‹ Les eopeés françaisesChapitre 95 sur 180 · CH.VI'. XIV · texte numérisé non relu

CH.VI'. XIV

Il PART. I.IVR. II.

CilAT. MV.

France qui est la plus belle de toutes les couronnes. Certes, en ce moment suprême, le spectacle qu'offrait

vers convaincra aisément le lecteur de cette vérité. Le Couronnement Looy s du manuscrit 1448 ne renferme que la première partie du poëme avec des variantes assez importantes. Après la mort du traître Hernaut, le poëte y raconte comment Guillaume, Gariu d'Anséune et Bertrand adoubèrent le jeune Louis ; puis il fait un beau récit de la mort et de la sépulture de l'Empereur, récit qui manque complètement dans les textes. Alors, et sans transition, le poëte résume en vingt-huit vers la troisième partie de l'ancienne Chanson, c'est-à-dire la révolte des grands vassaux contre Louis et les exploits de Guillaume. Le Charroi de Nîmes commence aussitôt après, et les deux expéditions de Guillaume en Italie sont entièrement passées sous silence. Toutefois, d'après ce résumé, on pourrait croire que le texte du manuscrit 1448, au lieu d'être l'abi-égé d'un vieux poëme, est une rédaction plus ancienne : mais, dans le texte du Charroi de Ninies du même manuscrit, il est fait longuement allusion au combat de Guillaume avec le géant païen qui lui coupe le nez, à la guerre de notre héros contre les Normands révoltés, etc. Or ce sont autant de faits qui ne sont pas racontés dans le Couronnement de ce manuscrit 1448, et qui se trouvent tout au long dans les autres textes. La conclusion est facile à tirer. En général, on a surfait l'importance du manuscrit 1448. Les versions les plus courtes ne sont pas toujours les plus anciennes ; c'est ce qui est évident i)0ur le Couronnement Looys. = Quant aux sept autres manuscrits, ils ne présentent entre eux que des variantes sans importance. — 5° Édition imprimée. Le Couronnement Looys a été publié en 1854 pai- M. Jonckbloet (Gi'iUau.me d'Orange, I, p. 1-71). Le même savant en a donné depuis une traduction complète {Guillau^ne d'Orange, leMarquisau Court Nez, 18G7, pp. 91-133). — 0" Version en prose. Le Couronnement Looys a été mis deux fois en prose : a. en abrégé, dans le manuscrit de l'Arsenal 3321 (anc. B. L.F.226) que nous citons plus loin(p. 343); b. dans la vaste compilation du manuscrit 1497 de la Bibliothèque Nationale. Les deux versions sont du quinzième siècle. Nous donnons ici les rubriques du second remaniement : Comment le Père Saint, qui pour lors tenait le saint Sieige apostolique, envoya en France quérir secours par ung légat et itng cardinal, f" cxux v°. — Comment Guillautyie, le filz Aymery, combati et conquist le jaiant Corbault devant Borne, la grant cité, par sa vaillance, (° CLii v°. — Comment l'abbé de Saint Denis fut envoyé ci Romtne, devers le Père Saint, pour remédier au débat que les princes de France avaient emsscnnble pour faire ung roy nouvel, f" clvii l'O. — Comment Guillaume, le filz Aymery de Narbonne, envoya quérir Laouys, le filz Charlemeine, à Melun, et le fist couronner à Reims et espouser sa sueur Blancheflour, fi clx r». Nous citerons plus loin de longs extraits de ces deux rifacimenti que nos lecteurs pourront comparer entre eux et qu'ils pourront surtout comparer au poëme du douzième siècle. — 7» Diffusion A l'étranger. Quelle que soit l'antiquité de notre Chanson et des traditions sur lesquelles elle repose , elle n'a pas eu , en dehors de la France, la popularité dont elle était digne, a. Dans les Nerbonesi, le Couronnement a été défiguré comme toutes les autres parties de ce cycle (Livre IV, cap. II et suiv., édit. Isola, pp. 369 et ss.). On pourra aisément s'en convaincre plus loin. b. Au seizième siècle, parut un petit poëme de Michel- Angelo da Volaterra : Incoronasione del re Aloysi, figliuolo di Carlo Magno imperadore di Francia. — 8" Travaux dont cette chanson a ÉTÉ l'objet, a. En 1851, M. Paulin Paris consacra au Couronnement Looys une des Notices de VHistoire littéraire (XXII, pp. 481-488). b. Mais aucun

AiNALYSK DU COURO.\i\l^MlîiM' LOOYS. 337

le grand Empire était consolant, ('tait splendide. Le i: monde entier paraissait agenouillé devant le trône de -

PART. Î.IVU. II.

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