DÉFINITION ET DIVISION
datent les divisions dans le domaine de l'épilepsie. Depuis longtemps des convulsions épileptiformes qui avaient pour caractère de se présenter par crises sérielles et paraissaient en rapport constant avec certains phénomènes physiologiques ou pathologiques toujours les mêmes, avaient été distraites du groupe comitial sous le nom d'éclmnp.sie. Les convulsions de l'enfance^ les convulsions des femmes en couches, les convulsions urémiques, etc., ont été éliminées du cadre de l'épilepsie, bien que les phénomènes moteurs qui les constituent principalement, et les troubles psychiques qui les accompagnent, ne diffèrent pas sensiblement de ceux du mal comitial.
Cette éUmination du cadre de la névrose des affections dites épileptoïdes s'accentue chaque fois que l'on met en lumière une circonstance capable de provoquer un syndrome épileptique. Le domaine de l'épilepsie dite idiopathiqiie se rétrécit tous les jours, tandis que les épilepsies sympathiques et symptomatiques augmentent sans cesse de nombre. Aujourd'hui môme, l'expression d'épilepsie idiopathique n'est plus comprise comme synonyme de celle d'épilepsie sans cause, mais bien de celle d'épilepsie de cause inconnue. L'épilepsie ne reconnaît pas pour c^iuse une lésion spécifique précise; il est bien établi au contraire que ses diverses manifestations se produisent en conséquence de lésions ou d'altérations fonctionnelles très diverses : l'épilepsie ne doit donc plus être considérée comme une maladie, mais comme un groupe de syndromes, les épilepsies, dans lequel il faut faire rentrer les éclampsies, qui sont en réalité des épilepsies aiguës, et l'éclampsie partielle qui paraît destinée à éclairer la pathogénie des autres formes.
Les syndromes épileptiques peuvent être divisés en quatre groupes principaux, suivant leur aspect général, suivant la prédominance de certains symptômes: 1° Syndromes moteurs, 2° syndromes sensoriels, 3" syndromes viscéraux, 4° sijndromes psychiques. Mais il est rare que ces syndromes se présentent à l'état de pureté, sans aucun mélange. En général, ils se combinent entre eux d'une façon plus ou moins intime : les syndromes moteurs, pour peu qu'ils soient intenses, sont précédés,
4 ÉPILEPSIES ET ÉPILEPTIOUES
accompagnés ou suivis de troubles sensoriels et de troubles psychiques ; les syndromes sensoriels s'accompagnent de phénomènes moteurs ou psychiques plus ou moins accentués; et les syndromes psychiques ne sont pas non plus purs de toute combinaison de troubles moteurs ou sensoriels ; enfin, lorsqu'on est en mesure de rechercher les troubles viscéraux, il est rare qu'on ne les retrouve point en relation avec les autres troubles.
Quelquefois cependant, les syndromes sont dissociés, et la manifestation morbide paraît constituée par un symptôme isolé qui ne peut être rattaché au groupe auquel il appartient que par son mode d'apparition , ou l'existence chez le môme individu ou dans sa race d'autres troubles de môme nature. Ces formes incomplètes constituent le groupe des épilepsies larvées.
Si les syndromes épileptiques, les épilepsies, qm reconnaissent des causes très diverses, diffèrent encore par leur marche et par leur forme, nous verrons qu'ils ne méritent pas moins d'être distingués au point de vue du pronostic et du traitement.
Nous allons passer successivement en revue ces différents syndromes, en insistant particulièrement sur les symptômes les plus importants ; mais l'épilepsie partielle nous occupera tout d'abord.