‹ Les épilepsies et les épileptiquesChapitre 73 sur 94 · TRAITEMENT DES ATTAQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ATTAQUES

particularité suivante : la plupart des mouvements des membres supérieurs s'exécutent symétriquement, lorsqu'il n'y porte pas une grande attention ; dans la plupart des mouvements usuels, le membre qui agit involontairement fait des mouvements moins étendus et avec un certain retard. Si on le prie d'écrire, on voit que la main gauche ne reste pas immobile; tout d'abord c'est la phalangette du pouce qui s'anime de petits mouvements, puis l'index se met de la partie. Ces mouvements n'ont aucun rapport d'étendue avec ceux qui se passent dans la main droite ; mais si, après avoir mis un crayon dans la main gauche du sujet, on le prie de s'efforcer de con tinuer à écrire de la main droite que l'on immobilise autant que possible en l'empoignant à deux mains, on voit alors que la main gauche trace, bien que la volonté soitdirigée ailleurs, des traits qui se dirigent vers la gauche et parmi lesquels on peut reconnaître plusieurs lettres écrites en miroir. L'expérience répétée sur des individus absolument normaux donne des résultats concordants. Lorsque l'on écrit de la main droite, il ne se passe dans la main gauche aucun mouvement appréciable ni pour celui qui écrit, ni pour ceux qui l'observent ; mais si une main étrangère s'oppose, comme dans le cas précédent, au mouvement de la main droite, le sujet en expérience sent bientôt des mouvements dans sa main gauche et les assistants peuvent les constater.

Ces divers exemples indiquent que, lorsqu'il existe un obstacle à un mouvement unilatéral, l'influx nerveux a une grande ten- * dance à prendre la voie symétrique du côté opposé. Cette tendance est d'autant plus marquée que le sujet a plus l'habitude des mouvements symétriques; elle doit ainsi se présenter au maximum chez les jeunes enfants, et au bout de peu de temps la voie la plus suivie devient la plus facile à suivre, c'est-à-dire la voie habituelle (1).

Ces faits montrent que lorsqu'on arrête le mouvement on n'arrête pas la décharge nerveuse, qui se fraie une voie quelconque. Il y a donc lieu de croire que des tentatives de contention intempestives dans un accès d'épilepsie seraient capables

(1) Ch. Féré, la Gaucherie acquise. {Revue scientifique, novembre 1889, p. .504

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de favoriser la production d'accidents viscéraux et en particulier , peut-être l'arrêt ou la rupture du cœur.

En réalité, les mesures à prendre contre l'accès d'épilepsie | sont surtout des mesures de préservation ayant pour but d'éviter ; les blessures et la suffocation. |

Lorsqu'on est prévenu de la chute par la pâleur du malade, il faut le protéger autant que possible contre le choc, et l'étendre , horizontalement sur le dos, la tête plutôt renversée en arrière, et ' le maintenir de telle sorte que les mouvements violents ou répétés n'amènent pas de contusions. On conseille d'interposer entre les mâchoires un corps résistant et non fragile comme un morceau de bois tendre pour éviter la morsure de la langue ; mais cette précaution est généralement inefficace, les convulsions de la mâchoire apparaissant d'ordinaire dès le début et avant qu'on ait le temps d'intervenir. Les vêtements seront relâchés principalement au col. On ouvre les fenêtres pour suppléer autant que possible par un air plus pur à la difficulté de la respiration.

Lorsque les malades ont des accès fréquents, sont à chaque 1 accès précipités violemment et inopinément sur la tête, il est bon de leur faire porter une coiffure appropriée formant bourrelet ' qui les préserve contre les chocs.

Certaines précautions particulières doivent être prises pour la nuit. Un bon nombre d'épileptiqucs meurent suffoqués pendans les attaques nocturnes, soit qu'ils soient étranglés par ^ leurs vêtements, soitque s'étant retournés la face contre l'oreiller, j ils soient étouffés, ou encore qu'ils se soient enroulés sous leurs j couvertures. Chaque année en Angleterre, l'administration | publie un rapport général sur les établissements d'aliénés; on a pu y apprécier le nombre relativement considérable de morts | causées par des attaques nocturnes d'épilepsie. Ces accidents ont diminué à mesure que la surveillance de nuit a été mieux organisée; mais, on voit encore dans les mômes rapports que les quelques morts d'épileptiques en accès de nuit se produisent aux heures où s'effectue le changement du personnel. Cette dernière ; remarque peut servir de corollniro à la première, et montre la i

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