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ANALYSE DU DEPARTEMENT DES ENFANS ADIERI

ivR.ii. ti'é dans sa ville et dans son palais, il éprouva une joie très-vive en voyant enfin sa femme Hermengart

par reproduire (tellement quelleraeat)ractioatlu Dej}arte)7ient avant celle des Enfances : « Comment Aymery de Narbonne envoia servir ses fils en France , ex Lombardie et en Gascoigne, f° xxxu r°. — Comment les •Ilir enfans d' Aymery s' entremirent défaire à Paris chascun l'office que lenr jjere leur avoit ordonné par manière d'esbatement, f" xxxv r°. — Comment l'evesqua d'Avigno)t sala coniplaindre à Charlernaine de son foKrrier gui si rudement l'avoit de son hostel deslogié, f» xliii v° ». — G» Diffusion a l'étranger.. «.En Allemagne. Ulrich von dem Tûrlin n"a lait, dans le début de son Arabelens Entfiihrung, qu'indiquer le sujet de notre Département. 11 suppose qu'Airaeri, voulant laisser son héritage au ills d'un de ses vassaux les plus dévoués, envoie ses enfans, sans un denier vaillant, courir leurs aventures dans le monde : « Tâchez », leur dit-il, « d'é- « pouser de riches dames ». C'est une imitation évidente de ce début du Departement : « Quand Aymeris fut venus à Nerbone, — Grant joie an fait Ennanjars et si home. — Il i-egardait antor à la reonde — Et voit toz ses enfans, si grant joie n'ot onkes ; — Bernard l'anneit, fiei-ement araisone : — « Par Deu, biau tilz, jel teig à grant vergoigne, — Kant atandeiz nule part « an Nerbone. — Foi ke je doi à saint Piere de Rome, — Jai n'en aureiz le « vaillant d'une pome » (Bibl. Nat. Ir. 1448, f» 87). Et c'est alors qu'il envoie Bernart épouser la fille du duc de Brebant, Garin épouser la fille du duc Naime, etc. Il n'en faut pas conclure qu'Ulrich von dem Tiirlin ait connu directement le Département des enfans Ainieri; mais il- s'inspirait perpétuellement de Wolfram d'Eschenbach qui, suivant nous, avait dû connaître une des versions de notre poëme. — b. En Italie. Le compilateur des Nerbomsi a connu, plus ou moins directement, une rédaction du Departe- 'ment qu'il a imitée, avec sa liberté ordinaire, dans les chapitres xxik-xlvi de son premier livre {Le storie Nerbonesi, édit. Isola, Bologne, 1877, pp. 83- 140). — 7" Edition imprimée. Le Département des enfans Aimeri est inédit. — S" Travaux dont ce poème a été l'objet, a. Le seul travail qui mérite d'être cité est celui de M. Deraaison qm, dans les positions de sa thè.se sur Aimeri de Narbonne, a, en 1877, distingué nettement les trois versions du Département et indiqué les manuscrits où elles étaient contenues. Dés 186Vt, après notre voyage en Angleterre, nous étions arrivé aux mêmes conclusions; mais nous n'avions pas publié le résultat de notre travail, et c'est à M. Demaison qu'il convient d'attribuer l'honneur de cette petite découverte, b. En 1878, nous avons traduit in extenso la première rédaction <lu Département. Voy. la Chre.«tomathie épique que nous avons publiée à la fin du t. !*'■ de nos Epopées (pp. 497-501 de la 2« éd.).— 9° Valeur littéraire. Ou ne saurait refuser une certaine valeur à la version du manuscrit 1448, et il y a vraiment là un beau tableau féodal. Ce père, entouré de ses sept enfants, qui se voit pauvre et ne leur peut rien donner; qui envoie l'un d'eux se marier au loin ; puis, qui, entouré de ses six autres fils, gémit encore sur leur pauvreté, et en envoie un autre s'établir ailleurs; qui disperse ainsi tous ses enfants sous tous les vents du ciel, jusqu'à ce qu'il reste seul dans Narbonne : cet Aimeri, disons-nous, a une véritable grandeur épique, et le récit a quelque chose de primitif. La version du manuscrit La Vallière est loin de présenter une physionomie aussi héroïque et peut passer pour médiocre, ilais il n'en est pas de même pour le récit qui se trouve dans les manuscrits du British Muséum Harleien 1321 et Bibl. du Roi 20 B XIX. A tout le moins, on y rencontre quelques épisodes vraiment joyeux et qui devaient induire nos pères en une gro.-^se et franche gaieté. La chose est assez

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et ses sept fils réunis autour de lui. Il v avait loiio- u i aut. nvu n. temps (|u il 11 avait pu, d un seul regard . embrasser

rare dans nos vieux poëmes pour que nous prenions la peine de le signaler. Le personnage d'Hernaut, semi-héroïque, semi-burlesque, est spirituellement dessiné. C'est très français, et presque parisien.

II. ÉLÉMENTS HISTORIQUES, a. Le Département ne contient rien d'historique, ni même de légendaire. C'est un Roman dont toutes les péripéties sont fabuleuses. — b. Tout au plus peut-on dire que le séjour de Guillaume à la cour de Charlemagne est un lait réel.

III. VARIANTES ET MODIFICATIONS DE LA LÉGENDE. Nous résumons dans notre teste la première rédaction du Département (Bibl. Nat. fr. 144S). Il nous reste à analyser les deux autres d'après les m.anuscrits originaux. *

1° Analyse de la seconde rédaction du Dejyartement (d'après le ms. Harl. 1321 du British Muséum). « Ce fu à Pasques une feste autor, — Biaus lu li tans, resplandissaut le jor... — Foillissent bois et traient à verdor; — Cil oiselet chantent par grant doçor; — Chevalerie quierent [lij torneor; — Dame qui aime a plus fraische color ». =: Cour plénière tenue à Paris Ce jour là, aussi, Aimeri tient sa cour sous le maître-dais à Narbonne. II a la barbe blanche et sa femme Hermangart est auprès de lui (f" (35 v"). Le vieux duc frappe un coup terrible sur la table et prend la parole. C'est à son fils aîné, c'est à Bernard qu'il s'adresse tout d'abord : « Je n'ai rien à vous donner », lui dit-il, « et vous n'aurez pas un denier. « Quand j'allai à Viane, je n'avais rien moi-même. Allez en France, vere « Charlemagne, vous, Guillaume et Hernaut.... A Guillaume est réservée la « fonction de gonfalonier ; à Hernaut celle de sénéchal; à vous, celle de con- « seiller du Roi if*' 66). Quant à vous, Beuve, le roi Yon de Gascogne a une « belle tille : vous aurez la dame et le royaume. Pour vous, Garin, vous au- « rez Pavie. C'est à vous, Aïmer, c'est à vous que revient l'Espagne : vous « n'avez qu'à la prendre. Il est convenu que le petit Guibert aura Narbonne « et le Biaulandois » (fo 67 r»). Les enfants partent, chacun de son côté, et le vieil Aimeri ne trouve, pour leur dire adieu, aucune bonne parole. Ils sont véi'itablement chassés par leur père, et voici la pauvre liermengart, leur mère, qui se tord les poings de douleur ; « Vous ne pensez donc pas aux Sar- « rasins qui, peut-être demain, vont envahir Narbonne »? Et elle ajoute : « Pourquoi réserver au seul Guibert rhéritage de Narbonne »? Le petit Guibert lui-même ne voit pas, sans un grand chagrin, partir ainsi ses frères au milieu de la douleur universelle (10^67,68). La mère les accompagne: <f Qui donc veist comment les conjoï — Ne se lequel amast plus ne chéri ». =: Nouveaux efforts tentes par Hermengart pour obtenir que ses fils restent à Narbonne; tout est inutile, et les enfants sont déjà loin. Ils finissent par prendi-e la chose gaiement, et Guillaume dit à son frère Hernaut qui est appelé à être le comique delà bande : « N'oubliez pas, mon frère, que vous serez bientôt sénéchal. « Dorénavant soiez hardi et fier ; soutenez bien justice » ^fos 68 vo-71 r»). La pauvre Hermengart, ne pouvant conserver ses enfants aupi-ès d'elle, veut du moins leur rendre la vie aussi heureuse et douce qu'il est possible. Elle leur envoie des messagers chargés d'or et d'argent; mais les enfants sont fiers et ne veulent rien accepter, et Hernaut va jusqu'à rouer de coups de bâton les infortunés messagers. Aimeri apprend leur mésaventure, il éclate de rire, il est ravi : « Ah »! dit-il, « je reconnais bien là mes fils » ^ « Dame », fet il « or soit de vérité — Que sunt mi fil et jes ai angendrés! — Bien

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