EN LUI ENVOYANT LES ŒUVRES DE G. DE LAV1GNE
Dans son délire poétique On dit que le grand Apollon Veut unir le pampre bachique Aux lauriers qui ceignent son front.
Le dieu des beaux-arts se résigne A devenir un vigneron, Et sur le sommet d'Hélicon En triomphé il porte la vigne.
Avec une liqueur traîtresse Bacchus trouble notre raison ; Mais une plus aimable ivresse Est produite par Apollon.
De notre culte qu'il est digne Le dieu dont le pouvoir divin Nous enivre, à défaut de vin, Avec les feuilles de la vigne !
L'amour seul a plus de puissance Sur le cœur des faibles humains; Et pour combler notre démence, Ce dieu mit ses traits dans tes mains; Mais, hélas! ô beauté maligne, Le délire par toi produit Ne passe pas comme celui Que produit le dieu delà vigne!