‹ Les éṕavesChapitre 36 sur 41 · KH · texte numérisé non relu

KH

De dislichis. - ub. vin. e t . 29.

Disticha qui scribit, puto, vult brevitate placere. Quid prodest breviîas, die mihi , si liber est?

Où, grâce aux pierres spéculaires , Ils seront réchauffés et ne gèleront pas.

Un cabinet sans porte ni fenêtre, Voilà le logement que Ton me donne, à moi ; Borée y gèlerait de froid.

Je ne dis rien ; mais quelque autre, peut-être, Pourrait dire, en voyant la chambre où tu m'as mis/ Que tu traites bien mieux tes plants que tes amis.

A Oppianus.

Si tu te trouves si content De m'avoir vu malade une fois seulement , Juge si mon bonheur est grand Moi qui te vois malade si souvent !

-»Qo-

Des distiques.

Plusieurs ne font que des distiques, Dans le but d'être laconiques; Mais de ces distiques féconds, Ensemble réunis sous leurs timides plumes, Il naît des ouvrages si longs Qu'ils font, enfin, de gros volumes.

lo Dentonem. — l». vin, Bp. 31.

Nescio quid de te non belle , Dento , fateris.

Conjuge qui duc ta jura paterna petis.

Sed jam supplicibus dominum lassare libellis

Desine , et in patriam serus ab Urbe recH :

Nam dum tu longe déserta uxore , diuque

Très quœris natos, quatuor invenies.

In pessimos conjuges. - ub. vin, e p . 35.

Quum sitis similes , paresque vita , Uxor pessima , pessimus maritus ; Miror, non bene convenire vobis.

A Denton , sollicitant le droit de trois eofaols.

Denton, je ne sais quel bavard

Dit que tu harcèles César

Par tes mille et mille manèges,

Et par tes placets suppliants,

Pour obtenir les privilèges

Qu'ont les père» de trois enfants (").

Ta femme abandonnée aussi loin, si longtemps, Aura trouvé sous ses pas bien des pièges.

Ce sexe faible, sans soutien,

Crois-moi, ne peut toujours combattre; Et quand ici tu viens ramper pour rien , En retournant chez toi, Denton, peut-être bien, Au lieu de trois enfants, tu vas en trouver quatre.

Les boos époux.

Tous deux méchants, tous deux infâmes, Toi le pire mari, toi la pire des femmes ,

Avec raison on est surpris Que vous ne viviez pas comme de bons amis.

-OQ4>-

Ad Polycharroum. - L%b. vni, e p . 37.

Quod Caietano reddis, Polycharme, tabellas, Millia te centum nu m tribuisse putas?

Debuit haec, inquis : tibi habe, Polycharme, tabellas, Et Caietano millia crede duo.

-*^tv

Ad Flaccom. — ub. fiii, e v . 50.

Temporibus nostris aetas quum cedat avorum ,

Creverit et major cum duce Roma suo , Ingenium sacri miraris abesse Ma rouis ,

Nec quemquam tan ta bella son are tuba.

Sint Maecenates , non deerunt , Flacce , Marones,

Virgiliumque tibi vel tua rura dabunt.

Jugera perdiderat misera vicina Cremonae,

Flebat et abductas Tityrus aeger oves.

Risit Tuscus eques , paupertatemque malignam

Reppulit, et céleri jussit abire fuga :

Àccipe divitias , et vatum maxitmis esto ;

A Polycarme.

Tu me rends mon billet que je ne puis payer!... Au lieu de me le renvoyer, Pour doubler le prix de la grâce , Et rendre encore le trait plus beau , Permets plutôt que je t'en fasse Un nouveau.

A Flaccus.

Lorsque les temps passés le cèdent au présent.

Et que, sous l'empereur, Rome s'élève autant,

Tu t'étonnes, Flaccus, qu'il nous manque un Virgile;

Et que nul aujourd'hui, dans cette immense ville,

N'embouche le clairon, poète ambitieux,

Pour chanter de César les combats glorieux !

Les Virgiles naîtront quand renaîtra Mécène.

Si tu voulais, Flaccus, tes champs féconds sans peine

Pourraient les voir cclore, et leurs riches sillons

En produiraient bientôt d'abondantes moissons.

Tityre malheureux pleurait les champs fleuris Qu'il possédait auprès de sa chère Crémone; Il pleurait ses vergers et ses troupeaux ravis Grâce au droit si cruel que la victoire donne.

Tu licet et nostrum , dixit, Alexin âmes.

Adstabat domini mensis p nicher rimus ille,

Marmorea fundens nigra Falerna manu; Et libata dabat roseis carchesia la bris,

Quae poterant ipsum sol 1 ici tare Jovem.

Excidit attonito pinguis Galatea poetse,

Thestylis et rubras messibus usta gênas; Protinus ltaliam concepit, et Arma virumque,

Qui modo vix Culicem fleverat ore rudk Quid Varos, Marsosque loquar, ditataque vatum

No mina, magnus erit quos numerare labor?

Ergo ero Virgilius, si mimera Maecenatis

Des mihi ? Virgilius non ero , Marsus ero.

Le chevalier toscan éloigne d'un souris, El l'affreuse indigence et les sombres soucis. En échange, dit-il, des biens que tu regrettes , Prends ces trésors, et sois le plus grand des poètes : Partage encor l'amour que j'ai pour Alexis.

Et le bel Alexis assistait à leurs fêtes, A ses mille amoureux causant mille tourments ; Et de sa douce main plus blanche que l'albâtre, A son maître il versait le Falerne noirâtre , Et prodigue pour lui de ses baisers brûlants, Dignes d'être enviés par les dieux tout-puissants, . Sans cesse il imprimait sur sa bouche mi-close Et sa bouche lubrique, et ses lèvres de rose. C'est alors que l'on vit, hôte brillant des cours, Celui qui soupirait de champêtres amours.

Le poète oubliant sa grosse Galatée , Délaissa Testylis, par le soleil brûlée.

Et nul ne concevait dans son étonnement, Ce qui pouvait causer un pareil changement; Mais bientôt (ut créé par ce brillant génie Le héros belliqueux qui conquit l'Italie, Le cruel Alexis, Didon et ses amours.

Dirai-je les Varus, et tant d'hommes célèbres Dont les noms de l'oubli braveront les ténèbres t Un appui manque , hélas ! aux auteurs de nos jours ! Sans protecteur je reste un poète futile, Mais pour moi sois Mécène, et je deviens Virgile.

Ad Set eron , de Cariuo. - ut. vrn, e?. ai.

Livet Carinus, rumpitur , furit, pi o rat, Et quaerit altos , onde pendeat , raraos ; Non jam quod orbe cantor et legor toto ; Nec umbilicis quod decorus et cedro Spargor per omnes , Roma quas tenet, gentes ; Sed quod sub urbe rus habemus œstivum , Yehimurque inulis non, ut an te, conductis.

Quid imprecabor, oSevere, liventi?

Hoc opto : mulas habeat, et suburbanum.

A Carions t envi».

Carinus tu pâlis, tu pleures à cœur fendre.

Et tu cherches partout un arbre pour te pendre :

Non, parce que mes œuvres sont

A Rome, dans chaque maison;

Ou, qu'en basane reliées

Partout elles sont publiées ;

Non, parce qu'on les voit aux mains

Des étrangers et des Romains ;

Mais par cette raison unique

Qu'on m'a vu, depuis peu de temps, Acheter, hors de ville, une maison rustique,

Pour passer les étés aux champs;

Et que je puis, de ma campagne,

Si par hasard l'ennui me gagne,

Avec mes mules au grand trot,

A Rome me rendre aussitôt.

Pour te guérir de cette envie

Qui fait le tourment de ta vie,

Contre le mien change ton sort :

Tu peux conclure sans scrupules :

A toi mon petit champ et mes petites mules, A moi tes vastes biens et ton riche trésor.

De Piceate. — la. nu. Bp. e*.

Scribit in aversa Picens Epigrammata charta ; Et dolet, averso quod facit il la Deo.

la CftciliaMun. - ub. vin, e p . 67.

Horas quinque puer nondum tibi nuntiat, et tu

Jam conviva raihi , Cœciliane, venis, Quum modo dislulerint raucae vadiinonia quarte.

Et Floralicias lasset arena feras.

Curre, âge, et illotos revoca , Calliste, ministros;

Sternantur lecti ; Cœciliane, sede.

Cal dam poscis aquam : sed nondum frigida venit ;

Alget adhuc nudo clausa culina foco. Mane veni potius : nam cur tequinta morettir?

Ut jentes, sero, Cœciliane, venis.

De Picens.

Picens, pour faire une épigramme, Remplit la page et le revers ; Et puis, il s'irrite, il s'enflamme Parce qu'on ne lit pas ses vers !

A Cécilianus.

Lorsqu'on n'a pas sonné la cinquième heure encore,

Quand l'arène est ouverte encore aux jeux de Flore,

Et que les tribunaux sont loin de s'ajourner,

Convive diligent, tu viens déjà dîner !

Allons, Caliste, cours sur les places publiques,

Va vitement aux bains chercher les domestiques.

Approchez un fauteuil; Cécilien, sied s- toi.

Tu voudrais de l'eau chaude? allons, excuse-moi,

Car l'eau froide est encor, je crois, à la fontaine.

Pour te laver les mains veuilles attendre un peu,

La cuisine est glacée, et le foyer sans feu ;

Mais, désormais, mon cher, et tu le peux sans peine,

Envers toi pour ne pas me trouver en retard ,

Ou viens de grand matin, ou viens un peu plus tard.

-oa«-

Ad Enlellum. — ut. vm, b p . 6a

Qui Corcyrai vidit pomaria régis,

Mus , En tel le, tira praferat ille domus.

Invida purpureos urat ne bruma racemos ,

Et gelidum Bacchi munera frigus edat ; Condita perspicua vivit vindemia gemma ,

Et tegitur felix, nec tamen uva latet.

Femineum lucet sic per bombycina corpus;

Calcul us in nitida sic numeratur aqua.

Quid non ingenio volait natura liçere?

Autumnum sterilis ferre jubetur hyems.

fo Vacerim — lu*, viu, e p . w.

M ira ris veteres , Vacerra, solos, Nec laudas nisi mortuos poêlas.

A fatelk

Quiconque a vu les vergers de Corcyre,

Entelle, doit leur préférer ton champ.

Chez toi, pour empêcher qu'un brouillard malfaisant Ne vienne, à l'improviste, et brûler et détruire

Les fruits pourprés de Bacchus, dons heureux, On voit sur le raisin, la pierre spéculaire,

Le protéger sans le cacher aux yeux.

Et lui prêter un abri lutélaire

Que ne pourraient lui donner ses rameaux; Et grâce à la clarté de ce mince entourage , L'œil aperçoit encorle fruit et le feuillage.

Tel un caillou brille encor sous les eaux;

Ou telle encore une femme révèle

Tous ses appas que la gaze récèle.

Que ne peut l'art et ses féconds travaux!

Vaincu par lui, l'hiver stérile donne Et les fleurs du printemps, et les fruits de l'automne.

A Vacerra.

Les anciens seuls savent te plaire ;' Et tu ne vantes les écrits

Ignoscas petimus , Vacerra : tanti Non est , ut placeam tibi , perire.

A4 Instaalium. — im>. vin, r?. 73.

Instanti , quo nec sincerior aller habetur

Pectore, nec nivea simplicitateprior ; Si dare vis nostrae vires animosque Thaliae ,

Et victura petis carraina ; da » quod a me m. Cynthia te vatem fecit , lascive Properti ;

Ingenium Galli pulchra Lycoris erat :

Faraa est arguti Neraesis formosa Tibulli ;

Lesbia dictavit , docte Catulle , tibi.

Non me Pelignus, nec spernet Mantua vatemj

Si qua Corinna raihi, si quis Alexis erit.

A4 ÀTÎtom. — Lib. IX, Bx>. 1.

Note, licet nolis, sublimi pectore va tes, Cui referetserus praemia digna ciuis.

Hoc tibi sub nostra brève carmeu imagine vivait,

Que des poètes mis en terre; Dieu me garde d'avoir ton suffrage à oe prix !

Instantius, au noble caractère,

Au cœur si droit, si pur et si sincère,

Veux-tu de moi voir un ouvrage tel Qu'il me donne en tous lieux un renom immortel ?

Fais que l'amour vienne embraser mon âme.

Cynthie a réchauffé Properce de sa flamme; % A Lycoris Gallus devait tout son esprit.

La belle Némésis fit un nom à Tibulle; Et Lesbia dicta tous ses vers à Catulle.

Qu étaient-ils sans ces chants que l'amour leur apprit? Qu'étaient Virgile, Ovide et leur muse divine Sans Alexis et sans Corinne?

Avitus, ô brillant génie, Toi qui ne veux léguer qu'à l'avenir tardif Les fruits de cet esprit si vif . Qui pourraient illustrer ta vie;

Qiiam nonobscurisjungis, Avite, vins.

Ille ego sum nulli nugarum laude sec on dus;

qcemnon miraris, sed puto, lector, amas.

Majores majora sonent : mihi parva loquuto

SUFFICIT IN VESTRAS SjEPB REDIRE MANUS.

-OQO-

ln Paullam. — m. ix, e v a.

Nubere vis Prisco, non miror, Paul la : sapisti Ducere te non vult Priscus : et ille sapit.

h amicum cœnipelam. — ub. ix, e p . 15.

Hune, quem cœna tibi, quem mensa paravit amicum, Esse putas fidae pectus amicitiae ?

Âprum amat, et mullos, et suraen , et ostrea , non te. Tarn bene si cœnem , noster a mie us erit.

Mais que ta modestie, hélas ! retient captif, Place ce livre auprès de mon portrait fidèle

Que ta main rangea parmi ceux

De ces personnages fameux

Dont la mémoire est immortelle , Et dont le temps a consacré le nom.

Moi, pour les riens je suis à nul autre second; Tu ne m'admires pas, mais tu me lis, tu m'aimes. Les uns ont plus d'éclat, un autre est plus profond; Mais pour mes vers légers tes bontés sont extrêmes : Tu les lis : ton souris suffit à mon renom.

A Pailla.

Je t'approuve, Paulla, de vouloir de Priscus; Il ne veut pas de toi? Je l'approuve encor plus.

Contre an coureur de soupers.

Prends-tu pour ami véritable Le gourmand qu'attire ta table?

Mon cher, c'est trop de bonne foi ; Il aime tes perdrix, tes huîtres, et tes meuilles ( !5 ), Les vins choisis que tu recueilles, Et non pas toi ;

k Ghloe. — L%b. îx, e p . ie.

Inscripsit tumulo septem celebrata virorum Se fecisse Chloe : quid pote simplicité?

h SaMInn. — ub. ix, Bp. 20.

Laudas balnea versibus trecentis Cœnantis bene Pontici , Sabelle.

Vis cœnare, Sabelle, non lavari.

Mais que demain il vienne, Et qu'il trouve chez moi Une table comme la tienne, Il va se dire aussi Mon ami.

Sur Chloé.

La célèbre Cloé, veuve de sept maris.

Sous un seul marbre tumulaire, Un jour les a tous réunis; Puis, elle écrivit sur la pierre :

Cest moi qui les ai tous mis là.

Peut-on mieux dire que cela!

A Sabellis , parasite.

Sabellus loue avec son emphase ordinaire Les bains de Ponticus qui fait si; bonne chère : Tu crois que Sabellus désire se baigner ?

Oh ! non : Sabellus veut diner.

Ad Auetuni. - ub. ix, e v . n.

Ârtemidorus habet puerum ; sed vendidit agrum : Agrum pro puero Calliodorus habet.

Die, uter ex istis melius rera gesserit, Aucte? Artemidorus amat, Calliodorus arat.

De Spendophoro. — lu. ix, Ep. 57.

Spendophorus Libycas domini petit armiger urbes :

Quœ puero dones, tela, Cupido, para, 111a quibus juvenes figis, mollesque puellas;

Sit taraen in tenera levis et hast a manu.

Loricam clypeumque tibi galeamque remitto;

Tutus ut invadat prœlia, nudus eat.

Non jaculo , non ense fuit, laesusve sagitta,

Casside dum liber Part henopaeus erat.

Quisquis ab hoc fuerit fixus, morietur amore.

O felix, si quein tam bona fata marient !

À Aortes.

Atrémidorus vend un champ pour un enfant :

Calliodore vend un enfant pour un champ.

Àuctus, sors-moi d'un embarras extrême.

En me disant lequel des deux En cette affaire a fait le mieux ?

Atrémidorus aime; Calliodore sème.

De Spleodophore , porteur d'armes de Domiliei.

Splendophore en Libye accompagne son maître.

Amour donne les traits que tu veux lui remettre ; • Ces traits sûrs que ton arc jamais ne lance en vain. Qu'une hache légère arme seule sa main ; Reprends le bouclier ^ le casque et la cuirasse ; Tout nu, mais protégé par sa beauté, sa grâce, Il pourra défier les dangers des combats, Et le glaive sanglant ne le blessera pas.

Parthénopée, ainsi, sans vêtements, sans armes Voyait tout succomber sous l'effet de ses charmes. Que le ciel te réserve un aussi beau destin ; Mais, avant que le temps ne flétrisse ton teint,

Du m puer es , redeas , dum vullus lubricus ; et te Non Libye faciat, sed tiia Roma, virum.

Id Namurram. — ub. ix, e v . 6u

In septis Mamurra diu multumque vagatus ,

Hic ubi Roma suas aurea vexât opes, Inspexit molles pueros, oculisque comedit; •

Non hos, quos primae prostituere casae; Sed quos arcanae servant tabulata catastae,

Et quos non populus, nec mea turba videt.

Inde satur, mensas, et opertos exsuit orbes ,

Expositumque a(te pingue poposcit ebur ; Et testudineum mensus quater hexaclinon ,

Ingemuit citro non satis esse suo.

Consuluit nares, an olerent aéra Corinthon ;

Culpavit statuas et, Polyclele, tuas.

Et turba ta brevi questus crystallina vitro.

Myrrhinasignavit, seposuitque decem.

E*penditveterescalathos, et si qua fuerunt

Pocula Mentorea nobilitata manu ; Et virides picto gemmas numeravit in auro,

Et qu'un léger duvet de toi n'ait fait un homme , Bel enfant, hâte-toi, reviens, reviens à Rome.

h lamurra.

Ce coureur éternel, Mamurra, ce pauvre homme, Lassé, se trouve, un jour, dans ce quartier de Rome Où mille magasins pleins d'objets précieux Étalent à F envi leur richesse, à nos yeux.

Déjà tout le séduit, et le charme, et le tente. Ici, ces beaux enfants que l'on expose en vente; Non de ceux qu'à nous, peuple, on laisse regarder ; Mais d'autres qu'en réserve on a soin de garder. Plus loin il entre, et fait sous prétexte d'emplettes, Descendre les ballots des plus hautes tablettes. Une table lui plaît, qui peut appareiller Sa table magnifique en bois de citronnier; Il examine , il ouvre, il tourne cette table Incrustée en écaille, et d'un goût admirable; Mais, las ! après avoir mesuré quatre fois, Il s'aperçoit qu'elle est trop courte de trois doigts ! Grand connaisseur, un rien à son goût porte atteinte; Il sent l'airain pour voir s'il est bien de Corinthe; Et rigide censeur des plus rares travaux.

A Polyclète ( l6 ) même il trouve des défauts. Six vases de cristal défiaient la censure :

Quidquid et a nivea grandius aure sonat.

Sardonychas veros mensa qusesivit in omni ,

Et pretium magnis fecit iaspidibus.

Undecima lassus quum jam discederet hora ,

Âsse duos calices émit , et ipse tulit.

Ad Auctam. — lo>. ix, e p . 83.

Lector etauditornostrosprobat, Aucte, libellos,

Sed quidam exactos esse poeta negat.

Non nimium euro : nam cœnae fercula nostrae

Malim convivis, quam placuisse coquis.

Ad Condylum. — ub. ix, e p . 03.

Quaemala sintdomini, qu* servi commoda nescis,

Condyle, qui servum te gémis esse diu.

Dat tibi securos vilis tegeticula somnes;

Il les prendrait bien ; mais. . . . l'eau n'en est pas bien pure ! Ce qu'il voudrait ce sont d antiques vases d'or Ciselés parla main du célèbre Mentor ( 17 ).

Il cherche une émeraude et deux perles pareilles, Pour en faire une bague et des boucles d'oreilles. Montrez-moi des rubis, des jaspes, des onyx, J'achète tout, dit-il, et tout au plus haut prix. Notre homme, ainsi, du jour atteint la dernière heure, Et, toujours marchandant, regagne sa demeure.

À Àuctus.

De mes vers les lecteurs ne disent que du bien ; Un poète envieux dit qu'ils ne valent rien.

Je ne m'en inquiète guère ; Si mon dîner aux convives peut plaire ,

Je consentirai volontiers

Qu'il déplaise à des cuisiniers.

À Condylos.

O Condylus, tu ne sais pas Toi qui te plains de l'esclavage, Combien le maître a d'embarras , Combien l'esclave a d'avantage :

Pervigi] in pluma Caius, ecce, jacet.

Caius a prima tremebundus luce salutat

Tôt dominos : at tu, Condyle, nec dominum.

Quod debes, Caï, redde, inquit Phœbus, et illinc

Cinnamus : hoc dicit, Condyle, nemo tibi.

Tortorem metuis? podagra, cheragraque secatur

Caius; et raallet verbera mille pati.

Quod nec mane vomis, nec cunnum, Condyle, lingis,

Non mavis , quam ter Caius esse tuus?

H>ÇHO-

De Paulla. — ub. x, e p . s.

Nubere Paulla cupit nobis; ego ducere Paullam Nolo; anus est : vellem, si magisessetanus.

Dc 86. — Lib. X. Bp.9.

Undenis pedibusquè, syllabisqiie r

Tu trouves te sommeil sur le plus mauvais lit. Flaccus ne peut dormir sous l'ouate enseveli ;

Et pendant que tu dors encore,

Tremblant, il faut que, chaque jour ,

Il aille, au lever de l'aurore,

A cent maîtres faire la cour, Lorsque toi-même au tien, tu ne dis pas bonjour. Un créancier fait visite à ton maître :

C'est pour demander de l'argent; Il le demande en menaçant, peut-être , As-tu jamais eu peur que l'on t'en fît autant? Tu crains le commandeur; mais ton maître redoute Bien pire que le fouet : la gravelle et la goutte. N'aimes-tu pas mieux être esclave, et cent fois pis

Que d'être maître à pareil prix?

HW-O-

De Paulla.

Pau 11 a partout dit que vous l'épousez. Oh! non : elle est pour moi trop vieille et pas assez

h lui-même.

Je suis ce Martial, connu de l'univers

Et mullo sale , nec tamen protervo , Notus gcntibus ille Martial is , Et notus populis : quid invidetis ?

Non sum Andraemone notior Caballo

-••«re-

in Gaium. - lu. x, Bp. 16.

Si donare vocas promittere nec dare, Caï;

Yincam te donis , muneribusque meis.

Âccipe Cal 1 aie i s quidquid fodit Àstur in arvis,

Aurea quidquid babet divitis unda Tagi ; Quidquid Erythraea niger invenit Indus in alga ,

Quidquid et in nidis unica servat avis ; Quidquid Agenoreo Tyros improba cogit aheno ;

Quidquid habent onines, accipe, quomodo das.

De morte Vari

. — Lib. X, Ep. 26.

Vare , Paratonias Latia modo vite per urbes . -Nobilis, eteentum dux memorande viris; At nunc Ausonio frustra promisse Quirino,

Par sa malice consommée Et par le mordant de ses vers :

Vous enviez ma renommée; Mais, vraiment, je ne sais pourquoi :

Le cheval Àndrémone est plus connu que moi.

À Caîus, grand prometteur.

Si tu nommes donner, promettre sans tenir, Je puis te surpasser, et donner davantage; Reçoit donc les trésors que peuvent contenir Les mines de Galice et les ondes du Tage, Les perles que l'Indien dans l'algue va chercher, Les parfums du Phénix composant le bûcher ; Enfin, pour parler ton langage , Mon cher ami, prends tous nos biens....

Comme tu nous donnes les tiens.

De Varos, mort en Egypte.

Varus, ô toi, si jeune encore , Illustre ami, toi que décore Et que distingue le cordon , Insigne du centurion (") ;

Hospita Lagsei litoris umbra jaces.

Spargere non licuit frigentia fletibus ora,

Pinguia nec mœstis addere thura rogis.

Sed datur seterno victuruin carminé no m en.

Numquid et hoc, fallax Nile, negare potes?

Àd Sexlilianum. - lu. x, e v . 29.

Quam mihi mittebas Saturni te m pore lancem , Misisti dominas , Sextiliabe, tuae ;

Et quam donabas dictis a Marte Ralendis ?

De nostra prasina est synthesis empta toga.

Jam constare tibt gratis cœpere puellse ; Muneribus futuis , Sextiliane, meis.

Faut-il que l'ingrate Péluse ( w ), Malgré nos vœux les plus ardents, Impitoyable, te refuse A nos tendres embrassements.

Ton ombre, d'une rive impie S'élance en vain vers J'Ausonie ; Et Rome attendra vainement Ce retour promis si souvent; Mais si le sort inexorable, Dans le chagrin qui nous accable N'a pas permis à nos douleurs D'arroser ton corps de nos pleurs, Va, grâce au Dieu de l'Harmonie , Mes* vers te rendront à la vie; Et ton nom à jamais fameux Vivra chez nos derniers neveux.

A Sexliliamis.

Tous les cadeaux qui m'étaient destinés

A ta maîtresse sont donnés;

Et c'est à moi que tu dérobes

Ses bijoux et toutes ses robes.

Pour elle en me privant de tes riches présents, Tu t'amuses gratis, on t'aime à mes dépens.

h Calliodwum. - lu. x. s p . si.

Addixti servum nummis hère mille trecentis, Utbenecœnares, Calliodore, semel :

Nec bene cœnasti ; mullus tibi quatuor emptus Librarum cœnae pompa caputque fuit.

Exclamare libet : Non est hic, improbe, non est Piscis : homo est : hominem, Calliodore, voras.

\t imagine I. Antonii , ad Csditianum. - ub. x, Bp. œ.

Haec mihi quae colitur violis pictura , rosisque ,

VARIANTS

Les coupes, la vaisselle et l'urne Que tu m 9 offrais toujours aux fêtes de Saturne,

A ta maîtresse sont donnés; Et les habits qu'en mars tu m'avais destinés Serviront à payer cette robe admirable

Avec laquelle elle préside à table.

Ainsi tu peux l'aimer sans qu'il t'en coûte rien. C'est moi qui fais les frais de tout son entretien

De Calliodore, gourmand.

Pour acheter un beau saumon ,

Calliodore vend, dit-on,

L'esclave qui lui reste encore;

Et le gourmand Calliodore

Croit vraiment manger un poisson,

Quand c'est un homme qu'il dévore !

A Cécilianus , du portrait d Albinos Primus.

Tu veux connaître la personne

Quos référât vu] tus, Cseditiane. rogas ?

Talis erat Marcus mediis Antonius annis

Primus ' in hoc juvenem se videt ore senex.

Ars utinam mores , animumque effingcre possel ! Pulchrior in terris nulla tabella foret.

-OÔO-

In Procoleiam. - m. x, e v . 4i .

Mense novo Jani veterem, Proculeia, inaritum

Deseris, atque jubés res sibi habere suas.

Quid, rogo, quid factum est? subiti quae causa doloris ?

Nil mihi respondes? dicam ego, Praetor erat.

Constatura fuit Megalensis purpura centum

Millibus y ut nimium munera parca dares ; Et populare sacrum bis mil lia dena tulisse*.

Discidium non est hoc, Proculeia ; lucrumest.

Que représente ce portrait ; Portrait pour moi si plein d'attrait, Que chaque jour de roses j'environne Et pour lequel je tresse une couronne Qu' entaillent les plus belles fleurs?

Tel était mon Albin dans Tété de son âge;

Et le printemps encor brillait sur son visage ; Ah ! de son âme et de ses mœurs.

De son esprit brillant et sage, Par quelque procédé nouveau QuenVt-on pu peindre l'image !

On n'aurait vu jamais un aussi beau tableau.

 Proculée.

Un de nos bons amis vient de me l'annoncer, D'avec ton vieux mari tu vas donc divorcer ?

Alors, dis-moi, pourquoi cette douleur si grande ? Tu ne dis rien? je vais répondre à ma demande.

Tu le sais bien, ton époux est préteur.

A Rome on paie cher un aussi grand honneur :

On célèbre à ses frais les fêtes de Cybèle :

Ces frais sont grands pour peu que la fête soit belle !

Vingt mille écus te seraient enlevés Par cette fête populaire, Qui par cette manœuvre auront été sauvés.

\ *Vv

Ad fhilerotem. — ia>. x, b?. 43.

Septima jam , Phileros, tibi conditur uxor in agro. Plus nulli, Phileros, quam tibi, reddit ager.

h deliealum lectorem. — ub. x, Ep. 45.

Si quid lene mei dicunt et dulce libelli , Si quid houorificum pagina blanda sonat ;

Hoc tu pingue putas , et costam rodere mavis, Ilia Laurentis quum tibi demus apri.

Yaticana bibas, si delectaris aceto;

Non facit ad stomachum nostra lagena tuum.

La séparation que vous prétendez faire, C'est-il bien un divorce, ou c'est -il une affaire ?

À Fhiléros.

Sept femmes gisent dans ton champ :

Quel champ jamais rendit autant!

A m lecteur difficile.

Du plus beau sanglier du pays des Latins

Si je t'offre les intestins :

Par quelques vers flatteurs, parfois , de mon ouvrage Si je veux adoucir la rudesse sauvage,

Suivant toi, les vers sont trop plats,

Et les intestins sont trop gras ; Une côte à ronger te plairait davantage.

A l'aigre Vatican tu donnes l'avantage

Sur nos vins les plus délicats.

Tel est ton goût? c'est à merveille; Mais nous ne boirons pas à la même bouteille.

Ad Julium larlialem. - lu. x, e v . ai.

Vitam quae faciunt beàtiorem , Jucundissime Martial is, haecsunt :

Res non parta labore, sed relie ta ; Non ingratus ager; focus perennis; Lis nunquam ; toga rara ; mens quieta ; Vires ingenuse; salubre corpus ; IVudens sitnplicitas ; pares amici ; Convictns facilis; sine arte mensa ; Nox non ebria , sed sol ut a curis ; Non tristis torus , et tamen pudicus ; Somnus , qui faciat brèves tenebras ; Quod sis | esse velis, nihilque malis; Summum nec metuas diem , nec optes.

À un ami.

Pour me rendre à jamais heureux, Et mettre le comble à mes vœux, Ami (tu sais que je suis sage), Il me faudrait en héritage Les gros revenus sans travail D'une terre affermée à bail :

Bonne chère et jardin fertile ; Point de procès, l'esprit tranquille, Point de faste, ni d'honneurs vains :

L'esprit et le corps toujours sains , Qu'à table, autour de moi s 1 assemblent Quelques amis qui me ressemblent.

Que Morphée abrège mes nuits :

Qu'un lit d'où fuient les ennuis Et la débauche et la tristesse , Donne un asile à la sagesse, Mais ne bannisse pas l'amour.

Avec ces biens, pour ne rien feindre, Du sort je ne saurais me plaindre ; Et j'attendrais mon dernier jour Sans le désirer ni le craindre.

Ad Fauslinum. ut. z, e p . 51.

Sidéra jamTyrius Phryxei respicit agni

Ta unis, et a Item u m Castora fngit hiems.

Ridetager, vestitur humus, vestitur etarbos;

Ismarium pellex Attica plorat Ityn.

Quos, Faustine , dies , qualem tibi Roma Ravennain

Abstulit? o soles ! o tunicata quies! O nemus, o fontes, solidiimque madentisarerve

Litus, et œquoreis splendidus Ànxtir aquis ; Et non unius spectator lectulus undrc,

Qui videt hinc puppesfluminis; inde maris!

Sed nec Marcel li, Pompeianumque , nec illic

Sunt triplices thermae, nec fora juncta quater; Nec Capitolini summum penetrale Tonantis ,-

Quaeque nitent cœlo proxima templa suo.

Dicere te lassum quoties ego credo Quirino !

Quae tua sunt, tibi habe ; quae mea , redde inihi.

À Faustious. — Le printemps.

Déjà de Tyr lorsque le fier taureau

Pénètre au signe de l'agneau ;

Que Castor chasse la froidure; Et que le sol revêt sa riante parure :

Quand l'arbre entr ouvrant ses bourgeons,

Déjà nous promet tous ses dons,

Laisse Rome, et viens à Ravenne ("j Jouir de ces beaux jours que le printemps ramène. Dans nos prés, dans nos bois, sur le sable d' Anxur (*), Que les flots caressants savent rendre si dur; Anxur, qui de mou lit, à la fois, à ma vue Offre sa mer tranquille et sa rivière émue.

Va, nous payons bien peu des plaisirs aussi grands, Ce ciel toujours si pur, cette arène, ces champs. Ici, les dieux contents de modestes retraites, De temples somptueux n'élèvent pas les faîtes. Ton théâtre, ô Pompée, et le tien, Marcel lus, A nos regards charmés ici ne s'offrent plus.

Il est au sein de Rome, il faut que je l'avoue, Cent merveilles encor qu'on admire et qu'on loue ; Mais au vaste Forum, agrandi quatre fois, Je préfère nos prés, nos ruisseaux et nos bois ; Et lorsqu'un citadin, dans son pompeux langage A Rome sur nos champs veut donner l'avantage :

IpilapkiiHB Scorpi. — ub. x, s?. 53.

Ille ego sum Scorpus , clamosi gloria Circi , Plausus , Roma , tui , deliciaeque brèves :

Invida quem Lachesis raptum trieteride nona, Dum nu me rat pal mas , credidit esse senem.

De Polla. - Lib. x, Ep. 69.

Custodes das, Polla, viro; non accipis ipsa.

Hoc est uxorem ducere, Polla , virum.

Garde, lui dis-je alors, le lot qui t'appartient, Quanta moi, grâce aux dieux, je suis content du mien.

Epilaphe de Scorpos, célèbre conducteur de chars.

Rome, je suis Scorpus, qui dans tes jeux bruyants , Si souvent ai reçu tes applaudissements.

Avant trente ans je meurs , Rome, tu t'en étonnes? Lachésis me crut vieux, en comptant mes couronnes !

De Polla , gouvernant son mari.

Chez toi tu commandes en dame, Partout ton époux est suivi :

Pau lia ? te voilà la mari , Et ton mari sera le femme.

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