CHAPITRE XXXVI
Andral commença en 1834 sur le brome des expériences publiées par Fournetet qui montrèrent une action sédative évidente sur les douleurs des artlirites chroniques. Les propriétés anesthésiques du bromure de potassium furent mises en lumière par Puche (1830).
C'est en 1831 que Ch. Locock employa le premier le bromure de potassium dans le traitement de l'épilepsie : sur quinze malades traités, il obtint quatorze succès. Après lui Sieveking, Bland Radcliffe, Brown-Séquard, Williams, le donnèrent avec des succès divers, mais obtinrent partout des soulagements. En France, Blache, Bazin et J. Besnier en obtinrent des résultats satisfaisants; mais c'est surtout A. Voisin qui mit bien en lumière ses propriétés. Puis vinrent J. Falret, Thomas de Sedan, Legrand du Saulle, Tessier de Lyon.
L'action physiologique du bromure de potassium a surtout été étudiée par Martin-Damourette et Pelvet. « Nos expériences, disent-ils, montrent que l'action du bromure est générale, et qu'elle atteint partout les systèmes nerveux et musculaire; c'est un anesthésique aussi bien des centres et des cordons nerveux que des surfaces muqueuses et tégumentaires ; c'est un acynésique aussi bien des plans musculaire, digestif, urinaire et respiratoire que des muscles striés.
« Cette double propriété anesthésique et amyosthénique, rapprochée de l'elfet sédatif sur la circulation, la chaleur et les sécrétions, explique parfaitement les apphcations faites et à faire du bromure, sans qu'il soit nécessaire de recourir à des spécificités d'organe et des localisations d'action, qu'à défaut de
Soi ÉPILEPSIKS ET ÉPILEPTIQUES
déinonstratioii I on devrait rejelcr, à cause de cela même, qu'il en faut admettre un nombre invraisemblable pour arriver à rendre compte de tous les résultats curatifs du même agent.
« I/action bien constatée sur les grands systèmes permet, au contraire, d'embrasser d'un seul coup d'œil, et sans etTorts, tout le domaine tliérapeutique du bromure de potassium. Ainsi, sans parler de ses effets hypnotiques, par son action anesibésique et amyostbénique générale, il s'attaque aii.v névroses les plus étendues et les plus complexes (épilepsie, cborée, hystérie, etc,), tout comme ii combat les névroses plus localisées (dyspbagie, asthme, etc., etc.), ou seulement des éléments morbides isolés, tels que la douleur dans les névralgies, la migraine, le rhumatisme, etc.
« De même, son action sédative sur l'étendue de la circulation capillaire le rend propre à effacer les hyperémies de quelque siège et de quelque nature qu'elles soient...
« Enfin, c'est parce que le bromure de potassium possède la double action hyposthénisante nerveuse et vasculaire, qu'il se montre si remarquablement utile contre les grandes névroses à processus congestif, des centres nerveux, telles que l'épilepsie et l'éclampsie, l'hystérie et le nervosisme, la cliorée, etc. Tel est le mécanisme curatif du bromure de potassium dans l'épilepsie (1). »
D'après M. G. Sée (2), le bromure de potassium diminue l'excitabilité réflexe de la moelle sans la détruire, il diminue les fonctions do la moelle en produisant l'olighénie et non par une action spéciale élective sur les tissus nerveux; en outre il excite les centres modérateurs.
Le bromure de potassium est sans contredit celui qui jouit de la plus grande efficacité. Cependant dans un bon nombre de cas où le bromure de potassium échoue, le bromurr do ftodhtin., le broniiire d'ammonium (0 gr. 50 à o gr.) ou le hrominu; de lllhiiim, peuvent donner de bons résultats. Enfin il arrive souvent que l'association de ces quatre préparations ou des trois premières
(1) Elude exp&nménlale sur V action ph]i>t. du bromure de potassium, d867.
(2) Courrier médical, 1808. p. 298.
(trépied de Bail) réussit mieux que chaque bromure isolé. Il faut remarquer d'ailleurs que chacuue de ces préparatious a excité des préféreuces, et il est difficile de les placer par ordre de mérite.
l)"autres composés du brome ont encore été employés contre l'épilepsie. Le bromure de camphre (Deneffe, Bourneville, Patliault) réussissent surtoiitdans l'épilepsie àforme vertigineuse, et dans l'état de mal. Les bromures darsenic (Clément), le bromure de calcium (0,50 à 2 gr.) (Hammond), le bromure de zinc (0,50 à 2 gr.) (Gharcot, Bochefontaine, Bourneville), le bromure de nickel (Da Costa, Bourneville) (1), le bromure d'or (Bourneville, Goubert, 8 milligr.) (2), s'administrent comme les précédents et sont quelquefois efficaces; mais on peut moins compter sur leur action. Le bromure d'éthyle a été préconisé comme anesthésique (3) administré en inhalations quotidiennes (Bourneville et d'Olier), mais il ne paraît pas nettement avoir modifié la marche de l'épilepsie. Laufenauer a proposé un mélange de bromure de rubidum (34 p. 100) et d'ammonium (64p. 100) à la dose de 2 à 8 grammes par jour.
Le bromure doit être administré par la voie gastrique ; il doit être employé pur, c'est-à-dire ne pas contenir d'éléments étrangers, principalement pas d'iodure, et surtout de chlorure de potassium, de sulfate et de carbonate de potasse. Lorsque le bromure est donné à jeun, il détermine quelquefois des crampes d'estomac ; si on le donne à une époque trop rapprochée des repas, il trouble la digestion et est souvent difficilement toléré ; le mieux est de le donner au commencement des repas. Le contact prolongé du médicament avec les dents peut provoquer la carie dentaire que l'on pourra éviter en ayant soin de faire laver la bouche aprAs l'administration de cliaque dose.
On ne peut espérer d'effet thérapeutique que lorsque le médicament produit ses effets physiologiques: lassitude, somnolence, anaphrodisie, suppression de la nausée réflexe produite par l'ii-l'itation mécanique de la base de la langue et du pharynx. Ce
(1) Progrès médical; 1889, p. 496.
(2) Carti-et, Trailemenl. de l'épilepsie ; th., 1889.
(3) Ch. Eéré, l'Aneslhésiepar le bromure d'élhyle. [Progrès médical, 1880, p. 490.
Oo6 ÉPILEPSTKS ET ÉPILEPTIQUES
dernier signe est en quelque sorte le critérium de l'état de saturation qu il est inutile de dépasser et qu'il faut maintenir tant que la guérison n'est pas assurée ; or on peut dire que cette guérison n'est jamais assurée ; aussi comme le dit bien A. Voisin, le bromure doit rester presque un aliment pour l'épiloptiquo qu'il a guéri (1). Lorsque les attaques sont suspendues depuis un ou deux ans, on peut essayer graduellement de supprimer le bromure, un jour sur trois, un jour sur deux ou une huitaine par mois, comme le proposait Legrand du SauUe. En tout cas, il est bon de s'assurer de l'absence de la nausée réflexe. Lorsque le bromure a supprimé les accès et tant qu'il est toléré, il continuera à le prescrire, et si le malade en suspend l'usage, il faut qu'il sache que c'est h ses risques et périls. Il faut l'avertir que lorsque l'épilepsie a été contrainte pendant un certain temps par le médicament, il peut se faire que si ce dernier est suspendu la maladie se reproduit pour ainsi dire à l'état aigu, sous forme d'état de mal ; le malade est alors exposé à liquider son arriéré (Legrand du Saulle).
La dose doit varier considérablement suivantl'àge et la constitution des sujets : Gowers a cité des cas où une dose de 30 centigrammes a pu suffire cbez des enfants de huit à dix ans. Ces faits peuvent faire espérer la guérison spontanée à cet âge, mais il ne faut pas perdre son temps à essayer des doses faibles dans la plupart des cas, et se souvenir que plus la maladie est ancienne moins elle a de chances de guérir. Les enfants de quatre à cinq ans supportent d'ailleurs parfaitement 2, 3 et 4 grammes de bromure, et de dix à quinze ans ils le tolèrent presque aussi bien que les adultes. Chez l'adulte, la dose quotidienne de 12 grammes doit constituer un maximum qu'il ne faut guère dépasser; Namias l'a prescrit jusqu'à 14 grammes. Il faut remarquer d'ailleurs que les cas qui cèdent le mieux et le plus définitivement, cèdent à des doses moyennes de 4 à 8 grammes.
Le bromure est prescrit à doses constantes ou à doses graduelles alternantes : dans le premier cas la dose est la même tous les jours; dans le second on donne des doses progressive-
(1) Art. Epilepsîe. {Dict. de méd. et chir. prat.,\. XIIT, p. 6'tO.)
ment croissantes, en augmentant d'un gramme par semaine, de 4 à 7 grammes par exemple, puis on recommence à 4 grammes, et ainsi de suite (Charcot).
Au lieu d'administrer le bromure ix doses fractionnées et tous les jours, les Anglais le donnent quelquefois à doses massives, tous les deux, trois ou quatre jours : le malade en prend d'un coup, généralement au moment du repas, 15, 20, 25 grammes. La tolérance de ces fortes doses espacées n'a rien qui puisse surprendre ; Puche avait vu depuis longtemps que 40 grammes de bromure peuvent être ingérées en une journée sans accidents. J'ai essayé plusieurs fois des doses massives chez des épileptiques à crises fréquentes qui avaient l'habitude de prendre 7 ou 8 grammes de bromure en deux fois dans la journée. Plusieurs ont été soumis à des doses de 12, 15, 20 grammes tous les deux ou trois jours avec une diminution des accès sans changement dans la quantité totale du médicament absorbé, mais j'ai eu deux fois des accidents de bromisme qui ne s'étaient pas produits avant le changement du mode d'administration.
La valeur respective de ces différents modes d'administration n'est pas encore jugée.
Les bromures agissent sur toutes les formes de l'épilepsie, aussi bien sur les formes psychiques (Legrand du Saulle) que sur les formes douloureuses, migraine (Kesteven), migraine ophtalmique (Charcot), aussi bien sur les formes convulsives externes que sur les convulsions internes (spasme glottique, Kesteven).
Il est difficile de dire dans quelle fréquence absolue il agit dans l'épilepsie commune ; le nombre des cas dans lesquels on peut administrer le bromure d'une façon systématiquement progressive est relativement peu considérable, et, pour les malades non hospitaUsés, les renseignements sont souvent insuffisants, et il est surtout difficile, en dehors de l'hôpital, de tenir compte de l'effet des causes occasionnelles.
Une des statistiques les plus intéressantes est celle de M. Hughes Bennett (1). Sur 300 malades traités par le bromure
(1) H. Bennett, An inqulry inio l/ie effecLs of l/ie prolonged administration of ilie bromides in epilepsy. [Lancet, 1884, t. I, p. 883, 928.)
de potassium et d ammonium, 12,1 p. 100 n'ont pas eu d'accès pendant toute la durée du traitement ; chez 83,3 p. 100, il y a eu diminution en nombre et en iulensilé ; 2,3 p. 100. n'ont éprouvé aucun cliangement, 2,3 p. 100 ont eu une augmentation.
M. A. Voisin, sur 97 cas, avait obtenu un quart de guérison chez les enfants et la moitié chez les adultes. Legrand du Saulle, sur 207 cas, a compté 110 insuccès, 19 améliorations et 78 sujets chez lesquels il a pu constater la suspension de tout accident pendant une période variant de six mois à quatre ans.
45 épileptiques hospitalisés, et par conséquent généralement reconnus incurables, qui n'ont pas cessé d'être sous une surveillance assidue pendant les années 1887, 1888 et 1889, durant lesquelles ils ont été soumis au bromure de potassium, exclusivement et sans interruption, m'ont fourni les résultats suivants :
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Observation XCVIII. — Épilepsie. Bromuralion : acné à des doses moyennes, ne se produisant plus à des doses élevées.
L., 41 ans. — Hcrcclitc névropathique bilatérale. Convulsions do l'enfance, accès fréquents, sans traitement bromure depuis plusieurs mois.
30 avril 1887. Kbr. 4 gr.
27 octobre 1887. Les accès n'ont pas diminué, mais il existe une éruption d'acné bromique généralisée k la face et au tronc, surtout continente dans la région dorsale; plaques conglomérées sur le front et sur la partie supérieure du dos. Liqueur de Fowler, 4 gouttes, deux fois par jour.
L'éruption diminue, mais s'est pas supprimée.
4 février 1888. L'acné bromique persiste moins abondant cependant. Les accès ont subi une diminution notable dans les derniers mois. Kbr. 6 gr. Liqueur de Fowler aux mêmes doses.
10 décembre 1888. La diminution des accès s'est accentuée, il n'existe plus d'acné bromique. Anesthésie pharyngée. On s'aperçoit que l'administration de la liqueur de Fowler a été négligée; le malade n'eti preiid
plus iictucllement ; il y a probablement deux mois environ qu'il a cessé d'en prendre. La prescription n'est pas renouvelée. Kbr. 7 gr.
26 juin 1889. Les accès s'éloignent de plus en plus, et le caractère, autrefois fort ditdcile, s'est modifié concurremment, xiucune trace d'éruption bromique. Kbr. 8 gr.
10 décembre 1889. Le malade n'a eu que deux accès depuis six mois, alors qu'il en avait eu 131, 121, 09 en 1886, 1887, 1888. Aucune éruption bromique.
MOIS
Janvier ....
Février
Mars. ......
Avril .
Mai
Juiu. .... .
Juillet
Août..
Septeinlji'c .
Octobre. ...
Novembre. .
Décembre . .
Totaux
Accès
tiures
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Observ.viion XGIX. — Epilepsie. Brotnnralion : peu de résullal avec des doses moyennes; amêlioraiion notable avec des doses croissantes.
C, o4 ans. Hérédité maternelle, mère nerveuse, migraineuse. Épilepsie succédant sans interruption aux convulsions de l'enfance. Taches de vitiligo sur la moitié droite de la face : accès et vertiges, généralement précédés d'avertissements sous forme de secousses ou de fourmillements dans les membres, plus souvent sous forme de modification plus ou moins brusque du caractère; quelquefois tristesse subite, mais plus souvent accès de gaieté sans motif. Chute avec cri, convulsions générales plus intenses, stertor assez prolongé. Poids 80 kil.
3 février 1887. Kbr. 4 gr.
18 août 1887. Kbr. 5 gr.
4 juillet 1888. Kbr. 6 gr. Insensibilité pharyngée.
17 décembre 1888. Kbr. 7 gr.
18 avril 1889. Diminution notable des accès. Poids 79 kil.
16 octobre. Amaigrissement sans autres accidents bromiques. Poids 69 kil. 900. Le bromure est donné en solution dans la glycérine substituée à l'eau.
31 octobre. Poids 70 kil. 500.
19 novembre. Poids 71 kil.
2 décembre. Poids 73 kil. Kbr. 8 gr.
560 ÉPILEPSIES ET ÉPILEPTIOUES
MOIS
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
V ertiges
Accès
V e rtig es
j Février
AT., l
Souvent, sous l'influence d'une môme close de bromure continuée pendant longtemps, on voit d'abord une diminution considérable des accès, puis une recrudescence. L'observation suivante en est un exemple.
Observation C. — Épilepsie. Amélioration par le bromure de potassium. Recrudescence. Suspension prolongée à la suite d'accès sériels.
H., 41 ans. Père astlimatique. Convulsions dans sa deuxième année ; bien développé, intelligent jusqu'à 13 ans. Très appliqué àl'école, dessinait avec goût très tard le soir depuis deux ans. A subi une opération au pied droit, probablement pour une affection scrofuleuse. Début des attaques à 13 ans, deux ou trois dans les premières années; secousses préalables, perte de connaissance, stupeur peu prolongée. De 14 à 20 ans les accès sont devenus plus fréquents et plus violents. Morsure de la langue, miction involontaire fréquente. A 20 ans période de neuf mois sans accès, sans traitement. A partir de cette époque, retour des accès plus fréquents et souvent par série. A 26 ans, à la suite de la mort de deux sœurs et de son père, troubles intellectuels subits, hallucinations, excitation, démence rapide.
Mars 1887. Accès fréquents, démence, excitation, colère sans motifs: ne répond à aucune question, reconnaît seulement quelques personnes du service.
17 mai. Kbr. 4 gr. Diminution subite des accès: au lieu de cent quarante-trois accès pendant les six premiers mois de Tannée, il n'en a plus que neuf dans les six derniers, après deux mois de suspension.
24 mars 1888. Kbr. 5 gr. Une légère recrudescence se produit, malgré l'augmentation du médicament.
8 décembre 1888. Kbr. 6 gr. Nouvelle suspension des accès.
16 mai. Série d'accès, commençant à cinq heures du matin et se
reproduisant à intervalles à peu près égaux avec retour de la connaissance, 14 accès.
17 niai. Continuation de la série. 12 accès.
18 mai. — 19 accès.
19 mai. — 30 accès.
20 mai. — 13 accès.
L'élévation de température maxinia a été le 18 et na pas dépassé 39. Depuis, sans augmentation du bromure, il ne s'est plus reproduit d'accès ni de vertige.
MOIS
tiges
Accès
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Avril
Mai.
Juillet
Août
Obserxxho^ Cl. — Éptlepsie ; guérisoii apparente par le bromure
de potassium.
P. E., 40 ans. Aucune évidence d'affections nerveuses parmi ses ascendants ou collatéraux. Pas de convulsions ; terreurs nocturnes toute sa vie ; déporté à la Nouvelle-Calédonie pour participation à l'insurrection de 1871. Prétend avoir beaucoup souffert du régime anqiiel il attribue sa maladie. A commencé à s'apercevoir de mictions nocturnes involontaires ; puis au bout de quelques mois (il avait alors 30 ans), sont venus des vertiges et des accès. De temps en temps, en dehors des accès et des vertiges, hallucinations de l'ouïe et de la vue. Perte de connaissance complète dans les accès et les vertiges ; sommeil prolongé après les accès, rarement morsure de la langue, souvent miction involontaire.
Asymétrie crànio-faciale, côté gauche moins développé, iris gaiu;he plus foncé, un peu d'anesthésie cutanée du même côté, léger rétrécissement du champ visuel.
27 mai 1887. Kbr. 4 gr.
27 septembre 1887. Kbr. ii gr. Anesthésie pharyngée. 5 janvier 1888. Kbr. 6 gr.
Ch. Féré.
21 janvier. Éruption d ucné à la (ace et dans le dos. Liqueur do Fowler 4 gouttes deux fois par jour.
18 décembre 1888. Kbr. 7 gr. Plus d'éruption bromique ; n'a eu que 5 accès dans Tannée au lieu de 22 en 1886 et 26 en 1887.
A commencé en février 1889 amaigrir et à tousser. Pas de signes nets à Tauscultation.
29 juillet 1889. Signes d'induration au sommet droit.
6 août. On abaisse les doses de bromure à 5 grammes, le malade n'ayant eu aucun accès depuis le mois de janvier.
•i-4 août. Les troubles pulmonaires s'étant accentués, on commenta le traitement par les injections intra-laryngées de menthol en solution dans riuiile. En raison de son anosthésie pharyngée, le malade supporte très bien les injections sans l'aide de laryngoscope (1). Après trois mois de traitement, les signes stéthoscopiques avaient disparu (2) ; mais les accès d'épilepsie ne se sont pas reproduits. On peut donc attribuer la guérison au bromure et non à une sorte de substitution des troubles pulmonaires aux troubles nerveux, substitution i[u'il n'est i)as rare d'observer dans les maladies mentales.
MOIS
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Juillet.
AoiH
Observation CH. — Epilepsie tardive; gncriso}i apparenle
par le bromure.
N», 60 ans. Antécédents héréditaires, migraine et asthme. Antécédents personnels, convulsions de l'enfance, fièvre typhoïde à 21 ans, cauchemars toute la vie, bégaiement, asymétrie chromatique des iris. Hernie inguinale droite. Il a eu son premier accès pendant le siège,
(1) Plusieurs autres malades non bromures supportent également ces injections sans laryngoscope ; nous avons même l'éussi à apprendre à un infirmier à se faire à lui-même ces injections.
(2) Bossu, Du menthol en injections inlra- trachéales et laryngiennes dans la tuberculose du poumon et du larynx; thèse, 1880, p. 36.
TRAITEMENT. — LES BROMURES Ot>.J
presque immédiatement après avoir été elïrayé par un coup de l'usii. (Grands accès convulsifs avec perte de connaissance complète, quelquefois avec morsure de la langue et mictions involontaires, souvent nocturnes, au nombre de un à trois par mois, vertiges rares. 14 février 1887. Kbr. 4 gr.
Suppression des attaques pendant sept mois ; anestliésie pharyngée. 2 mai 1888. Le malade a eu deux accès le mois dernier. Kbr. 5 gr. Suspension pendant six semaines, puis retour des accès, un par mois. 17 août 1888. Kbr. G gr.
Suspension de deux mois après Taugmentation du bromure ; puis retour, un accès par mois.
24 décembre 1888. Kbr. 7 gr.
A eu un accès le 6 janvier, aucun autre depuis.
MOIS
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
Vertiges
Accès
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Mai
Totaux
Observation CIll. — Épilepsie- Bromuralion : dbninulion des accès; recrudescence des vertiges; puis diminution des accès et des vertiges.
D., 41 ans. Hérédité similaire, début à 17 ans par vertiges. Réformé du service militaire pour ses accès. Hernie inguinale gauche. Accès fréquents, affaiblissement considérable de l'intelligence.
10 Juin 1887. Kbr. 4 gr.
25 octobre 1887. Kbr. iJ gr.
5 décembre 1888. Kbr. 6 gr. Anesthésic pharyngée.
21 juin 1889. Kbr. 8 gr.
14 août 188D. Kbr. 1) gr.
7 novembre 1889. Kbr. 10 gr.
7 décembre 1889. Kbr. 11 gr. Aucune éruption bromique.
Accès
Accès
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Accès
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Accès
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