‹ Les Épidémies de PneumonieChapitre 18 sur 23 · INFLUENCE DES CONDITIONS INDIVIDUELLES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES CONDITIONS INDIVIDUELLES

Age. — Aucun âge ne met à l'abri de la pneumonie. Celle-ci frappe l'enfant jusque dans la vie intra-utérine.

L'âge mûr, la vieillesse ne sont pas davantage éparonés. Aussi avons-nous vu dans nos épidémies que presque indistinctement ces divers âges sont frappés. Cependant il apparaît bien que l'enfance et la vieillesse sont les périodes ‘de la vie les plus chargées de pneumonies. Cela doit-il nous étonner aujourd'hui avec les

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connaissances que nous possédons sur la défense de l'organisme? Nous savons que nos humeurs s’aguerrissent contre les attaques des étrangers malfaisants, des microbes, qu'elles fabriquent pour combattre les envahisseurs des armes appropriées. Mais il faut du temps; il faut que nos organes fonctionnent normalement ; il faut enfin que l'attaque de l'adversaire ne Soit pas trop vive. Car si pour une-cause quelconque la virulence du microbe se trouve exaltée, l'organisme de l'enfant, qui n'est pas encore prêl pour la lutte, succombera un des premiers, et celui du vieillard, bien qu'il soit en possession d’un arsenal bien fourni, n'ayant plus que des armes rouillées, usées d’avoir trop servi, succombera aussi à son tour. C’est vouloir dire, en d’autres termes, que les enfants et les vieillards ont une résistance plus faible que les adultes.

Sexe. — L'on admet en général que l'homme est plus souvent atteint de pneumonie que la femme. Dans les épidémies que nous avons étudiées, les cas nous paraissent à peu près également répartis. Nous avons même vu dans une observation des plus récentes, dans l'épidémie de Mongour et Got, que dans un hospice de vieillards où : les conditions étaient identiques, le côté des femmes fut frappé exclusivement.

Les auteurs qui croyaient à la plus grande prédisposiion de l’homme observaient surtout dans les hôpitaux ; sans tenir comple de ce fait que la femme consent beaucoup moins volontiers que l'homme à se faire soigner à l'hôpital, d'où l'explication de cette erreur dans les statistiques.

Race. — Les statistiques anglaises reproduites par Grisolle semblent établir que dans les troupes coloniales

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les soldats nègres sont plus fréquemment frappés de pneumonie que les soldats blancs. Nous avons vu aussi dans l'épidémie de Rodman que les prisonniers noirs étaient plus atteints que les blancs. Sur 25 cas de pneumonte mortelle il compta 21 nègres et seulement un blanc. Mais il faut remarquer dans ce cas que les nègres étaient logés aux étages les plus élevés de la prison, c'est-à-dire à ceux qui avaient le plus à souffrir d'une hygiène particulièrement déplorable.

Conslilulion. — D'après l'assertion d'Hippocrate, il faudrait regarder les sujets à consüutution robuste comme plus souvent atteints de pneumonie que les individus à constitution débile. L’on a cru pendant longtemps, en effet, que les hommes forts étaient plus souvent affectés de pneumonie que les hommes faibles. Hest certain qu'on voit souvent celte maladie frapper des sujets doués d'une santé florissante et d’un tempérament vigoureux. C'est sans doute cette observation journalière qui a fait naître une telle opinion, surtout à l’époque où les moyens de diagnostic encore rudimentaires ne permettaient guère de reconnaître la pneumonie que chez les hommes doués de toute leur paissance réactive, tandis qu'on la méconnaissait facilement chez les faibles, les cachectiques, les sujets déjà épuisés par une autre maladie.

. D'autre part la constatation des épidémies de pneumonie dans les prisons, dans les agglomérations éprouvées par le jeûne ou la fatigue, dans les endroits où les lois de l'hygiène sont peu ou mal appliquées, sa plus grande gravité chez les enfants et les vieillards témoignent que cette affection ne s'écarte pas des règles communes et qu’elle a d'autant plus de prise sur l'organisme que celui-ci est plus faible

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