ANALYSE DE GIRART DE VIA'NE
II PART. LIVR. II
CIIAP. V.
Quel que soit le jugement qu'on puisse porter sur ArrhceàRei.ns l'ensemble du moyen àare , il est certain que les neu- et Je oirart. yième, dixième et onzième siècles ont été un iWe de «t brutaiu s
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fer. Les ùmes y ont revêtu une rudesse, nous allions ''''"aiufssé''' ' presque dire une barbarie qui se révèle k la fois dans ^'^ "-"n'eieur. Thistoire, dans la poésie et dans le droit. Même dans les Cliansons du douzième sièck^, il arrive qu'un certain nombre de héros sont encore peints avec les couleurs de cette époque primitive, d'après des traditions et des chants plus anciens. Renier et Girart, que nous venons de quitter sur la route de Paris, appartiennent en réalité à cette première époque de la féodalité. Ce sont, par certains côtés, des sauvages : et c'est ce que prouvent bien leurs premiers exploits à la cour de T empereur.
Ils arrivent en France en hommes trop convaincus de leur valeur, et s'indignent tout d'abord d'être restés huit jours à Reims sans voir Charles. N'aurait-on pas dû aller à leur rencontre, les recevoir solennellement et leur faire fête? « Frère », dit Girart à Renier, « nous avons déjà trop demeuré dans ce pays. Nous « n'y avons ni avoine, ni pain, ni denier monnayé. Al- « Ions nous-en ». — « Moi, retourner à ^lontglane sans « avoir vu le Roi »! — « Non pas ; je reste ici ». Tous deux alors entrent d'un pas retentissant dans le palais impérial, s'assoient insolemment à table et s'y font servir. On les sert mal : ils tuent le sénéchal. Oui, ils lui brisent « la goule » avec cette même arme dont ils se servent si bien, leurs poings; puis, il le prennent par les pieds et jettent au grenier ce cadavre. Les sergents
M P.M:T. I.l t HAÏ'.