IV
II PART. LIVR, II
CHAP. VIII
II PART. LIVR II
CHAP. Vin.
226 ANALYSE DE GIR.iRT DE VIANE.
tremblant, roii s'appelle Olivier et l'autre a nom Roland ' » !
Parmi tous ceux qui les suivent du regard ou du cœur, il en est deux surtout qui sont particulièrement agités. L'un est un jeune chevalier qui voudrait être en leur place, et qui pleure de jalousie : c'est notre Aimeri. L'autre est une jeune fille aux cheveux blonds, au chapeau d'or, qui, comme la Camille des Horaces, est la sœur de l'un des combattants et l'amie de l'autre : c'est la belle Aude. Elle a vivement invoqué Notre Dame : <( Frère Olivier, quelle destinée pesante ! — Si je vous « perds, c'est que Dieu m'aura bien oubliée. — Je ne « serai jamais la femme de Rolland. — Le meilleur « homme qui ait jamais ceint l'épée. — Mais, hélas! « serai nonne voilée. — 0 madame -sainte Marie », dit encore Aude la senée, — c En ce champ je vois com- « battre mon frère — Avec l'ami qui m'a tant aimée. « — Quel que soit le vaincu, j'en serai folle de dou- « leur ■ ». .ALiis on sait (jue Roland ne devait pas périr sous les coups d'Olivier, ni Olivier par l'épée de Roland. Ils étaient tous deux réservés aux lances et aux flèches des Sarrasins.
Et Aude revit bientôt Olivier qui venait d'embrasser Roland et de lui jurer une amitié éternelle \ Mais la guerre, hélas ! la grande guerre n'était pas encore terminée. Notre Roman, qui s'est ouvert par une scène primitivement féodale, doit finir de même.
Le roi Charles aimait passionnément la chasse, et le long siège i:le Viane avait encore irrité cette passion qui ne pouvait plus se satisfaire aussi facilement. Un jour enfin, il se décida à tentei^ une grande chasse dans les bois de Clermont : Didier, le roi des Lom-
1. Girars de Viane, éd. P. Tarbè, \)p. 74-156. — 2. IbicL, p. 141. — 3. Jbid,, pp. 155-150.