‹ Les épigrammesChapitre 17 sur 31 · LIBER LIBRO · texte numérisé non relu

LIBER LIBRO

Du fond de moi je sens ton appel, ô refug-c, 0 tiède abri, Pensée, endormeuse d'amour,

Où l'instinct trouve enfin son jii^e,

Et l'esprit pur enfin son jour. ..

Quand un cœur de désir, trop long-temps solitaire, A perdu toute force à se laisser souffrir, Une heure, une heure vient, qu'il ne veut plus se taire Et cherche un confident qui l'entende mourir.

A l'appel muet de sa peine,

Un écho profond encore endormi, Les mille lèvres d'or de la grande âme humaine,

Les feuillets du Livre ont frémi ! . . . Et voici qu'au soupir de cette immense haleine

Le pauvre cœur s'est raffermi.

GXXV

Je quitterai, s'il faut, Tamour Pour mieux réapprendre la Joie.

Le divin Rire aura son tour Dans cette âme fermée au jour Et qui du souci fut la proie.

La saine espérance en mon cœur Rayonnera comme une aurore!

J'eus trop de foi dans la douleur, Dans cette vertu du malheur En quoi l'infortune s'adore.

Fi d'une ivresse sans g'aîté !

Trop long"ue souffrance est impure.

Toute foi vit de liberté, Toute science, de clarté.

L'Ordre n'est loi qu'en la Nature.

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