‹ Les épanchements pleuraux de la fièvre typhoïdeChapitre 16 sur 19 · LOTS · texte numérisé non relu

LOTS

Par ponction, on ne ramène que quelques gouttes de liquide

ayant le même aspect que précédemment, renfermant des bacilles

d'Eberth.

On procède à une nouvelle injection intrapleurale de 3 gr. de Soludagénan.

Le 2 mars l'examen de l’appareil respiratoire montre la persistance des signes constatés antérieurement, tandis que les zones de ponction se révèlent douloureuses à la pression.

Dans la journée surviennent trois à quatre vomissements. Le

pouls à 136, disparaît en Poe assise. La tension artérielle at-

teint 7 1/2-10.

L’hémoculture donne un résultat négatif. Les épreuves de

séro-agglutination montrent pour Eberth un taux atteignant

1/160, pour l’antigène H une positivité au 1/200, pour l’antigène 0, une nette positivité également au 1/200. :

Le 3 mars : chute thermique à 38°5, puis en cours de matinée apparait un frisson intense avec claquement de dents, phénomènes vaso-moteurs de la face, et ascension de la température qui atteindra 40°2 dans l’après-midi. Une diarrhée jaune survient, avec vomissements aqueux puis bilieux. L’abdomen ñ’est pas douloureux, la paroi reste souple.

L’expectoration demeure toujours nulle, la toux ne subissant pas de modifications.

Le pouls est assez bien frappé, à 120 ; les bruits cardiaques sont plus nettement perçus, la tension artérielle est à 7-9 1/2.

Le 4 mars : la température est descendue à 36°8 et va osciller pendant quelques jours entre 37° et 38°5.

Le 5 mars : au niveau du point de ponction on découvre une tumeur pariétale gauche peu douloureuse. On cesse le traitement à l’ouabaïne.

Le 8 mars : il y a eu réprise fébrile depuis la veille avec poussée à 40° et maintien aux alentours de 39°. Le malade se présente quelque peu oppressé ; la tumeur pariétale a régressé, mais il reste un léger œdème à ce niveau. Du côté gauche, la matité reste toujours importante ; l’obscurité respiratoire est globale à gauche jusqu’à la hauteur de l’épine de lomoplate. On n'entend point de souffle. L’espace de Traube reste sonore.

Une ponction pleurale, suivie d’une injection de 2 gr. de Soludagénan permet de retirer un liquide épais légèrement hémorragique, contenant encore quelques rares bacilles typhiques.

Le 10 mars : le malade sort du service sur sa demande. Il entre alors dans une phase d’apyrexie presque normale, faisant quelques petits clochers à 37°8, le soir, pendant une quinzaine de jours, puis début avril, tout rentre dans l’ordre.

Un examen radiologique pulmonaire pratiqué, le 15 avril,

montre des sommets transparents, un poumon droit normal, à gauche un voile sur tout le champ pulmonaire et principalement vers la base. La région sous-bilaire apparait anormalement opaque, il y a de l’épaississement pleural, mais pas d'image d’épanchement,.

Fin avril, le médecin traitant du malade signale que ce dernier a repris du poids et même une existence normale.

Observation IV

Christian O0... âgé de 11 ans, entre le 13 mars 1945, à la Clinique Pasteur. C’est un enfant unique dont les parents habitant Agde, sont en bonne santé. Oncles et tantes sont également bien portants. Il est mentionné l’existence d’un ANÉRERre à 3 mois, chez la grand’mère maternelle.

Le passé pathologique de ce jeune garçon s’avère assez chargé. On relève deux congestions pulmonaires (à 1 an et 4 ans), une varicelle, une coqueluche, de limpétigo. A 3 ans 1/2, l'enfant fait une colique hépatique suivie d’un léger ictère. Il a 5 ans quand est apparue une crise de vomissements acétonémiques durant 27 heures ; à l’occasion de celle-ci un examen complet montre un souffle systolique cardiaque.

Depuis l’âge de huit ans, la famille constate que l’enfant re se développe plus.

I présente en février 1944, une éruption urticarienne généralisée ; on découvre alors un très gros foie chez ce sujet. Au bout d’un mois, l’urticaire disparait.

Puis pendant une période de six mois, Christian D., se porte bien, son appétit est bon en général, mais cependant il s’amuse peu avec ses camarades.

En novembre 1944, de l’anorexie se manifeste à nouveau, avec état subfébrile (température axillaire à 38°), des céphalées, des sueurs nocturnes abondantes, de la dyspnée d'effort, un léger amaigrissement. Pas de douleurs articulaires, ni vomissement quatre à cinq selles jaunes par jour.

Durant le mois de décembre il y a amélioration de l’état général. L'enfant revient en classe. Le foie reste gros, les selles demeurent jaunes avec des zones blanches.

Pendant la première quinzaine de janvier 1945, reprise des céphalées et de la fièvre (38° à l’aisselle), avec troubles digestifs. L’amaigrissement s’accentue. Puis l'enfant retourne en classe et n’est plus suivi au point de vue température.

L’amaigrissement persiste et s'aggrave. Les selles présentent toujours le même aspect et conservent leur même fréquence. Il

es D

existe de la dyspnée d'effort. Pas d'œdème aux membres infé- - rieurs.

Le 5 mars, l'enfant est pris de céphalée, souffre de l’abdomen; la température est à 38°2. Pas de point de côté, pas de toux, pas de vomissements. Les selles sont verdâtres avec des parties blanches. Apparition d’herpès péribuccal, mais de façon fugace.

Depuis cette date la température oscille entre 38° et 39°.

Telle est l’histoire clinique du jeune D. qui, porteur d’une hépatomégalie et d’une cardiopathie de découverte fortuite, se présente, le 13 mars 1945, dans le service des maladies conta- gieuses avec un syndrome gastro intestinal fébrile vague, de recrudescence récente.

L'examen à l’entrée de ce malade apporte les renseignements suivants : ee.

1° Faciès très pâle, yeux cernés, des veinules bleuâtres sillonnent le visage et les membres.

2° L’abdomen est augmenté en volume et parcouru par une fine circulation collatérale, Le foie est hypertrophié (16 cm. de hauteur sur la ligne mamelonnaire) et ptosé ; il est douloureux seulement par pression forte de consistance ferme, sans nodosités. ®

La rate n’est pas grosse.

Le reste de l'abdomen est dépressible, souple, non douloureux, à résonnance tympanique. Il ne parait pas y avoir de liquide dans la cavité abdominale. Etat anorexique. Diarrhée avec selles verdâtres contenant des éléments comme du blanc d’œuf.

3° La température est à 39°.

4° Il existe une toux sèche depuis 3 jours. On constate à la base droite une matité remontant jusqu’à la pointe de l’omoplate. Le murmure vésiculaire est diminué, les vibrations vocales sont abolies à ce niveau. Du côté gauche, submatité dans la région de la base avec diminution du murmure respiratoire. On ne note par ailleurs pas d’autres anomalies de l’appareil respiratoire.

5° L'examen du cœur montre : une tachycardie entre 125 et 135, et un souffle systolique maximum dans la région mésocardiaque.

Les renseignements fournis par l’hémogramme sont les suivanis :

3.360.000 globules rouges 10.400 globules blancs Taux de l’hémoglobine 60 % Valeur globulaire 0,89 et la formule leucocytaire s'inscrit ainsi 63 % de polynucléaires neutrophiles 2 % de monocytes

32 % de lymphocytes 3 % de plasmocytes D'autre part, les réactiosn biologiques d'HECKHT- BAUER et de

WASSERMANN (antigène lipoïdique), sont négatives ; celle de KAHN

(normale), est douteuse.

6° Présence d’une petite chaine ganglionnaire crurale bilatérale, ainsi que dans le creux axillaire et le pli inguinal.

7° sur Jes membres, on note dans la région du genou qusiques petites papules rouges s’effaçant mal à la pression. -

8° Les réflexes achileens et rotuliens sont présents ; il n’y à pas de signe d’irritation pyramidale, Réaction normale des pupilles à la lumière.

9° Il existe un point douloureux à la pression, dans l'angle costo-vertébral de chaque côté.

Dans les urines, présence d’albumine, et dans le culot de

centrifugation on décèle des leucocytes et des dépôts d’urate de

soude, à

L’élimination uréique est de 13 g. 0/00, la chlorurie, à 4 gr., 60.

Le 15 mars : d’autres éléments érythémato-papuleux apparaissent sur les cuisses et le poignet gauche. : = Le taux de la fibrinémie s'élève à 2 gr. par litre.

L'hémoculture révèle la présence du bacille d’Eberth.

La cutiréaction est négative chez cet enfant.

Le 16 mars : les éléments papuleux s'étendent aux chevilles, aux poignets, à l’abdomen en lui donnant un aspect érythémateux. ;

Clocher thermique à 40° le matin, avec pouls à 134.

On constate au cœur une ébauche de galop.

Le tracé à l’électrocardiogramme se caractérise par un bas

voltage dans les trois dérivations et l’ascension de la ligne …

S Ten DIet D II. (déficience myocardique).

Le phonocardiogramme monte une tendance nette à l'embryocardie, avec vibrance du premier bruit suivie d’un souffle systolique mitral, et tendance au dédoublement du 2% bruit. Par ailleurs inscription d’un galop protodiastolique.

L'examen pulmonaire révèle des râles fins à l'inspiration. Une ponction pleurale permet de retirer un liquide sanglant, laqué, paraissant du sang pur dans lequel on rencontre : polynucléaires 52 % lymphocytes 34 %

des cellules endothéliales 14 %

Ni l’examen direct, ni l’ensemencement ne montrent de germes. D’autre part, analyse chimique de ce liquide hémorragique donne les résultats suivants :

Albumines 50 gr. 0/00

Quelques leucocytes |

NT AV: # ; PRET Pres Ur

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