‹ Les épilepsies et les épileptiquesChapitre 72 sur 94 · TRAITEMENT DES ATTA-QUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ATTA-QUES

11. a. eu des convulsions, a pissé au lit très tard, n'a marché qu'après 4 ans. Il a toujours été sujet à des cauchemars, était très irascible. Il a été militaire, et n'a eu aucun trouble notable jusqu'à 25 ans, ni vertiges, ni éblouissements. Il s'est alors marié. Quelques semaines plus tard il eut une attaque qui est survenue plusieurs jours après une agression nocturne. Il n'a jamais eu d'enfants. Depuis, un an sa femme esta l'asile de Villejuif avec un délire mélancolique.

Pas de signes de dégénérescence bien marquée, iris gauche d'un brun plus foncé. Exagération des réflexes du côté gauche, tendance à la trépidation épileptoïde de ce côté. Abaissement et dédoublement du pli fessier du même côté. Pas de signe de paralysie manifeste : pression dynamométrique de la main droite 6o, de la gauche 60. Dans quelques accès on a remarqué que les secousses tétaniquesprédominent à gauche, mais le fait n'est pas constant.

Ces accès sont annoncés par une sensation d'étouffement, le malade a une sensation de manque d'air; il lui semble que sa poitrine est démesurément dilatée et qu'il n'y peut plus rien faire pénétrer. Cette sensation d'étouflfement dure quelquefois un quart d'heure ou vingt minutes avant l'accès. S'il peut obtenir de faire une inhalation d'éther pendant cette période, l'accès est conjuré.

Quelquefois une injection de morphine pendant l'aura a supprimé ou au moins retardé l'accès; Wallender (1) aurait obtenu le même succès avec l'apomorphine.

Quand les convulsions ont commencé à se produire, il n'y a rien, sauf de rares exceptions, qui puisse les arrêter. Cependant, dans quelques circonstances, rimmobilisation produit des effets qui méritent d'être signalés.

Chez un malade qui a des accès partiels souvent strictement localisés au bras droit atteint de paralysie incomplète, il est possible, par une contention énergique, de se rendre maître des mouvements ; mais bientôt on voit la main et le bras du côté opposé s'agiter de spasmes, et les mouvements convulsifs se produisent identiques aux convulsions spontanées, et quelquefois suivant la marche ordinaire, c'est-à-dire en envahissant d'abord la tête et le membre inférieur. Chez ce malade on peut en somme provoquer un transfert de vive force. Ce fait, intéressant à plusieurs points de vue, mérite d'être [rapproché de quelques autres de nature différente. r. . - .1

(1) herl. klin. Wocli., 1877,- p. 18:i.

On sait que pendant les premiers mois les enfants ne font | guère que des mouvements symétriques : c'est un fait utilisé dans le diagnostic des paralysies et des aifections articulaires à cet âge. Mais cette symétrie des mouvements n'est pas exclusive à l'enfance ; on la retrouve chez bon nombre d'hystériques qui la présentent même dans les actes volontaires les plus spécia- i Usés, surtout lorsque les yeux n'exercent pas leur contrôle. Lorsque chez les sujets de cette catégorie, on provoque le trans- j fert des mouvements volontaires en appliquant l'œsthésiogène, quel qu'il soit, du côté le plus fort et le plus sensible, le premier phénomène qui se produit, c'est une exagération de la force en même temps qu'une augmentation de la sensibilité et une dimi- | nution du temps de réaction, conditionnées par un plus grand l apport de sang dans le membre qui est le siège de l'excitation ; j à cette exagération fonctionnelle succède un afTaiblissemnt qui coïncide avec ce qu'on appelle la dynamogénie du côté opposé. Dans le transfert de l'écriture, l'excitant étant appliqué à la main droite, le premier phénomène consiste en une sorte d'hypertrophie de l'écriture trahissant une exagération des 1 mouvements, puis vient l'impossibilité d'écrire ; puis enfin, la main gauche, après quelques hésitations, devient capable de tracer des caractères, et souvent elle écrit en miroir. Le phénomène du transfert de l'écriture se résume donc en une augmentation de l'énergie des mouvements adaptés, suivie d'une impotence ; la main gauche entre en action consécutivement à cette impuissance de la main droite.

Les hystériques n'ont pas une physiologie spéciale ; aussi ce fait n'est-il pas exclusif aux hystériques. Bon nombre d'hémiplégiques à lésions cérébrales, lorsqu'on leur commande un mouvement de la main paralysée, l'exécutent de l'autre, et s'il s'agit d'écriture, ils tracent aussi assez souvent de leur main gauche ' des caractères en miroir.

Cette tendance qu'a la main gauche à suppléer la droite réduite à l'impuissance, et qui a sa base dans la symétrie physio- , logique des mouvements, existe plus ou moins atténuée chez des sujets normaux. Le frère d'un de mes malades de , Bicétre ne présente aucun trouble morbide en dehors de la

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