‹ Les épilepsies et les épileptiquesChapitre 83 sur 94 · AGENTS 1' H Y S I (J U E S · texte numérisé non relu

AGENTS 1' H Y S I (J U E S

Les agents pliysiqu<;s employés contre l'épilepsie sont principalement l'électricité et l'hydrotliérapie. Nous avons déjà vu que l'hydrothérapie peut être un adjuvant très utile de la médication antisyphilitique, elle peut jouer le même rôle vis-à-vis du hromure et des autres médicaments dont l'action a été reconnue par Texpérience. Dans un certain nomhre de cas l'hydrothérapie paraît à elle seule avoir une action favorable.

L'introduction de Vhj/drotlu'rapip dans la thérapeutique paraît avoir eu une origine purement accidentelle : on a cité en dehors de toute intervention miraculeuse des cas de guérison à la suite d'une chute dans l'eau froide. C'est du reste sous forme de bains d'immersion que l'eau froide a été conseillée par Giannini, par J. Franck. Haycraft a préconisé depuis longtemps les affusions d'eau froide (1). Mais c'est à Fleury qu'appartient le mérite d'avoir traité méthodiquement des épilcptiques parles douches administrées suivant sa métho;!? rpii consistait à donnei"simiillanément la douche en pluie et la douclie en jetbrisé surlaface postérieureducorpspendant quinze secondes, puis seulement ladouclie en jet brisé pendant quinze autres secondes, et enfin la seule douche en jet hi'isé sur la face antérieure ])endant tren te secondes ; l'opération totale durant un;j minute. Les conclusions des j'ésultats obtenus par Fleury ne paraissent pas devoir être modifiées par les observations ullérieures. L'Iiydrothérapie ne paraît pas

(1) Ediuhnrf/h J. of med. se. 182G, t. J. p. 48.

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capable de gaérii" à elle seule, sauf peut-être les cas tout à fait accidentels développés à la suite d'écarts de régime ou de conduite, les émotions vives, cas dont la guérison spontanée est possible. Chez quelques malades elle diminue le nombre des accès; chez un grand nombre elle modifie favorablement l'état général.

IJélectriciti' a surtout été employée sous forme de courants continus (Remak, Benedikt, Althaus). AUbaus recommande la galvanisation transversale par les apophyses mastoïdes, et la galvanisation du sympathicfue (1). Erb emploie la méthode suivante : « Courant oblique à travers la téte depuis la région des tempes et la région supérieure du front d'une part (pôle positif, grande électrode), jusqu'au côté opposé de la nuque (pôle négatif grande électrode), d'autre part; courant stable, très faible (5 à 13° de déclinaison de l'aiguille, de quatre à six éléments), des deux côtés, chaque fois une demi-minute, une minute au plus; ensuite, longitudinalement du front à la nuque, également une demi-minute à une minute ; de la sorte, on agit aussi bien sur les hémisphères cérébraux et sur la moelle allongée (2). >)

Fischer (3) a conseillé la faradisation générale, conseillée aussi par Rockwell (4). Ce dernier pratique en môme temps la galvanisation centrale, dont il a obtenu des résultats satisfaisants à titre d'adjuvant. Voici d'ailleurs les conclusions résumées qu'il tire des résultats obtenus sur vingt-huit malades traités depuis 187 4.

1° L'électricité a une certaine valeur dans le traitement de l'épilepsie; cette valeur n'est pas douteuse quand l'électricité est employée avec les bromures.

Quand l'électricité échoue contre l'épilepsie elle-même, elle est encore souvent utile (méthode de la galvanisation générale) par l'action salutaire qu'elle exerce sur la neurasthénie.

3" Grâce à l'usage systématique de l'électricité, la tolérance

(1) Willieini, l'ester rne.d. cli/r. Press., '-] in;ii 1872.

(2) Erb, Trailë d'électrothérapie, 1884, p. ;i41.

(3) Fisclier, Die allri. Faradisalion. {Arch. f. P.^ych. med. Nervenh Bd \n p. 628.) ' • • - n,

(4) Beard et \Xodi\\id\],M(:d'bC.d and surc/ical eleclricili/, Ce éd., 1888, New-York.

des malades pour les bromures peut ôtre augmentée, de même que peut tUre diminuée leur tendance à être affectés d'acné bromique.

4° Le traitement électrique demande ù être employé avec soin et avec jugement. Toute interruption de courant doit être évitée dans la galvanisation centrale, car toute secousse est plutôt capable de provoquer que de prévenir une attaque.

M. Sighicelli (1) aurait obtenu quelques bons résultats de la galvanisation de la glande thyroïde.

La piei-re d: aimant a été employée contre Tépilepsie par Paracelse; à la fin du xvm*' siècle, Hell, Mesmei-, Unzer, Hensius, Le Noble, de Harzu, Andry et Thouret lui substituèrent les aimants artificiels de formes variées, barreaux aimantés, aimants en fera cheval, armatures adaptées à la forme des membres, etc. Maggiorani a affirmé que la guérison pouvait être la conséquence d'applications répétées et prolongées. Les expériences faites par MM. Bourneville et Bricon (i) ont paru tout à fait négatives.

Un certain nombre de guérisons d'épilepsie ont été attribuées aux commotions morales; mais dans les cas où cet ordre d'inlîuences paraît avoir eu surtout une action manifeste, on est en droit de supposer qu'il s'agissait d'hystérie, telle par exemple la fameuse cure des nonnes de Haarlem par Boerhaave.

Il faut noter pourtant que dans certains cas un choc traumatique paraît avoir été l'occasion d'une guérison ; Gazenave, de Pau, a cité un épileptique dont la guérison se produisait à la suite de l'amputation d'un membre inférieur atteint de gangrène. Banks Witcombe, de Birmingham, a rapporté une issue analogue à la suite d'une amputation de cuisse.

Il va sans dire que la suggestion a été appliquée à Tépilepsie. M. Bernheim, qui guérit couramment le rhumatisme articu-

(1) la galvanizzazione délia tiroide negli alienali. [Rev. sperm. di fren., 1888, p. 393.)'

(2) Bricon, Du traitement de l'épilepsie; th.. 1882.

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laire par ce procédé, ne pouvait pas manquer de s'attaquer à l'épilepsie. Nous Ironvous en effet, dans son livre, une observation qui porte en sous-titre : avortement d'un accès d'épilepsie et guérison totale par suggestion. Mais lorsqu'on lit l'observation, il n'est plus parlé que d'accès épileptiformes, qui ne sont pas autrement décrits, et en fait « d'avortement » de Tattaque, voici ce que l'on trouve : « Le 21, au matin, il ressent une lourdeur de téte, de la céphalalgie, de l'obnubilation visuelle, il sent de petites secousses dans les membres ; ce sont les symptômes prémonitoires de rattaque. Je l'hypnotise dans son lit à dix heures du matin et je lui suggère de dormir tranquillement jusqu'à cinq heures et demie du soir sans la moindre convulsion. Il se réveille, en effet, à l'heure indiquée; à deux heures, pendant son sommeil, il éprouve quelques secousses assez vives dans les bras et dans les jambes, se découvre dans son Ut ; le tout dure une seconde; mais l'accès ne vient pas, il avorte (1). » Je vois bien les secousses se reproduire, mais je ne vois pas l'avortement. Il s'agit d'ailleurs d'attaques « épileptiformes » survenues à la suite d'un traumatisme crânien, et qui avaient le droit de disparaître spontanément en môme temps que les autres symptômes.

Quelles que soient les déceptions qui succèdent aux améliorations partielles ou momentanées, produites par les changements de traitement, il n'y faut pas renoncer. Comme le disait fort bien Tissot; ce qu'il importe surtout de combattre, c'est l'iiabitude épileptique. Tout ce qui peut arriver à rompre cette liabitude môme momentanément, améliore le pronostic dans une certaine mesure, si ce n'est en donnant l'espoir d'une guérison complète du moins en retardant la décbéance intellectuelle et pbysique.

Toutes les méthodes rationnelles et toutes Tes méthodes empiriques qui ont fourni quelques preuves, doivent être essayées si l'état général le permet. Il ne faut pas mépriser l'ancien adage : Melius est anceps remedium qiiam nullum (2).

(1) Bernheim, De la suggestion el de ses applications à la thérapeutique, 1886 p. 266.

(2) Osborne, A comparative view of the effects ofsotne remédies used in epilepsy. Dublin med. Journ., 18o6, p. 337.)

Quelques symptômes spéciaux peuvent être justiciables d'agents physiques.

La douleur de tête est quelquefois tellement intense chez les épllepliques qu'elle devient tout à fait insupportable, à tel point qu'ils en arrivent quelquefois à réclamer le trépan qui a pu d'ailleurs leur être appliqué avec succès contre ce symptôme.

J'ai eu plusieurs fois à me louer d'un procédé plus doux, la compression. La compression contre la douleur a été proba])le-

ment appliquée d'instinct de tout temps. La compression des nerfs dans quelques névralgies, et principalement dans la sciatique, a été de la part des médecins l'objet de tentatives plus ou moins heureuses. Mais il est un genre de douleurs contre lesquelles la compression a été surtout utilisée, ce sont les céphalées hystériques et épileptiques ; on voit souvent les malades atteints de ces céphalées prendre les attitudes les plus étranges et les plus gênantes pour arriver à produire une compression efficace. Un grand nombre de patients

Fig. 66. — Compresseur bitemporal.

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