Girars de l'iarte, éJ. P. Tarbé, pp
ANALYSE DE GIIlÀliT DE VIA^E. 187
l)le à ces fils du vieux Garin. Un jour Geoffroi l'Allemand insulta le roi devant tous les Français : qui se précipita sur Geoffroi et le tua du premier coup? Ce fut Renier. A qui le roi dut-il l'Orléanais, le Viennois, une partie du Perche? Ce fut encore à Renier. Depuis longtemps déjà il était chevalier, et l'Empereur avait promis des armes à Girart. Mais tant d'honneurs stériles ne satisfaisaient point la vaste ambition de ces jeunes gens : ce qu'ils voulaient avant tout, c'étaient de bonnes terres au soleil, quelque duché bien gras, quelque belle ville bien forte. « Quoi » ! se dit Renier un certain jour de Pentecôte, « notre frère Mille a déjà toute la Pouille à « gouverner ; notre frère Hernaut possède le duché de « Beaulande et a un fils qidmolt fcùtà loer. Et le Roi « en est encore, hélas î à nous traiter comme les der- <( niers de ses serviteurs! Moi, je garde les hanaps, et « Girart est à la cuisine ! Quelle honte » ! Dans ces belles dispositions. Renier va trouver Charlemagne : « Quel <( présent nous avez-vous fait »? s'écrie-t-il d'une voix tonnante. « Où sont les cités, où sont les terres que « vous nous avez données?.Allons, allons, je pars pour « Montglane et ne veux plus servir un seigneur tel que « vous ». Le malheureux Empereur, devant tant d'insolence, retrouve enfin un peu d'énergie et de courage : « Vassal », répond-il à Renier, « tu es devenu mon « homme, je t'ai confié mon gonfanon , tu as acquis « maint denier avec moi ; je t'ai laissé agir suivant ton « bon plaisir. Et comment m'as-tu payé de ces bienfaits ? (( L'autre jour tu t'es vanté, devant mes barons, de « prendre tout cet argent, quand bien même je te le « refuserais, et de m'enlever à ton profit l'obéissance « des Français, des Bourguignons, des Frisons et des « Allemands. Ce sont là, sache-le bien, les paroles d'un « félon, et il faut que tu m'en rendes raison »! A ces
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II PART. LIVR. II
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