‹ Les eopeés françaisesChapitre 43 sur 180 · Garia de Montglaae, Bibl. Xnt. iV. 2\\m, f- 95 v · texte numérisé non relu

Garia de Montglaae, Bibl. Xnt. iV. 2\\m, f- 95 v

ANALYSE DE GÀI{I^ DE MOISTGUM-. 1C5

entendre, le pilier tléehit, le planeher de Tétage suix'rieur s'affaisse, il sï'eroule sur les gardiens de notre prisonnier et les éerase. C'est ainsi que Samson s"étai[ vengé des Philistins, mais Samson y avait perdu la vie, tandis que Garin y sauve la sienne. Le voilà libre ' 1

Il traverse leprmt faitis et se trouve devant les grands murs du chàtôau. Comment sortir de cette enceinte si bien fermée. Tout à coup il entend un cri étrange et, sur le seuil d'un souterrain aux portes de fer, il lit ces mots : « Ici se trouve un chevaJ merveilleux, né dun sagittaire et d' une jument sauvage. Il ne sera dompté que par le meilleur chevalier de la terre ». Garin, sans fausse modestie, ouvre le souterrain, entre, présente le frein à la bête et saute sur la croupe de cet autre Encéphale ". 11 sort ensuite de ce caveau mystérieux, mais le temps est obscur et il ne sait de quel côté se diriger. Il tâtonne avec sa lance, aperçoit une fenêtre éclairée, regarde au travers et voit Flandrine qui lui fait bon accueil : « Em- « menez-moi avec vous », lui dit-elle avec cette naïvetc» brutale des jeunes filles de nos Romaus. « J'aime votre « ami Bérard : vous me marierez avec lui ». Garin l'emmène ^

Ils partent, avec quelle joie, avec quelle rapidité ! Mais soudain, et quand ils s^> croient à l'abri de toute, atteinte, une muraille de fer, une muraille vivante se dresse devant eux. Flandrine pleure, et Garin lui-même n'est pas loin de trembler. Ils se disent adieu... Mais non, ils se trompaient. Cette troupe, qu'ils viennent de rencontrer, ce n'est pas l'armée de Gaufroi : c'est celle de Perdigou et de Bernard. Voici même l'enseigne de Girouart et de ses fèvres : les braves forgerons sont là, et Robastre s'y trouve avec sa cognée '\ Cependant une

1. Garin de Montglane, Bibl. Nat. fr. 24403. f« 96 v». — 2. Ihid., (" 101.— 3. Ibid.. fo 103. 4. Ibid., f» 103 yo.

Il r\KT. I.IVR. I!

CHAT. IV

PART. MVR. II.

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grande bataille, une bataille décisive, est imminente ; il faut en finir avec le duc de Montgiane.

Nos lecteurs ont pu trouver que jusqu'ici Perdigon a été quelque peu avare de ses enchantements et de sa puissance surnaturelle. Il a laissé Garin traverser bien des épreuves que la nujromam-'ie eût pu lui épargner. Mais, en cette heure solennelle, il se dédde à agir. On lui apporte un faisceau de lances, et il les change en un immense beffroi plein de sergents et d'hommes d'armes. On pousse cette machine contre les murs du château de Mongravier dont il faut s'emparer avant tout ; sur les assiégés tombent les blocs de rocher avec le feu grégeois. Ils s'enfuient, ils se pressent aux portes ; mais c'est là que Robastre les attend et les massacre. Quelques heures après, les Français entrent dans Mongravier, vainqueurs, et Garin donne ce beau donjon à son ami Bérard. « Vous épouserez Flaudrine », lui dit-il. « Et maintenant allons à Montgiane ' ».

Gaumadras était absent de son château de Mongravier pendant que les Français en faisaient le siège. Il y revient, sans se douter du malheur qui l'attend, plein de confiance et de sécurité : « Votre terre est aux mains « de Garin », lui dit un messager. Gaumadras laisse alors éclater sa rage et se montre vraiment possédé du démon. Ge misérable, ce débauché, ce traître jette des cris de fureur, monte sur un vaisseau avec toute sagent et essaie de briser contre un roc cette nef qui contient sa fortune. Il ne croit pas en Dieu, ce maudit. Le seul mot Dieu prononcé devant lui l'exaspère et le rend fou. Il fait le signe de la croix à l'envers; puis, irrésistiblement entraîné vers le suicide, il parvient ensuite à pousser son vaisseau sur le rivage où il s'entr'ouvre : « 0

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