‹ Les eopeés françaisesChapitre 38 sur 180 · Prologue Gai'iii venait de perdre son père, le duc dWquitaine · texte numérisé non relu

Prologue Gai'iii venait de perdre son père, le duc dWquitaine

du Drame :

Garin part

''du château*^ plaisant que nulle plus. Et vivoit en son jeune aaige celui Garin du temps

de Montaiane, Pepin, li père Charleniaine, et de Doon le signeur de Mayence qui eust

Charte ml "Il >' '^^^' ^'^' * ^^^- ('" ^ ^°)- "~ ^^"^^^^ Aubei't, auteur des Coiu/ucstes de Char-

lui a fou'don. lemaine, donne une place considérable r« Guerin de Monglenne » dans

son résumé de Girart de liane. Comme dans la version du manuscrit de

l'Arsenal, on voit Guérin accourir avec Robastre au secours de son fils Girart

assiégé par l'Empereur. « Comment Guerin de Montglenne, Mille de Puille

et Robastre le jaiand vindrent au secours de monseigneur Guerard, de Her-

nault et de Régnier de Gennes en la grant cité de \ienne que Charlemaine

avait assiégée, et de leurs adventures (1" 373).

8" Dans les <7»(î>'«/i de Mon tg lare incunables, qui contiennent //crxaH^, Renier, Girart, le Voyage, Galien et la Chronique de Turjnn, la légende se modifie et se décompose encore plus déplorablement. On en jugera par le début suivant que nous empruntons à l'édilion de Nicolas Chrestien : « A l'issue de l's ver que le joly temps d'esté commence et qu'on voit les arbres florir et leurs fleurs esj)anir, les oysillons chanter en toute joye et doulceur, tant que leurs tons et doulz chant/, retentiss^t es verz bocages, si mélodieusement que toute joye et lyesse est de les escouter et ouyr, tant que cueurs tristes, iiensils et dolens s'en esjouyssent et esmeuvent à délaisser dueil et et tristesse, et se parlorcent de valoir meulx; en celuy temps estoit à Montglave le duc Guenn qui tant lust en son temps preus et vaillant, et avec luy estoit Mabillette sa femme qui estoit plaisante et belle. Si advint qu'à un hault jour et solemnel, furent servis de quatre beaulz filz qui estoient yssus d'eulx deux, beaulx à merveilles, dont l'un eut nom Arnault, le second Millon, le tiers Régnier, et le quart Girart, le plus beau. Si les print à regarder le duc Guerin, leur père, par moult grant fierté, et la dame dist à son seigneur : « Sire, nous devons bien louer Dieu de quoy il luy a pieu nous donner ses «. beaulx dons ». — « Dame », dist Guerin, « par Dieu, quant je les voy, il^me « font tel despit, que jevouldroye bien estre mort; carje voy bien que de ma « vie je n'y aurai honneur, car ilz ne sont bons fors à boire du meilleur et «. frianderet eulx donner du bon temps. » Quand Mabillette ouyt ainsi parler le duc Guerin son seigneur, elle n'osa sonner mot, mais tint le chef bas en pensant aux parolles que .son seigneur avoit dittes. Adonc le Duc appela ses enfants et leur dist : « Venez avant, meschans cocquins. Que pensez- « vous avoir quand je mourray ? Vous sçavez bien que les Sarrazins m'ont « exillé de ma terre, et de si peu que j'en ay n'y a pas pour suffire à un de « vous. Et vous estes cy quatre grands paillars qui n'entrastes oncques en « guerre n'en estour. Il me souvient bien que quand j'estoys jeune, je laissay « mon père et tous mes amys, et m'en allay veoir le roy Charlemagne, et «. jouay à luy aux eschetz et gaignay tout son royaulme, jusques À Sainct « Quentin. Mais je luy redonnay pour ce qu'il me donna Montglave que te- « noit un Sarrazin. Et je vins au pays monté sur un roussin bien pauvre- « ment. Et, par la vertu de Dieu, conquestay la cité et la tour de Montgra- <,< vier et fus sire du pays, et tant fis qu'il n'y eust voisin qui me osast « mefl'aire en aucune matière. Et vous estes cy engressez comme poussins « muez, et ne bougez de la cuysine à boire et à manger du meilleur. Et puis, « quand je seray mort, vous combatrez pour la valeur d'une maille. Et par «. la foy que je dois à saint Martin, se vous estiez de bon sang, vous ne se- « riez icv heure ne jour, qui vous donneroit la meilleure cité de France.

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