CLOCHES LOINTAINES
Cloches lointaines, molle ivresse Oui remonte en moi d'un passé Dont rien n'est encore effacé, Douces cloches de ma jeunesse!
Ce soir, la reconnaissez-vous, Cette âme qui fut ingénue Quand elle s'offrait, blanche et nue.
Au désir, son premier époux?
Ig-norante, elle était heureuse Et, vierge, dans un corps nouveau Qu'elle faisait allègre et beau, Elle ravonnait, l'amoureuse l
Cloches qui m'attirez là-bas Au g-outrre de mes espérances, Sirènes, j'aime la soufl-rance Dont m'oppressent vos tendres glas!
Ruisselez sur la pauvre vie, Nymphes des naïves amours !
Mon cœur s'abreuvera toujours A vos urnes de nostalg"ie,..
5o LES ÊPIGHAMMES
J'ai négligé Dieu pour l'amour des femmes,
Leur amour pour ton seul amour, Et si maintenant je t'ai sans retour Perdue, ô railleuse, et que tu m'en blâmes, Me voici sans loi ni sans foi, Dans ma détresse sans seconde, Me voici solitaire au monde, Sans Dieu, sans amour et sans toi.
LES ÉPIGRAMMES 5l