal amené dans le poëme du quinzième siècle. Notre héros, en véritable Samson, ébranle Vcstaqne de sa prison et abat le soliev qui était audessus. Il est d'ailleurs délivré par Florinde, fille du roi Sorbarré, qui s'est prise d'amour pour Bernard, l'ami de Garin (t"^ 243-253). — Les dernières pages de ce faible Roman sont consacrées à de nouvelles descriptions de batailles. Le duc Gaufrey et Gaumadi'as sont mis à mort ; Montglane et Montgravier demeurent au pouvoir de Garin et de Robastre, dont il faut renoncer à vanter les exploits. Un bataillon de févres fait preuve, à travers la mêlée, d'un beau courage roturier qui est un puissant auxihaire pour la cause de notre héros. Bref, Garin triomiihe et va, jusqu'à Vauclere, demander à Charlemague la main de Mabillette. Quant à Perdigon, il se fait ermite et essaye de réparer par ses macérations tant de^connivences avec l'enfer. Robastre, qui a épousé Plaisanca, la perd au bout de quelque temps, et entre lui-même dans un ermitage d'où le fera bientôt sortir l'auteur d'Heriimit de Beaulande (f"-' 254-259). Ainsi se termine le poëme du quinzième siècle.
ANALYSE DE G.^/.'/.V DE J/OA /Yy/.I.VZi. 135
man d'aventures. Prenons coura^'e et hàtons-n(nis de ■■ > aut. inu. n.
y diAi'. IV.
le traverser pour arriver })lus vite aux l>eautés soli-
5° Nous avons plus d'une fois appelé rattenfion de nos lecteurs sur le manuscrit* 3351 de TArsenal, anc. B. L. F. 226. Sous le titre faux de Garin de Montglune, il renferme les jjreniières versions à'Hernaut de lieavlande, de Renier de Gennes, de Givurt de Tiane, du Voyage, de Galien, (.VAimeri de Narbonne et de la Heine Sibille. Les jiremières pages sont consacrées à une sorte de résumé de notre Gurtia, où 1 on voit aisément comment s'était déjà décomposée la légende première : « Garin estoit de liault lignage et peu avoit de terre ; si n'en volut rien tenir. Mais de si liault voloir estoit qui laissa deux frères qu'il avoit, pour aller là où avanture le poroit conduire. 11 oy parler de Charlemaine qui gaire n'avoit qu'il estoit couronnez roy en France, dont il avoit esté fugitif et chassie par deux bastars que son père Pépin avoit engendrez en une moult belle damoiselle qui lui fu baillie, par mauvais malice, la nuit de ses nopces, et couchée notablement en son lit, au lieu de Berthe au grant pié, fille d'un roy de Hongrie. Laquelle Berlhe porta puis Charlemaine, et sa sœur Gille qui i)uis fut femme du conte Guennelon et paravant fut femme du duc Milon d'Aiglent. Ce^ deux enfans bastars gouvernèrent le royaulme longuement et avoient aucuns grans seigneurs qui les soustenoient et avoient tant aidié qu'il convint Charlemaine, après la mort Pépin son père, soy abseiitir. ^ puis, revint par grâce de Dieu qui garder l'avoit volu et voloit pour justicier et seigneurier plusieurs terres et royaumes qu'il conquist. Si ne parle à jjresent Tistoire des laits qu'il fist, lui estant ^ hors de son pays, et en pourra l)ien par avanture parler ailleurs selon la disposiciou de la matière. Et parlera de Guerin deilontglenne qui vint ung jour à Paris, auquel lieu estoit Charlemaine qui moult joyeux estoit, et touz jours fut depuis, quant il veoit. venir gens à sa court. Moult fut recheu Garin hautement, et en grant honneur se démena avecq Charlemaine qui encore estoit en grant jonesse. Et, pour abregier, volu une fois jouer aux esches contre le duc Garin qui assez en savoit. Si s'eschaufiTerent tellement petit à petit que Charlemaine gaga pour la jilus grant part de son royaume qu'il gagneroit ung jeu ou que d'icellui le rendroit mat. Ce qu'il ne peut mie faire. Pour quoy Charlemaine, veant sa faulte, soubzmist sa terre au vouloir du duc Garin qui rien n'en volut avoir, ainsi comme en tesmongne l'istoire. Ainchois pour payement requist au noble Empereur, presens ses barons, qu'il lui donnast Monglenue que Sarrasins possidoient adont. Et qui demanderoit qui mouvoit Garin à lui requérir Monglenne, l'istoire respond et dit que ce faissoit amour seulement et le bon voloir qu'il avoit. Car l'Empereur lui departoit toute Picardie quitement, et plus lui eust donné du sien s'il eust volu. Le duc Garin, sachant par oui dire que le sire de Monglenne avoit une fille belle, plaisant et sur toutes pucelles aimable, ne volu aultre don que icellui qui n'estoit mie ou commandement de Charlemaine. Sy lui octroya l'Empereur, avecq son effort de gens et ayde d'or, d'argent et de puissance, ainssi que Garin le vouldroit requérir. Alors party le noble combattant de Paris. Et puis, fist tant à l'ayde de Dieu et d'un jayant nommé Robastre qu'il conquist Monglenne et Mabillette la damoiselle, dont issirent les quatre dainoisiaux devant nommez. Et maintint la terre contre Sarrasins et tous aultres jusques à ung temps que l'istoire devisera. » (Arsenal, ms. 3351; anc. B. L. F. 22Q, f» 2 v».)
6° et 7» Dans la vaste compilation du manuscrit fr. 1497 de la Bibliothèque Nationale (quinzième siècle), les aventures de Garin ne sont même pas résumées; mais il y est fait allusion à ses amours avec Mabillette. « Le noble prince Garin conquist Montglenne et la dame Mabillette qui tant fut bêle et
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I, PART.i.ivR II. des et élevées du Couronnement Looys et à' AUscans . . .
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