‹ Les eopeés françaisesChapitre 94 sur 180 · GUILLAUME, LIBERATEUR DE LA CHRETIENTE ET DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

GUILLAUME, LIBERATEUR DE LA CHRETIENTE ET DE LA FRANGE

(Couronnement Looys '.)

Analyse du Chaiiemagiie, l'Empcreiir à la barbe fleurie, allait

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Looys. mourir. Avec sa clairvoyance que les ans n avaient pu

1. NOTICE BIBLIUGRAPHIQIE ET HISTORIQIE SIR I.E COURONNE- MENT LOOYS. Pour plus de clarté, nous divisons, avec ]\I. Jonckbloet, le Couvonaement Looys en cinq parties. La première (vers \-2~\) contient le récit de la Cour pléuière tenue par Charleniagne, de la félonie et de la mort d'Hernaut. Dans la seconde (vers 275-1419) le poëte raconte rexpédilion de Guillaume en Italie et sa victoire sur le géant Corsolt. La scC-ne de la troisième partie (vers 1420-?211) se passe de nouveau en France ; et on y assiste à la révolte des grands vassaus, et notamment du duc de Normandie, contre le jeune Empereur. La quatrième partie renferme le i-écit d'une nouvelle expédition de Guillaume en Italie pour délivrer le Pape de Gui d'Allemagne (vers 2212-2679). La cinquième partie se compose des quarante-cinq derniers vers de notre poëme dans les manuscrits de la Bibl. Nat. fr. 77-i et 1449. Elle fait, pour ainsi parler, bande à part dans la chanson, et serait, d'a]ir<:"s M. Gaston Paris (RotvcDiia, I, p. 283), « le résumé sommaire de tout un poëme disparu » dont le véritable héros aurait été un autre Guillaume (Guillaume de Montreuil-sur-Mer), dont nous avons parlé plus haut et sur lequel nous ne reviendrons pas. Cette division en cinq parties est nécessaire pour l'intelligence de cette Notice. I. BIBLIOGRAPHIE. 1" Date de la composition. Le Couronnement Looys, dans sa forme actuelle, est un poëme du douzième siècle. M. G. Paris en fait remonter le début au onzième siècle. 11 serait peut-être malaisé de défendre scientitiquement cette hypothèse; mais ce qu'il y a de certain, c'est que, dans toutes les versions d'^//i'cans que nous possédons aujourd'hui, il est fait des allusions très-claires à la première partie du Couronnement. On lit, dansl'anc.manuscritB.L. F. 185 de l'Arsenal (vers 2754 et suiv.), ces mots que le poëte place dans la bouche de Guillaume, lorsque, après le grand désastre d'Aliscans, il vient en vain réclamer les secours de l'Empereur Louis : « Loei. sire, chi a maie saudée. —

altérer, il jeta les yeux autour de lui, et se demanda ce qu'allait devenir cette couronne d'or du royaume de

« Quant à Paris fu la cours asamblée, — Ke Charlemaine ot vie trespassée, — « U il tenoient tôt chil de la contrée, — De toi fust France toute desiretée ; « — Jà la corone ne fust à toi donée, — Quant je soffri por vos si grant mel- « lée — Ke, maugré aus, fu en ton clef posée — La grans corone ki d'or est « esmerée, etc. » (Cf. l'édition de Jonckbloet, vers 2999 et suiv,). II est donc permis de conclure, avec une certitude absolue, que le début de notre poëme remonte tout au moins aux premières années du treizième siècle, date présumée du manuscrit 185 de l'Arsenal ; mais il est réellement beaucoup plus ancien. =; Quant aux traditions sur lesquelles sont fondées la première et la troisième parties de la Chanson (relatives toutes deux à l'elficace appui que prête Guillaume au pauvre roi Louis contre ses vassaux révoltes), elles remontent sans doute au dixième siècle, si l'on admet comme nous la fusion de la légende de saint Guillaume de Gellone avec l'histoire de Guillaume Tête d'étoupe, duc d'Aquitaine en 950 et défenseur obstiné des droits de Louis IV (Voy. plus haut, p. 101). =Reste la seconde partie du Roman, où l'on raconte l'expédition de notre héros en Italie, Rome délivrée des Sarrasins, la victoire de Guillaume sur le géant Corsolt, etc. Ce long épisode est sans doute une intercalation assez postérieure ; c'est un lieu commun épiqUe qu'on avait déjà mis sur le compte d'Ogier et de Charlemagne lui-même, avant de l'attribuer à Guillaume. La quatrième partie de la Chanson (victoire de Guillaume sur Gui d'Allemagne qui attaque Rome) n'est qu'un dédoublement de cette même légende : mais l'entreprise de Gui d'Allemagne représente ici, suivant nous, les efforts des empereurs Henri IV contre Grégoire Vil, Heni'i V contre Pascal II, et surtout Frédéric I"' contre Alexandre III. Cette péripétie du Roman repose, par conséquent, sur des souvenirs historiques des onzième et douzième siècles. = En résumé, le teste actuel du Couronnement Looys appartient à la fin du douzième siècle ; la première et la troisième parties sont fondées sur des traditions du dixième siècle ; la quatrième sur des souvenirs histoi'iques des onzième et douzième siècles ; la seconde enfin ne doit être considérée que comme un lieu commun épique. — 2» Auteur. Le Couronnement Looys est anonyme. — 3'^ Nombre de vers ET N\TURE DE i,.v VERSIFICATION. Daus le munuscrit 774, qui est, suivant nous, le meilleur des manuscrits français, le Couronnemeni LfAjys renferme 2460 vers (mais il y manque un feuillet de 160 vers); dans le manuscrit 1449, 2600 vers ; dans le manuscrit 24369 (anc. 23 La Vallière), 2810 vers (mais il y a une lacune de 76 vers à la fin). Nous aurons lieu de faire voir tout à l'heure que la version du ms. 1148 est un abrégé des autres textes. Dans tous ces manuscrits, nous n'avons affaire qu'à des décasyllabes assonances : aucun ne nous otïre le petit vers de six syllabes à la fin de chaque laisse. — 4° Manuscrits CONNUS. Il nous reste huit manuscrits du Couronnement Looys. a. Bibl. Nat. fr. 1448, f'"89 ro-90 v» (treizième siècle). — b. British Muséum, Bibliothèque du P.oi, 20 D, Xr, f"^ 103 vo-112 v» (quatorzième siècle).— c. Bibl. Nat. fr. 1419, p 23 ro-38 r» (treizième siècle). — d. Bibl. Nat. 774, f"' 18 rf-33 r» (treizième .si.'cle). — e. Manuscrit de Boulogne, f"' 21 ro-38 i'" (treizième siècle). — f. Bibl. Nat. fr. 24.369, anc. La Vallière 23, f°* 75 ro-90 v» (quatorzième siècle). — rj. ;Milan. Bibl. Trivulziana (treizième siècle). — h. Bibl. Nat. fr. 368, fo-î 161-162 (quatorzième siècle). Ce dernier manuscrit ne contient qu'un fragment de six cents vers. = Ces huit manuscrits peuvent se diviser en deux familles. Dans l'une on ne doit classer que le manuscrit français 1448. Ce texte renferme 316 vers, et il n'y faut voir qu'un abrégé de la version contenue dans les sept autres manuscrits. Une étude attentive de ces trois cents

H r.VRT. MVR.

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