II PART. 1 CHAP
des milliers de soldats en déroute. Ils se jetèrent à la liàte dans leurs vaisseaux, encore tout effarés et tremblants. Puis les voiles s'enflèrent et les vaisseaux partirent. C'était le roi Thibaut d'Arabie et ses païens qui, décidément vaincus, quittaient enfin la France et retournaient en Afrique : Narbonne était délivrée, Guillaume était triomphant, et, dans la ville d'Orange, Orable attendait avec impatience l'arrivée de ce vainqueur.
Aimeri et ses enfants se reposaient lorsqu'on leur annonça l'arrivée d'un messager de l'Empereur : « Charlemagne est sur le point de mourir, et ses ba- {( rons menacent de trahir son fils Louis. Il appelle « Guillaume à son aide ». — « C'est bien », dit Guillaume. « Le premier traître que je rencontre aura la « tête coupée ». Le poëme finit par ce vers brutal ', qui nous annonce les événements importants dont nous allons bientôt entreprendre le récit.
Les enfances de Guillaume sont finies ; sa chevalerie va commencer.