LE MESSAGE. O
-oQo-
Washirgtor, A décembre 1827.
Récitatif d'Armide.
Citoyens du Sénat, citoyens de la Chambre, Depuis qu'accomplissant Tordre exact des saisons, Le soleil en logeant dans ses douze maisons, Vient enfin ramener les frimas de décembre, Je vous vois avec lui tous revenus ici, Bien gros, bien gras, bien dispos, Dieu merci.
Quant à moi, durant votre absence,
Hormis quelque petit souci
Pour la future présidence, Citoyens, j'ai toujours, grâce à la Providence, Joui d'un bon sommeil et d'un bon appétit.
Air : La mari» ont tort.
Quant à notre heureuse patrie, Vous le savez, elle est en paix ; Nos citoyens passent leur vie À boire dans les cabarets.
Désormais chez nous plus de guerres ; Et je dois vous dire, entre nous, Que l'agneau si craintif naguères Dort à présent avec les loups.
Air : De CatpiçL
Suivant toutes les apparences.
Grâce aux progrès des connaissances.
Les hommes devenus meilleurs
Vont voir finir tous leurs malheurs, {bis)
Les maux qui désolent la terre,
La faim, la fièvre avec la guerre
Vont disparaître avant longtemps :
Quand les poules auront des dents.
Récitatif.
Après quatorze ans de délais.
Nous tenons l'argent des Anglais :
(}ue ce roi George est un grand homme !
Pour moi, je n'aurais pas voulu
Donner même un petit écu
De l'intérêt, et de la somme ;
Que ce roi George est un bon homme !
Air : La Bêfuttte de Bamabm.
Pour les relations Avec ses colonies.
Nos contestations Sont loin d'être finies.
Quand finira cela?
Je ne sais, je vous jure ; Pourtant je vous assure Que cela finira.
Air : Du Parlement,
Le roi de France est un peu long A nous rembourser nos dommages ; Pourtant, de feu Napoléon, Il tient d'assez beaux héritages ; Mais pour lui reparler d'argent, L'instant sera plus favorable, Lorsque le nouveau parlement Enverra son ministre au diable.
Air : A faire.
Le grand empereur Alexandre
Au tombeau s'est laissé descendre,
Quand il était en train
De se mettre en chemin
Pour tout réduire en cendre.
Ce capitaine qui ne put En cinq ans traverser le Pruth, A su passer un peu plus vite Le fameux fleuve le Cocy te ; Laissant cinq cent mille soldats La larme à l'oeil et l'arme au bras.
Son successeur est un autre grand homme ;
Et vous n'ignorez pas Qu'il se nomme Nicolas !
K m : Du Couvent.
De nos frères du Sud ici vantant la gloire, De leur guerrière ardeur, de leurs faits éclatants J'aurais voulu vous faire une brillante histoire ; Mais tout a disparu devant ces conquérants, Et le combat finit faute de combattants.
Air : Fournissez un canal au ruisseau.
À peine le roi du Brésil Eût-il voulu bloquer ses cotes.
Que mon consul, homme subtil, Lui dit, dans des petites notes :
Sire, vous ne bloquerez pas ; Vous n'avez pas assez de barques ; Mais le prince, de ses remarques Ne fit pas alors très-grand cas.
Air : Vaudeville des deux ermites.
Alors notre fier diplomate Dans un vaisseau s'est emballé ; Et l'empereur s'est en allé Vers la rivière de la Plate; Mais ce prince n'est pas méchant :
Après quelques petites ruses, Il a payé les frais comptant, Et m'a fait faire des excuses.
Air : C'était Renaud de Montauban.
Depuis longtemps la paix répand Ses bienfaits sur toute la terre , Quelques nations seulement
Par-ci par-là se font la guerre.
Mais, comme disait mon papa, Le malheur d autrui n'est que songe ; Que pour nous la paix se prolonge, Et laissons battre ces gens-là .
Air : On compterait de» diamant».
Dans la Perse, le pauvre Sba Est sabré par le Moscovite ; Et la Grèce par un Pacha Est sur le point d'être détruite ; Et ces philanthropes chrétiens,
Ces braves Anglais, dans les Indes,
Egorgent ces pauvres Indiens Tout comme on égorge des dindes.
Air : Jeune» aman», cueiUet de» pumi^u
Le roi de France sans danger, De sa hauteur veut bien descendre; Et pour punir le dey d'Alger, Va réduire sa ville en cendre.
Les braves Lusitaniens Sont en querelle avec l'Espagne ; Et deux rois agacent les chiens :
Celui de France et de Bretagne.
Ami : Au sein d'un* /leur tour à tour.
On assure que les Chinois Sont en guerre avec les Tartares ; Et qu'ils se livrent quelquefois Quelques petits combats barbares.
En Afrique cent petits rois Se' font une cruelle guerre; Mais à tout cela près, je crois Que la paix règne sur la terre.
Air : VaMdevUie des Chasseur*.
Chez nous quelques peuples sauvages Vers l'occident ont fait du train ; Mais, grâce à mes mesures sages, Ils ont mis de l'eau dans leur vin.
Pour effrayer ces téméraires J'ai fait semblant d'être fâché; Mais les malheureux ont péché !
Et nous confisquerons leurs terres.
Concitoyens, respirons un moment ; Mais à présent que vous dirai-je?
De vous ennuyer savamment,
Avec des discours de collège, J'ai F honorable privilège :
C'est là mon seul amusement; Permettez-moi d'en user largement : De tous les travaux de ma place.
Ces petits plaisirs innocents Et mes petits émoluments', Voilà tout ce qui me délasse.
Air : Du froid avec courage.
Puisqu'ici je dois croire Mes discours superflus.
De mon observatoire Je ne parlerai plus ; Mais c'est chose cruelle De voir ainsi déçu Projet qu'en ma cervelle J'avais si bien conçu.
Air : La comédie têt un miroir.
Puisque vous devez tout savoir, Parlons un peu de la finance :
D'ailleurs, c'est le premier devoir Que m'impose la présidence.
Mais, en vous parlant du trésor, Mon discours sur vous fait merveilles ;
Car tout homme qui parle d'or Fait toujours ouvrir les oreilles.
Air : Su deux moitiés, dit-on, le tort.
Ainsi que je l'avais prévu,
Nous faisons de bonnes recettes ;
Et nous payons du superflu
Une portion de nos dettes. '
Je vous soumets douze beaux plans
Pour faire des routes nouvelles;
Mais qu'on me donne encore quatre ans,
Je vous eh ferai voir de belles.
Air : D'une abeille toujours chérie.
Nos ressources pécuniaires Présentent pour brillants tableaux, Plusieurs millions d'acres de terres Volés à nos États nouveaux .
Et puis par des marchés très sages, En donnant quelques picaillons»
Nous avons acquis des sauvages De quoi produire des millions.
Air : J'étais bon chasseur autrefois.
La poste va le grand galop Jusqu'auprès de chaque cantine;
Le postillon boit son coup.... d'eau, Et les chevaux prennent racine ; Mais le service est très exact, Surtout depuis ma présidence; Quoique parfois on prenne au sac L'argent et la correspondance.
Air : La pipe de tabac.
Ici, que vous dirai-je encore
Du grand objet de vos travaux?
I^a session qni vient d'éclore
Va porter les fruits les plus beaux.
En attendant, je vous convie
A souper ce soir sans façon ;
La table sera bien servie
Et, morbleu, nous boirons du bon.
Pour copte conforme ,