EPIGRAMMES
Sur l'.UpjiilWtrr de César.
Que l'on ne vante plus ces barbares merveilles ('), Ces pyramides de Mempbis, Dont si souvent par de pompeux récits On a fatigué nos oreilles.
Nobles murs qu'à grands frais bâtit Sémiramis (*),
Autel de Corne et temple de Diane ( ïrt *), Un plus beau monument à l'oubli vous condamne. Tombeau miraculeux, suspendu dans les airs,
Omnis Caesareo oedat labor Amphitheatro :
Unum prae cunctis fama loquatur opus.
De Pasiphaes Speclaculo. - De spect. 5.
Junctam Pasiphaen Dictaeo crédite tauro;
Vidimus: accepit fabula prisca fidem.
Nec se miretur, Caesar, longaeva vetustas:
Quicquid fama canit, donat arena tibi.
Ad Calonem. - Lib.i,z v .i.
Nosses jocosae dulce cum sacrum Florae , Festosque lusus , et licentiam vulgi , Cur in theatrum, Cato severe, venisti?
An ideo tantum vénéras , ut exires?
— iài --
Et dont les Cariens ont droit d'être si fiers,
O magnifique mausolée ( 5 ) , Témoin de la douleur d'une sœur désolée ,
César a dit : À la voix du géant Surgit l'amphithéâtre ; et ce prodige unique ( 6 ) Obscurcit la splendeur de votre gloire antique , Et, seul, il vous fait tous rentrer dans le néant.
A Céw, du Spectacle de Pasiphaé représenté dans fartée ( 7 ).
J'ai vu Pasiphaé jointe au taureau mutin; Vous l'avez vu vous-même , et rien n'est plus certain, Pour toi, César, l'arène réalise Ce que la fable préconise.
A Calon, trop sévtare.
Quand tu viens voir des jeux la licence folâtre, ' C'est toujours pour te plaindre, et pour t'en repentir: Et tu n'entres au théâtre Que pour en sortir.
De Gemello el laronilla. - lu,, i, Bp. 11.
Petit Gemellus nuptias Maronillae , Et cupit, et instat, et precatur, et donat.
Adeone pulchra est? iramo fœdius nil est.
Quid ergo in il la petitur et placet ? Tussit.
Ad ÀTÎtiun , de suis epigrammatis. - m. i, r?. n.
Sunt bona, sunt quaedam mediocria, sunt mala plura, Quae legis hic: aliter non fit, A vite, liber.
Ad Fauslinum. - lu. i, e?. 36.
Ede tuos tandem populo, Faustine , libellos,
Et cultnm docto pectore profer opus; Quod nec Cecropiae damnent Pandionis arces ,
De Geuellus et de lafla Pulmonaire.
De Ruffa , Gemellus veut devenir l'époux :
Il l'accable de dons, la presse, la conjure,
Sans aucun doute, il faut, me direz-vous , Que Ruffa soit bien belle. — En toute la nature, Rien n'est plus laid que cette créature, — En elle, alors, qti'aime-t-il donc? — Sa toux.
A Afit08.
Lorsque tu liras mon ouvrage ,
Tu trouveras à chaque page Du bon, du médiocre, et surtout du mauvais :
Ce n'est pas autrement que les livres sont faits.
A ftvlmi».
Mets donc , enfin au jour , ô mofa cher Faostinus , Tes ouvrages savants du public inconnus , Et qu'auraient admirés les sages du Portique , Ceux de Rome moderne, et ceux de Rome antique.
Nec sileant nostri praetereantque senes.
Ànte fores stantem dubitas admittere famam ,
Teque piget curae pramia ferre tuae?
Post te victurae, per te quoque vivere charte
Incipiant : cineri gloria sera venit.
Ad Procillum , convivam nimis memorem. - lo>. i, s?, »
Hesterna tibi nocte dixeramus , Quincunces, puto, post decera peractos, Cœnares hodie / Procille , mecum.
Tu factam tibi rem statim putasti , Et non sobria verba subnotasti , Exemplo nimium péri cul oso.
Mirô fAwifAova oufAirérw , PrOCllIe.
Hésiterais-tu donc à recevoir chez toi
La Renommée? Elle est sur le seuil de ta porte : Ouvre, tu peux l'admettre sans effroi :
De tes rares travaux c'est le prix qu'elle apporte. Crois-moi , profite du présent , Rends- toi fameux de ton vivant,
Quelque sûr que tu sois que ton nom te survive , Pour l'illustrer redouble tes efforts :
C'est une gloire trop tardive Que celle qu'on accorde aux morts.
i Procillus.
Hier, après avoir trinqué jusqu'à minuit, Procillus , je te dis que la table était prête , Et que je t'attendais à souper aujourd'hui.
Soudain tu pris cela pour une affaire faite ; Mais, mon cher Procillus, rien n'est moins convenant
Que de conserver la mémoire Des propos que l'on tient pendant qu'on est à boire.
Le souvenir d'un pareil incident Serait d'un fâcheux précédent ,
Et pourrait bien te donner du déboire.
Deviens plus oublieux , si tu veux bien en croire L'avis d'un bon vivant.
— ne —
Ad Sabidiou. — im>, i, e p . sa.
Non amo te , Sabidi , nec possum dicere quare : Hoc tantum possum dicere, non amo le.
De Gellia. — lu. i, ej>. 34.
A inissu m non flet , quum sola est Gellia, patrera;
Si quis adest, jussae prosiliunt lacrymae.
Non dolet hic, quisquis laudari, Gellia , quaerit ;
Ille dolet vere, qui sine teste dolet.
Ad Fidenlinnn. — ub. 1, s?. 39.
Quem recitas, meus est, oFidentine, libeltus Sed maie quum recitas, incipit esse tuus.
A Sabidus.
Je ne t'aime plus , Sabidus, Pourquoi? ... je ne saurais le dire; Mais , si tu veux, je puis l'écrire :
Sabidus , je ne t'aime plus.
De Gellie.
Lorsque Gellie est seule , elle ne pleure pas Son père vertueux ravi par le trépas ; Mais quelqu'un survient-il? Ah ! sa douleur est grande, On voit couler à flots ses larmes de commande. D'éviter les regards le vrai chagrin a soin , Et sait bien pleurer sans témoin.