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Quatuor et tantum limidumque brevemque libellum Commendet verbis : Hune tua Roma legit.
In PostbumuQi. - m. xn, b v . 12.
Omnia promittis, quum tota nocte bibisti :
Manenihil prestas. Posthume, ma no bibe.
Ad Priscum. - lo>. xn, e v . 14.
Parcius utaris, moneo, rapiente veredo, Prisce, nec in lepores tain violentus eas. *
Saepe satisfecit praedae venator, et acri Decidit excussus, nec rediturus, equo.
Insidias et campus habet : nec fossa, nec agger, Nec sint saxa Kcet, fallere plana soient.
Non deerunt qui tanta tibi speclacula praestent,
Offrir mes premiers vers à l'empereur lui-même. En quatre chants succincts ils sont tous contenus, Et dans le monde entier ils sont déjà connus. Pour les recommander à notre chef suprême, Qu'il dise seulement : Ta Rome les a lus.
Que pourrait-on dire de plus ?
Contre Posthumus.
Tu promets tout, le soir, enivré d'un bon vin ; Le matin, il n'est plus traces de tes promesses.
Pour qu'on connaisse tes largesses
Il faut t'enivrer le matin.
•oe*-
A Prisais.
De tes chevaux, Priscus, modère un peu l'ardeur ; Ne courre pas le lièvre avec tant de fureur.
Je te l'ai dit souvent, et je te le répète :
Ami, souviens-toi bien que l'innocente bête Parfois a des vengeurs ; et plus d'un cavalier Ne remontera plus sur son fougueux coursier.
D'embûches, en tous lieux, les campagnes sont pleines; Mais ne trouvât-on pas d'obstacles dans les plaines.
Invidia fati sed leviore cadant.
Si te délectant animosa pericula, Tuscis
(Tutior est virtus) insidiemur apris.
Quid te fraena juvant temeraria? saepius illis,
Prisée, datum est equitem ru m père, quanti leporem.
In Lenlinum. — lo>. xil e p . n.
Quare tara multis a te, Lentine, diebus
Non abeat febris, quaeris, et usqtie gémis.
Gestatur tecum pariter, pariterque lavatur : /
Cœnat boletos, ostrea, sumen, aprum.
Ebria Setino fit saepe, et saepe Falerno :
Nec nisi per niveam Caecuha potat aquam.
Cireumfusa rosis, et nigra recambit amonio ;
Dormit et in pluma, purpureoquo toro.
Quum sit ei pulchre, quum tam bene vivat aptid te,
Ad Damam potius vis tua febris eat?
Et le terrain fût-il avec soin aplani ,
Plus d'un cheval s'abat sur un sol bien uni.
Reste : plus d'un pour toi va courre sur la voie
Qui n'offre pas au sort une aussi belle proie.
S'il te faut des périls, ah! choisis les moins grands;
Et fais plutôt la guerre aux sangliers toscans;
Mais je me sens saisi du frisson de la fièvre
Quand je vois ces chevaux menés à si grand train ;
Et quand je sais, surtout, qu'on est bien plus certain
De forcer le cheval que de forcer le lièvre.
A Lènlinus.
Peux-tu te plaindre et t'étonner
Qu'après un si long temps la fièvre
Ne veuille pas t'abandonner !
Tu vas partout la promener :
De champignons, d'huîtres, de lièvre
Tu la régales à dîner !
De Falerne elle est abreuvée;
Et, malgré Tordre des docteurs,
Boit le cécube à l'eau glacée.
Parmi les parfums et les fleurs,
Dans un lit de pourpre placée ,
Sur le duvet elle est bercée :
Pourrait-elle être mieux ailleurs ?
le Amilio. - l». xn, e v . 19.
In thermis sumit lactucas, ova, lacertum, Et cœnare foris se negat iEmilius.
In Fabullu», ~ l*, xn e v . 20
Quare non ha beat, Fabulle, qu&ris Uxorem Tliemison? Habet sororem.
Ad larciilsuD. — ju*. xn B*n*
Municipem rigidi quis te, Marcella, Saloois, Et genitam nostris quis pu tel esse loris?
Tarn rarum, tam dulce sapis : Pallatia dicent, Audîerint si te vel semel, esse suam ;
Nulla nec in média certabit nata Suburra,
Nec Capitolini collis alumua tibi.
. Nec cito ridebit peregrini gk>ria parti»,
B Eoiiiea , vorace.
Ivre des vins, rassasié des mets Que l'on sert avec abondance A la buvette d'Alvarez, Emilien dit avec assurance :
Hors de chez moi je ne dîne jamais.
1 Fabullus.
De prendre femme Emile a peur ; C'est trop de train : il a sa sœur.
-+oo-
1 larcella , sa femme.
Marcella, qui croirait que tu reçus le jour Dans Salona, cet agreste séjour !
Est-il une Romaine, est-il une étrangère Dont Rome doive être aussi fi ère?
Subur, le Capitole et son noble coteau Ont-ils jamais rien produit de plus beau!
Tant de douceur est chez toi réunie , A tant d'attraits, d'esprit et de génie,
Romanam deceat quam magis esse uurum.
Tu desiderium dominse mihi mitais urbis Esse jubés : Romam tu mihi sola facis.
In Lriiam. — ub. xu 9 Bp. 23.
Dentibus atque comis, nec te pudet, uter^etnpti^
Quid faciès oculo, Lœlia ? non emitur.
h avanim amicum. — ub. xu. e v . se.
Sexaginta teras quum limina mane senator, Esse tibi videor desidiosus eques ,
Quod non a prima discurram lucepérlîrbem, Et referain lassus basia mille doinum.
Sed tu purpureis ut des nova nomina fastis, A n t Numidum gentes, Cappadocumve peta*;
Qu'en te voyant seulement une fois, Il n'est aucune femme au Palatin, je crois, Qui te résiste et te renie.
Non, rien n'est plus doux pour mon cœur Que tes succès et ton bonheur.
Tu me fais supporter sans peine L'absence de la cité reine , Et désormais Rome pour moi N'est plus qu'aux lieux où l'on te voit.
Contre Lesbia.
Tu peùfc bien acheter des dents et des cheveux ; Mais, hélas ! Lesbia, l'on ne vend pas des yeux!
-oô-o-
À un ami avare.
Lorsqu'on te voit, illustre sénateur, De grand matin, avec autant d'ardeur Visiter les palais de nos grands personnages , Pour offrir le premier tes vœux et tes hommages, D'un chevalier obscur, sans crédit, comme moi, Qui vit sans nul espoir d'obtenir un emploi, Peux-tu, vraiment, gourmandant la paresse,
At raihi, quem cogis medioaabrumpere somnos,
Et matutinum ferre patique lutum, Quid petitur? rupta quum pes vagus exit aluta,
Et subi tus crassae decidit imber aquac; Nec venit ablatis clamatus verna lacerais :
Accedit gelidam servus ad auriculam, Et, Rogat ut cœnes secum Lœtorius, inquit.
Viginti nummis non ego malo famé m? Quod sit cœna mihij tibi stt provincia merces,
Et faciamus idem, nec mereamur idem.
Vouloir qu'avant l'aurore, éveillé, je m'empresse De présenter mes salutations
À mes mille avares patrons.
A ce métier que gagnerais-je?
Souvent, couvert de boue, imbibé de sueur,
Quand la maison d'un protecteur Contre un subit orage un peu tard me protège, Quand l'eau ruisselle, hélas! de mes habits trempés,
Inattentifs avec adresse,
Ses valets sont trop occupés
Pour apercevoir ma détresse,
Pour m'offrir d'autres vêtements, Et changer mes souliers d'où F eau coule à torrents. Un d'eux, pourtant, m'aborde avec un doux langage : Ijétorius, dit-il, à dîner vous engage !
Quant à toi, du moins, si tu cours
Toute la ville et ses faubourgs,
C'est avec la ferme assurance
D'une brillante récompense; Et tes courses, sans doute, auront pour résultai, Ou le gouvernement d'une province immense,
Ou la pourpre du consulat.
Entre nous deux , vois quelle différence !
Pour mes peines, à moi, quelle est mon espérance?
Un dîner!... un dîner!... ma foi J'aime encor mieux mourir de faim chez moi.
Ad Aprtn. — ià. xn. e p . ao.
Siccus, sobrius est Aper : quid ad me ?
Servum sic ego laudo, non amie u m.
k hortis larcclte wons. - l*. xu. sp. ai.
Hoc nemut» hi fentes, haec textilis timbra supini
Palttiitis, hoc riguae ductile flumen aquse ; Prataque, nec bifero cessura rosaria Paesto ;
Quodque viret Jani mense, nec alget olus; Quaequç natat clusis anguilla domestica lymphis*
Quaeque gerit similes candida turrts aves ; Munera sunt dominas post septima lustra reverso :
Has Marcella domos, parvaque régna dédit.
Si mihi Nausicae patrios concederet horto*,
Alcinoo possem dioere, Malo meos.
ii . • l •
•«• ! il
Aper.
Aper est sobre, et jamais il ne boit :
Eb ! vraiment 1 que m'importe à moi !
C'est dans un domestique une vertu qu'on cite; Dans un ami c'est un petit mérite.
-OQ4>-
U& jardins de larcella , sa home. , a
Ces forêts, ces ruisseaux et ces retraites sombres - ■ 1 1
Que forment ces palmiers entrelaçant leurs qprfjrqp;
Ce fleuve obéissant k la main qui le gui^e,
Et coulant, tour à tour, ou tranquille ou rapide;
Et tous ceâ prés couverts du rosier odorant :
Qu'on- vojty comme à Pœstum, fleurir deux fois par an; '
Et l'anguille^ captive au vivier domestique ;
L'arbuste de la paix, le robuste olivier,
Qui brave, toujours vert, les frimas de janvier;
Les oiseaux habitants de cette tour antique ;
Après trente printemps, à mon retour, voilà
Les dons que tu me fais, ma chère Marcel la.
Aussi, crois-moi, ma souveraine,
En échange de ce domaine
Que ton amour me concéda, Si Nausica m'offrait les jardins de son père,
Ad Jnliun larlialem. - m. xn, e p . 34.
Triginta mihi quatuorque messes Tecum, si memini, fuere, Juli :
Quamm dulcia mixta sunt amaris ; Sed jucunda tamen fuere plura.
fit si calculas omnis hue et illuc Di versus bicolorque digeratur , Vincet candida turba nigriorem.
Si vitare velis acerba quœdam, Et tristes animi cavere morsus, Nul H te facias nimis sodalem.
Gaudebis minus, et minus dolebis.
Ad CalUstraloin. - m. xn, Bp. 36.
Tanquam simpliciter mecum, Callistrate, viras, Dicere percisum te mibi saepe soles.
Je lui dirais : les miens sont moins beaux , Nausica, Et cependant je les préfère.
A Jules.
Jules, s'il m'en souvient, depuis trente printemps Qu'une tendre amitié nous voit unis ensemble ; Pendant ces temps divers, si mêlés, il me semble, Et de chagrins amers et de plaisirs charmants, Si j'avais bien marqué, pour aider ma mémoire, Tous nos jours malheureux avec la pierre noire, Sans doute, on trouverait dans ces comptes-courants, De notre temps passé la trop fidèle histoire, Que les jours sans tourments et que les jours heureux Auraient encore été les jours les plus nombreux. Crois-moi, pour éviter mille douleurs mortelles. Et des soucis rongeurs les morsures cruelles, Mets un frein à ton cœur : crains d'être trop ami : Ton plaisir sera moindre et tes peines aussi.
1 Callisirate.
Ingénument lorsqu'avec moi tu causes , Tu me contes mille méfaits ;
Non es tam simplex quam vis, Callistrate, credi : Nam quisquis narrât talia, plura tacet.
h Labullnm. - ub. xn, e p . 36.
Lihras quatuor, aut duas amico, Algentemque togam, brevemque laenaw Interdum aureolos manu crêpantes, Possînt ducere qui duas Kalendas, Quod nemo, nisi tu, Labulle, donas; Non es, crede mihi, bonus : quid ergo?
Ut veratn loquar, optimus malorum.
Pi son es, Senecasque, Memmiosque, Et Crispos mihi redde, sed priores.
Fies protinus ultimus bonorum.
Vis cursu pedi busqué gloriari ?
Tigrim vince, levemque Passerinum.
Nulla est gloria prœterire aselios.
Mai* tu sais bien ce que tu fais; Et quand on dit de telles choses, C'est pour cacher de grands secrets!
A Labullus.
Pour me donner parfois une toge qui gène, Un manteau court, quelques pièces d'argent Qui peuvent me mener à peine Jusqu'à la fin delà semaine,
Peux-tu te croire et magnifique et grand ?
Ah ! tes prétentions à ce titre font rire.
Pour quelques dons qui sont si peu coûteux, Quoi! tu voudrais passer pour généreux! - >
— Que suis-je donc, dis-tu ? Ma foi, pour te vrai dire,
Des 'hommes tu n'es pas le pire; Mais rends-moi les Pisons, Sénèque, Memmius : Rends encor les Prisais; mais ceux qui ne sont plus, Surtout, sois grand comme eux: à ces heureux symptômes Jeté reconnaîtrai pour le meilleur des hommes.
— D'autres ne donnent rien? — Aussi vaux-tù bien mieux; Pour être juste, il faut te placer avant eux;
Mais ce mérite est mince, ami, tu peux m'en croire; Pour obtenir le prix, un rapide coursier Doit passer à la course un cerf, un lévrier : A devancer un âne aurait-il quelque gloire!
In. PoBliliaooffl. — lu. xn, b v . *o.
Mentiris? credo : recitas mala carmina? laudo : Cantas? canto : bibis, Tontiliane? bibo.
Pedis? dissimulo : gemma vis ludere ? vincor. Res una est, sine me quam facis, et taceo.
Nil tarnen oranino prastas mihi ; mortuus, inquis,
Àceipiam bene te : nil vola ; sed morere.
•+QO-
Id Tuceam. — w>. xu, e v . m.
Non est, Tucca, satis, quod es gulosus :
Et dici cupis, et cupis videri.
A PoDlibanitt.
Pontilien, tu ments, et je te crois ; J'applaudis à deux mains et tes vers et ta prose j Veux-tu chanter? je chante; enfin, bois-tu?, je bois.
Si nous jouons, jamais je n'ose
Sur cent te gagner une fois.
Cependant, il est une chose
Que sans moi tu fais toujours bien ;
Mais ici je n'en dirai rien.
Dis, que m'as-tu donné pour prix de mes bassesses? — À ma mort, me dis-tu, tu verras mes largesses. Alors, si c'est ainsi que cela doit finir, Pour combler tous mes vœux hâte-toi de mourir.
• 1 Tuera.
Tucca n'est pas gourmand, il n'est pas sensuel; Mais son plus grand bonheur est dépasser pour tel.