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pas rencontrée clans la statistique que j'ai donnée pour la Salpétrière et Bicêtre (1).
On pourrait se demander encore si la recrudescence matinale des accès ne pourrait pas être la conséquence de Taccumulation dans le sang, pendant la nuit, de matières convulsivantes (Bouchard).
Les attaques nocturnes d'épilepsie peuvent passer inaperçues, et cette circonstance peut rendre fort obscurs les phénomènes d'excitation ou de dépression qui leur succèdent, mais ces attaques n'offrent pas assez de particularités propres pour que l'on puisse admettre l'existence d'une forme spéciale d'épilepsie que l'on désignerait sous le nom d'épilepsie nocturne (2).
Certaines excitations associées à l'irritation qui a causé le premier accès, ou certaines sensations qui la rappellent, sont susceptibles de provoquer un nouvel accès ; tel était l'enfant cité par Van Swieten qui était devenu épileptique à la suite de la peur d'un chien, et qui chaque fois qu'il en entendait un aboyer, avait un nouveau paroxysme. Plus souvent, le début de l'action est précédé par le rappel automatique d'une circonstance qui a coïncidé avec le début du premier accès.
Toutes les causes qui sont capables de provoc[uer l'épilepsie ou de déterminer les accès peuvent agir sur la fréquence des paroxysmes de la maladie établie. Je n'insisterai pas de nouveau sur l'importance des excès alcooliques, des excès vénériens, des autres excitations dont l'action est plus ou moins irréguliôre. Les excitations multiples que les malades séquestrés trouvent dans les visites ou les sorties provoquent souvent des accès. J'ai prié M. Langlet, surveillant du service, de relever pendant six mois le nombre des accès qui se sont produits soit le jour d'une visite venue de l'extérieur, soit le jour ou le lendemain d'une sortie, comparativement à celui des accès qui sont survenus dans les périodes intercalaires. Du l'' décembre 1888 au 31 mai 1889, 52 malades, en 840 jours que nous nommerons fériés, ont eu 270 accès, soit 0,321 par jour et par malade, tandis que, dans
(!) Ch. Féré, l'Heure de la mort à la Salpôùrière et à Bicêtre. {C. R. Soc Biol 1888, j). 742.)
(2) Eclieverria, De l'épilepsie nocturne. {Ann. méd.j)sycholog}que, 1879, 1. 1, p. 177.)
316 ÉPILEPSIES ET ÉPILEPTIOUES
$.62-4 autres jours de séjour tranquille dans l'asile, ils ont eu seulement 1.462 accès, soit 0,169 par jour et par malade. Celte différence ne traduit pas exactement la réalité, car un certain nombre d'accès qui ont eu lieu pendant la sortie sont dissimulés ou ignorés. Il n'en résulte pas moins de ces chiffres qu'une libéralité mal entendue peut retirer à ces malades les avantages de l'isolement, en leur laissant les inconvénients de la séquestration.
Il n'est pas rare de voir des malades dont les attaques sont peu fréquentes présenter des recrudescences sous rinfluence de lésions traumatiques ou d'affections viscérales. Le traumatisme peut-il provoquer une recrudescence des accès chez un épileptique? Un épileptique observé par M. Piéchaud (1) succomba à des attaques subintranles à la suite d'un tj-aumatisme qui avait déterminé une déchirure du sinus latéral et une contusion cérébrale. J'en citerai encore un exemple.
Observation L\\\.— Épilepsie; rémission prolongée, recrudoscence sous l'inpnence d'un iranmaiisme. (Communiquée par M. Girou, d'Aurillac.)
M., sans antécédents héréditaires connus, a eu une bonne santé pendant toute sa jeunesse. 11 a été pris pour le service militaire en 1862. Son congé fini, il s'est rengagé pour sept ans. Il faisait partie de l'armée de Bourbaki en 1871. Après avoir beaucoup souffert du froid pendant plusieurs nuits, il eut sa première attaque d'épilepsie. Les atta- ({ues s'étant répétées à peu de jours d'intervalle, il fut réformé. Rentré chez lui, ses attaques sont devenues plus rares. 11 s'est marié. 11 a eu un enfant bien constitué. Ses attaques étant très rares, ni lui, ni sa femme ne s'en inquiétèrent, et il ne subit aucun traitement. C'était un ouvrier sobre et consciencieux qui ne man(|uait jamais un jour de travail. Cette accalmie dura dix ans.
En décembre 1881, il était à travailler de son état de sabotier, lorsqu'un voisni le pria de tenir un porc qu'il voulait abattre. L'incisive de ranimai lui fit une plaie profonde portant sur le dos de la main de la tète du deuxième métacarpien, traversant la tabatière anatomique et se terminant en avant au niveau de la partie moyenne du poignet. Il y eut une hémorragie abondante qu'un pharmacien arrêta avec du pcrchlorure de fer. Lorsque je le vis quelques jours après, il existait une paralysie ■du pouce, et une aneslhésie de deux doigts et demi pouvant s'expliquer par une double lésion du médian et du radial qui se trouvaient dans
(1) Charrier, De IW-pilepsia Irauinaliqnc et. consrcufwe mu- plaies de tête el de la trépanation comme moyen de traitement ; th., 187"), p. 28.
le champ de la plaie , mais dont on ne pouvait trouver les bouts dans une plaie anlVactueuse toute souillée de perclilorure de 1er.
La plaie guérit, mais l'anestliésie persista fort longtemps, et encore aujourd'hui (jauvier 1880), il n'existe dans la région qu'une sensibilité vague, et les mouvements du pouce sont toujours gênés.
Peu de jours après l'accident, une attaque d'épilepsie survint, bientôt suivie d'autres qui se succédaient presque de jour en jour. Cependant au mois de mars 1882, elles s'étaient calmées, il avait repris son travail. Le bromure de potassium avait été prescrit à la dose quotidienne de 5 grammes, mais le malade n'en avait pris que deux. Il eut alors une série d'attaques subintrantes pendant cinq heures consécutives. Lne série analogue se reproduisit en avril. L'année suivante il prenait le bromure, les attaques avaient repris leur ancienne allure, étaient plus rares. Son caractère ne s'était pas notablement altéré '; cependant, à de certains jours, il refusait d'aller travailler, se plaignant de céphalée, sans que sa femme se fût aperçue d'aucun trouble nocturne.
En janvier 1883, il était tranquille à son travail. Il part tout à coup,, l'œil hagard, le tranchet à la main, traverse une place et juste devant le commissariat de police lance un coup de tranchet à une dame qui passait à côté de lui et qui évite miraculeusement le coup. Il tombe à terre. On le relève, il ne se rappelle rien, et sur mon certificat, on le conduit a l'asile d'aliénés. Il y reste deux mois environ, sans délire, avec des attaques d'épilepsie fréquentes, mais s'éloignant sous l'influence du bromure et de l'hydrothérapie.
Il sort à la fin de mars ; mais le 15 juin, la scène qui l'avait conduit à l'asile se reproduit cà peu près identiquement. Il rentre cà l'asile avec des attaques plus fréquentes qu'à sa sortie. Sous l'influence du bromure ses accès convulsifs s'éloignent, mais il a des troubles vertigineux quotidiens et son intelligence s aflaiblit considérablement. ^
Eu novembre dernier, je lui montre son poignet et je lui demande comment il s'est fait cette plaie; il me raconte que c'est en tombant d'un arbre probablement étant enfant, car il se souvient d'avoir toujours eu cette cicatrice.
Si on le contredit, il se met en colère. Il off're d'ailleurs maintenant des inégalités d'humeur qui n'existaient pas auparavant.
Les iiKiIadies intercurrciites (1) aiguës ou chroniques médicales ou chirurgicales ont souvent une innuence sur la marche del'épilepsie ; tantôt elles déterminent pendant leur durée une suspension ou une diminution du nombre des attaques, tantôt elles produisent une suspension ou une atténuation qui se prolonge après la guérison de la maladie et même peut être défmi-
(1) Séglas, De l'in/luence des maladies intcrcun-entes sur la marche de l'énilepsie ; th., 1881.
tivc. Cependant ces heurenx effets ne sont pas assez constants pour qu'on puisse en déduire une règle pronostique, car Tinfluence învei*se s'obserye souvent (épilepsie pneumonique, épilepsie pleurétique, etc.).
Parmi les affections qui ont le plus souvent déterminé la suspension au moins momentanée des accès il faut citer la fièvre typhoïde, Pérysipèle, la variole, le rbunialisme, la rougeole, les suppurations prolongées, un simple abcès dentaire (Wilks), les éruptions cutanées, l'amputation d'un membre (Âubanel (1) , Cazenave) (2). Ces faits ont pu servir de point de départ à Tusage des révulsifs et des dérivatifs tels que les cautères , les vésicatoires, les sétons, etc. On ne peut enregistrer qu'avec réserve l'observation d'Archambault dans laquelle l'épilepsie aurait été guérie par Tinoculation de la gale (3).
(1) Aubanel, Deiw cas d'èpitepste guérie à ta suite d'une brûlure et de V amputation d'an membre. [Gaz. mcd., 18:ivi, p. G79.)
(2) Cazenave, Épilepsie et rjanurène de la jambe simultanément guéries par Pamputation du membre. {Gaz. des hôp., ISol, p. 95.)
(3) Journ. gén. de méd., 1816, p. 90.