ANALYSE DE GIRART DE VIA^^E
iiPARr.LivR.il. vieux l)aron couler silencieusement de sTosses lar-
CHAP. V
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Pauvreté Lc cœur [de Garin] s'attendrit; — Il pleure des yeux et
'^^ ^Ses^fiis'^'^"' durement se lamente; — Los larmes lui coulent sur sa
■^eT'arteiu" ^arbc flcurie. — [Son fils] Hernaut le voit, et tout son sang
«îe -Montgiane : frémit; — Ne peut s'ompôcher de lui dire vivement: —
Mille 'ri
va en l'ouiiie, a Pour Dicu, le fils dc Marie, mon père, qu'avez-vous ? — àBeauiande ; « Je VOUS vois plcurcr : c'est de la folie. — Dites-moi tout,
les deux autres i ■ o- t-v' if>ijn/r-
se rendent à « ne me cachez rien. — binon, par Uieu, le tils de Marie, — de charieml<'ne. " ^^ u'aurai plus jamais dc joie en toute ma vie ; — Car ce « serait une trahison ».
« Beau sire père », dit Hernaut le courtois, — « Au nom « de Dieu qui établit les lois, — Je vous vois pleurer et en « suis tout en cfTroi. — Si vous ne me parlez, tout mon cœur « sera dans l'angoisse — Et je crois bien qu'il se fendra en <i trois ». — « Fils », dit le père, «je préfère vous le dire. — « Au nom de Dieu qui est le souverain Roi, — C'est pour « vous, fils, que je suis en tristesse ; — Oui, quand je vous « vois vêtus de ces habits grossiers, — Qui vous font res-
ei passionnée, ne put être remplacé que par la liaine ». (Bibliothèque des Romans, octobre 1778, t. II, pp. 57-59.)
6o Quatre ans après la publication de ces pages malheureuses, un érudit, un liistorien, daignait résumer à son tour, dans une grave Histoire de Charlemar/ne, ce même Roman de Girart de Viane qui, déjà défiguré dans les sagas du treizième siècle, dans les versions eu prose du quinzième, dans les incunables du seizième, était devenu tout à fait méconnaissable aux mains des mignards auteurs de la Bibliothèque des Romans. Mais Gaillard, lui aussi, était de son temps et ne pouvait réellement pas comprendre notre poésie héroïque. « Un jour, dit-il (III, p. 431), Girard rendant Thommage à Charlemagne, la Reine, qui était assise sur le trùne à côté du Roi, saisit le moment où Girard s'inclinait devant son bienfaiteur; et, sous prétexte de prendre sa part des soumissions du vassal, elle lui porta un peu fortement le pied au visage comme pour le lui faire baiser. C'était trop jieu si c'était vengeance; c'était trop si c'était faveur ». On n'est pas plus galant. Mais que notre siècle ait eu une tout autre intelligence de notre Épopée nationale, c'est ce qui est heureusement évident. Aux inepties de MM. de Tressan et Gaillard, comparez plutôt VAymerillot de Victor Hugo, que nous citons plus loin. La Bibliothcque des Romans et la. Légende des Siècles représentent fort exactement deux époques littéraires entre lesquelles on peut aisément se prononcer.
1. Girars dc Viane, éd. P. Tarbé, pp. 1-4. Nous avons déjà été amené par les nécessités de notre sujet à écrire pour la geste du Roi une première analyse de Girart de Viane (III, pp. 95-114). Nous en donnons ici un second résumé, sous une forme entièrement différente, et en insistant sur les faits qui sont particuliers à la geste de Guillaume.