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Un ange lui apparut en songe, et lui dit : « Abandonne " part. livu. h.
« ton duehé à tes deux frères, et, sans plus tarder,
« rends-toi ii la eour de Charles. L'Empereur voudra
« te donner vingt tîefs, vingt cités; n'accepte rien, si
« ce n'est le château de Montglane. N'accepte rien, et
« compte sur Dieu. » Garin obéit : » Tenez, » dit-il à
« Si vous doit oti coaiparer à la faulce vigne qui point n'e.st labourée et « ne porte point de raisins. » (Ed. de Nie. Clxrestien, s. d.) Au-dessous de cette pros'e, il n'y a véritablement que celle de la Bibliothèque des Bo~ mans.
9° Si Ton veut voir « comment une légende finit », il faut lire la traduction que M. de Tres.san a donnée de Garin de Montcjluae (octobre 1778, t. II. p. 3 et suiv.). Vl\e est presque égale à cette Chaasoa de Rolciiul restituée par le même èricdit, que nous avons citée dans notre j)reniier volume (p. 584 et suiv., 1™ éd.). On prendra peut-L^tre quelque plaisir à rapprocher ce te.Kte emphatiquement ridicule des deux leçons en vers et des deux traductions en prose que Ton vient de lire : « Le brave Guérin, fils de Florimond, duc d'Aquitaine, jouissoit paisiblement de la gloire qu'il avoit acquise dans la noble ville de Montglane. Cette superbe cite, reconnue de nos jours pour être la métropole des (iaules, et qui semble dominer sur le Rhône et la Saûue, ne portoit pas encore le nom de Lyon. Elle avoit été long-temps soumise au joug des .Sarrasins, et c'etoit à la valeur de Guérin qu'elle devoit sa liberté. Il avoit vaincu Gazier, sultan de la Gaule Xarbonnoise, et l'avoit fait son prisonnier, ainsi que toute sa lamille, lorsque la beauté de la princesse Mabillette, fille du sultan, obligea le vainqueur lui-même à porter des chaînes. Il soupira, désira, demanda la main de la princesse et fut favorament écouté. Mabillette et le sultan, son père, consentirent à se faire clirétienner... c< Enfans [dit un jour Guérin à ses quatre fils], je ne veux pas que « vous ignoriez comment j'ai acquis cette souveraineté... Or me souviens-je « qu'étant de votre âge, je laissai père et mère, amis, jeux et bombance : je « me rendis à la cour de Charlemagne qui m'accueillit comme un haut baron « que j'étois. Il étoit jeune aussi et aimoit à gaber. «Guérin, me dit-il un « jour..., je parie que vous ne voudriez pas jouer contre moi vos espérances « sur cet échiquier, à moins que je ne misse gros au jeu ». — « Si fait, répon- « dis-je, les jouerai-je, ))Ourvu que vous gagiez contre moi seulement votre « royaume de France ». — « Eh bien ! voyons, dit Charles, qui se croyoit fort « aux échecs. » Nous jouons, je lui gagne son royaume; il se met à rire : « moi, je lui jure jyar saint Martin et par bien d'autres saints de mon pays « d'Aquitaine, qu'il faut qu'il me paye par quelque accommodement. « J'y « consens, mon ami, me dit enfin le Roi : tu connois mes prétentions sur la « belle Ville et le fort Château de Montglave, dont les Sarrasins se sont em- « parés. Eh bien ! je te les abandonne, et te prêterai six mille lances pour « en faire la conquête. » Content île cet arrangement, j'attendis l'efl'et de la promesse; mais il lui fut impossible de la tenir... Je pris le parti de ne devoir qu'à moi seul la conquête qui m'étoit promise : vous voyez quels ont été mes succès. Et vous autres, quatre grands gaillards comme vous êtes, ne rougissez-voùs point de perdi-e temps et jeunesse à banqueter comme poussins mangeant grain sous une mue? » Après M. de Tressan, on ne peut plus rien citer
Il PART.