‹ Les eopeés françaisesChapitre 56 sur 180 · ANALYSE DE GIRART DE I · texte numérisé non relu

ANALYSE DE GIRART DE I

mots, Girart s'hiimilie, et s'écrie qu'il est prêt i\ faire pénitence nu-pieds et un bâton à la main : a Non pas », dit Renier; « tu parles là, mon frère, en cjuise de rjuar- « son. Laisse-le dire son affaire, je répondrai ». — « Si « d'ici trois jours », reprend Charles, « vous n'avez pas « quitté ma cour, vous serez pendus ». — « Vous avez, « Sire, bien peu de mi'moire », répond dédaigneusement Renier. « Ne vous souvient-il pas du jour où je (( vous vis abattu de votre cheval? Je vous donnai le « mien en pleine bataille, et restai ii pied ». Charles garde le silence : « Courage, sire, et débarrassez-vous « de ces deux gloutons )> , s'écrie alors Doon-à-la- Barbe. Comme un furieux. Renier se tourne vers cet interrupteur : « Votre mémoire n'est pas meilleure, « sire Doon. Vous rajjpelez-vous le jour où ces gar- « çons vous avaient si vilainement jeté d;u!s un fossé <( et frappé de tant de coups de bâton? C'est moi (pii « vous tirai de là par les grenons : j'eus bien tort ». Et. plein de colère. Renier se jette sur lui, lui assène un coup de poing en j)leiii visage : puis, ivre de rage et ne se possédant plus, il va prendre, au milieu des barons qui entouraient Charlemagne, un de ses emiemis personnels, Renard; il le saisit, il l'enipoigne par la barbe, et, tranquillement, en plein piiys clirétien. devant le grand Empereur, dans le palais i;iipérial, en présence de mille chevaliers, il promène en forcené le corps de ce misérable. C(tnnne Hector l'avait fait pour le cadavre de I^atrocle ; il le traîne après lui par toute la salle et le jette dans le feu, où il s'amuse à le voir briller. Et le poète ajoute, très-placidement : Ln fust tos ars et à la /in ali' '. 11 a l'audace de ne pas s'indigner I

Cette scène odieuse se prolonge ; Renier ne craint pas

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