ANALYSE btlERy.iVT DE BEàVUNDË
11 i-AKT. MVR. II. peiise-t-il, (( il se ravisera peut-être ». Encore furieux,
CHAT. \ II. ^ ' i
il le quitte, et se dirige à marches forcées vers la cité
de Beaulande. Y arrivera-t-il à temps '?
i.e géant Lcs bourgcois de la ville oii régnait Florent aperçu-
et lenchanteur i«ent uu lour à Icurs portcs un mendiant de taille gigan-
Perdiïoii •' '■ • i i i i i •
travaillent à tesquc tiui, d'uue voix lamentable, leur demandait
la diMivranee T i '
aiiernaut. l'anmône au nom de Mahomet. C'était Hobastre. Tout d'abord, il chercha à se ménager un entretien avec Frégonde. afm de conspirer avec elle contre leurs ennemis : il y parvint sans trop de peine. Mais le difficile était de réunir le géant avec Hernaut. Toutefois : «Femme vient à bout de tout ». dit assez niaisement notre romancier; et, en effet, le fils de Garin se trouva un jour en présence de Robastre et de la tille de Florent : la joie du chevalier et de la pucelle fut profonde et délicieuse. Ils se montrèrent surtout ravis de la mort du Bâtard, et ne désespérèrent pas de l'avenir '.
Dans la ville de Beaulande, il y avait une tour véritablement imprenable, où Florent avait enfermé depuis longtemps cinquante marchands chrétiens '. liobastre va trouver ces prisonniers, les encourage, les excite contre Florent. Puis, Hernaut est définitivement mis en liberté et marche ii la tète de la petite troupe. Avec une témérité singulière, ils entrent dans le palais du roi, massacrent les païens sur leur passage, tuent les enfants, les vieillards et les femmes, pillent le trésor, mettent tout à feu et à sang : Florent n'échappe à leur
1. Ilcnwul lU Beaulande, nis. de rArseual 3331, l« 14 v». — 2. Ibid.. |o 15 v'\ — 3. Ibid., 1" IG v".
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rage qu'en se jetant par la fenêtre '. Après cette ra- " '';''/,^ ."^^," "
pide et sanglante exécution, nos chrétiens se précipi- — -
tent dans la forteresse et s'y enferment, décidés à s'y défendre héroïquement, à s'y défendre jusqu'à la mort. Hernaut seul en sort secrètement, et va chercher du secours à Aquitaine -. Encore un voyage périlleux, et l'on peut douter que Frégonde revoie jamais son meilleur ami !
Cependant il est d'abord fort bien reçu dans sa ville : le châtelain et les (juatre échevins vont solennellement à sa rencontre, et le conduisent en pompe à son palais. La popularité s'attache plus que jamais au nom du nouveau, du légitime seigneur ^ Mais la popularité est chose, héla* ! bien fugitive. Les deux oncles d'Hernaut, Froment et Foucart, cherchent à changer les sentiments de la foule : « Celui que vous acclamez ainsi », disent-ils, « n'est qu'un assassin ; il a tué le Bâtard, il « est couvert de sang ». Puis, procédant par d'hypocrites suggestions : « Qui vous dit, après tout », ajoutent ces deux traîtres, « que ce soit vraiment là le fils de <( Garin »? Déjà, dans le peuple, on hésite, on doute, on chuchote. « Qu'on l'emprisonne », achèvent Froment et Foucart. Et le peuple laisse faire, tout près peut-être d'applaudir... '*.
Hernaut bondit de colère : « Que je sois le fds'de « Garin, c'est ce que je prouverai en champ clos, la « lance au poing. Voici mon gage » . Le peuple change une seconde fois d'opinion, et commence à se sentir repris pour Hernaut de je ne sais quelle sympathie. On fixe le jour du combat : « Ah » ! se dit le jeune prisonnier, « si Frégonde, si Robastre étaient là » ! Et il attend".
Perdigon, cependant, n'a pas tai'dé à faire quelques
1. Herncwt de Baaulandc, ms. de l'Arsenal 3351, (^ IG V. — 2. Ihirl., fo 17 V". — 3. IbUL, f" 18, -^ 4, Ibid,, f" 19 V. — 5. Ibid., f' 19 v".