‹ Les eopeés françaisesChapitre 54 sur 180 · ANALYSE DE GIRART DE VIANE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE GIRART DE VIANE

de l'Empereur s'émeiiveiit , on le comprend, à la vue de cette brutalité révoltante, et bravement s'enfuient. « Votre sénéchal est mort » , disent-ils tout haletants à Charlemagne. qui prudemment se retire en sa chambre. Mais la porte de cette chambre sacrée est bientôt ébranlée à grands coups de pied ; elle ne pourra pas résister longtemps à de tels efforts, elle se fend, elle cède, elle tombe et sous son poids écrase un corps vivant , celui de V/ii/issier. Sur ces débris sanglants, sur ce nouveau cadavre, deux jeunes gens s'avancent, tout fiers, avec leurs chapeaux de lis et leurs visages souriants. « Qui étes-vous »? — « Nous sommes les fils « de Garin de Montglane et venons nous mettre à vo- « tre service ». Le pauvre Empereur se calme, se déclare très-satisfait, propose humblement de l'or et de l'argent à ces enragés, voit ses dons refusés par eux avec une indignation et une sauvagerie toujours croissantes, tremble, hésite, bégaye, et finalement... les garde à son service '.

C'est ainsi que Renier et Girart. firent leur entrée à la cour de l'empereur Gharlemagne.

Bons services

rendus

à Charles

par Renier

qui obtient

en récompense

le duché

de Gennes.

et par Girart

qui reçoit

celui de Viane.

Ils surent, d'ailleurs, faire oublier cette barbarie et cet orgueil en se rendant vraiment utiles au Roi. Ils se chargèrent du guet aux environs de Paris, donnèrent la chasse aux voleurs de grand chemin qui désolaient alors toute la contrée « de monseisrneur Saint Denis », trouvèrent enfin le brigandage au nid et l'étouffèrent. Charles put respirer dans sa cité de Paris et en fut redeva-

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