‹ Les eopeés françaisesChapitre 50 sur 180 · ANALYSE DE GIR.IRT DE IV-IAT · texte numérisé non relu

ANALYSE DE GIR.IRT DE IV-IAT

ii'(.iit })liis que deux pains, hélas! et sont vêtus de je " 'V^T; ,!;';:"• "• ne sais quels jiailluns. Alors on vit sur les y(Mix du

dist : « Faictes moy finance d'im gros baston, et je croy que, se je puis afaiu- « dre Charleraaigne, que je liiy abastray son quaquet ». [Guerin de Montglave, éd. de Nicolas Chrestien, s. d. Elle est consers-ée à la Bibliothèque de l'Arsenal, sous le n" 13068 B. I..)

ô^^a dernière forme donnée à nos Chansons est presque toujours celle que lui a imposée la Bibliothèque des Romans. Nous ne sommes pas de ceux; qui dédaignent, au nom de Férudition, ces essais ridicules d'une restitution de nos épopées. Dans l'histoire de l'esprit humain, l'ceuvre de MM. de Paulmy et de Tressan tient une certaine place qu'il ne faut pas ignorer. D'ailleurs, au milieu de l'aridité de nos travaux, c'est une bonne fortune que de se reposer dans la j)rose fleurie du dis-huitième siècle. Voici donc ce que M. de Tressan avait fait de notre vieux poëme, qu'il ne connaissait d'ailleurs que par les éditions incunables. « La jeune Duchesse [de Bourgogne], née haute et impérieuse, ne put voir, .sans en être touchée, que le plus grand Prince de l'Univers (Charlemagne) mettoit son sftptre à ses jneds: l'ambition combattit dans son c^our la passion qu'elle avoit pour Giranl, et enfin le froid olïen- . sant de ce jeune chevalier et le dépit cruel qu"<=lle sentit contre lui la déterminèrent à recevoir les hommages et les vœux du grand Charles. Il aimoit trop pour ne pas s'appercevoir que Girard n'aimoit pas : « Mon cher Girard », lui dit-il en particulier, « je voulois et je croyois faire ton bonheur en t'obte- « nant la main de la Duchesse de Bourgogne; mais je connois assez l'amour « pour être sûr que tu ne vois qu'avec indi.'férence celle qui feroit le bonheur « du reste de ta vie. .Je t'eusse fait le sacrifice de l'amour que j'ai pour elle, « si ses charmes t'avoient touché; mais puisque ce ne seroit que le désir d'à- « voir un grand état qui pourroit te forcer à' foire ce mariage, je ne veux « point t'y contraindre. La jeune Comtesse de Toulouse, de Narbonne et de « Montpellier, vient de i)erdre son vieil époux avec lequel elle a passé à peine « deux ans à le voir toujours expirant auprès d'elle : tous les peuples de la « langue à'hoc l'adorent, et tous les trouvères célèbrent son esprit et ses . « charmes dans leurs chants royaux et dans leurs chansons : je te l'offre avec « ses États, auxquels je veuxjoindi-e encore le duché de Vienne et les beaux « pays arrosés par le Kh^ne ». Girard baisa mille fois les mains de Charlelemagne : « Ah ! grand Prince, qu'il est heureux et honorable de vous ser- « vir »! lui dit-il. « Vous avez lu dans mon cœur : qu'il m'est cher de pou- « voir aussi lire dans le vôtre! Oui, Sire, suivez les tendres mouvements de « votre âme, épousez la belle Duchesse de Bourgogne, et protégez le plus M- « dèle de vos vassaux pour obtenir la Comtesse de Toulouse ». Charles sentit la joie la plus vive de pouvoir, sans manquera cette loyauté si chère â son âme, se livrer k l'amour prêt à le rendre heureux. Il détermina facilement l'ambitieuse Duchesse de Bourgogne ù. l'épouser et à pi-ier la jeune Comtesse de Toulouse de venir sur-le-champ pour assister à son mariage. Cette Princesse se rendit à l'invitation. Giranl, touché de sa beauté et de ses grâces, devint encore mille fois plus charmant et plus beau dès qu'il l'aima. La Comtesse de Toulouse, plus heureuse que la Duchesse de Bourgogne, jouit bientôt des charmes d'une passion mutuelle; mais, prête à donner la main à Charles, combien de fois cette dernière ne soupira-t-elle pas en secretj Tous les charmes, toutes les grâces de Girard s'étoient développés depuis qu'il aimoit : il lui paroissoit presque un homme nouveau ; mais la pa.ssion qu'elle avoit pour lui ne put lui laisser voir, sans une rage mortelle, ce Prince éperdu d'amour, et couronné par la Comtesse de Toulouse dans la même cérémonie qui l'iuiissoit à Charles. L'amour, dans son âme violente

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