‹ Les épilepsies et les épileptiquesChapitre 84 sur 94 · TRAITEMENT. — AGENTS PHYSIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT. — AGENTS PHYSIQUES

recourent à la compression mannelle, mais en tout cas, la manœuvre n'a qu'une action mécanique. Briquet, qui en avait reconnu l'efficacité clans les céphalées hystériques, donne le conseil de pratiquer une compression permanente au moyen d'une hande circulaire. Mais ce genre de compression ne peut pas s'appliquer à tous les points de la tête. Lorsque, par exemple, cas assez fréquent, la douleur est bitemporale on peut être amené a employer des appareils à ressort. M. Aubry a construit, sur mes indications, un compresseur qui peut rendre quelques services (1). La compression par la bande a d'ailleurs l'inconvénient d'être diftîcileinent appliquée par le malade lui-même. J'ai pré-

Fig. G7. — Calolle compressive capitonnée au plomb de chasse.

senté à la société médicale un appareil que j'ai mis fréquemment en usage (2) et qui évite ces inconvénients; il me paraît le plus simple et le plus capable de s'appliquer à un grand nombre de cas. Il consiste en une calotte h double paroi d'étoffe, divisée du sommet vers les bords, par des coutures radiées, qui constituent des loges de un centimètre de largeur environ de la périphérie; ces loges sont remplies de plomb de chasse que l'on

(1) Ch. Féré, Note sur la compression dans le traitement de quelques céphalées hystériques. {Soc. Biologie, 1887, p. 194.)

(2) Bull. Soc. méd. des hôp., 1888, p. 2i5.

peut distribuer uniformément, ou de différentes manières suivant que la compression doit être générale ou porter de préférence sur un point spécial. Elle s'applique parfaitement en raison de son poids et se moule sur les parties. Le type employé dans mon service est une calotte capitonnée uniformément avec deux kilogrammes de plomb de chasse n" 10; il est confectionné par le tailleur de l'hospice ; c'est dire qu'on peut le faire exécuter partout.

En général les malades ne portent la calotte de ploml) que pendant peu de temps, quelquefois un quart d'heure, rarement deux ou trois heures par jour, quelques-uns cependant l'ont portée constamment, et peuvent travailler sans aucune gêne ; souvent la douleur s'atténue et disparaît quelquefois pour ne plus se reproduire après un certain nombre d'applications. Dans plusieurs cas, les attaques se sont temporairement modifiées sous l'influence de la compression,mais elles ont sûrement diminué de nombre d'une manière permanente. Chez deux malades les accès sont restés pendant quelques semaines moins intenses : chez l'un, ils ne s'accompagnaient plus que d'une perte incomplète de la connaissance, et chez l'autre les mictions involontaires étaient supprimées. Dans le fait suivant la compression paraît avoir amené une notable diminution du nombre des accès.

Observation CVIII. — Epilepsie, amélioration apparente par la compression céphaliqne.

B., 2G ans. — Attaques débutant par un fourmillement dans la main gauche remontant dans le bras, et suivie de perte de connaissance et de convulsions générales quelquefois arrêtées quand la contraction du poignet peut être faite à temps. — N'a pas suivi de traitement régulier en 1886 et a eu 267 accès et 12 vertiges, soit 22 accès et 1 vertige par mois. — Soumis aux applications répétées de vésicatoires circulaires autour du poignet gauche, les paroxysmes ont diminué de fréquence, il n'a plus eu que 11 accès par mois et 1 vertige par deux mois. C'està-dire qu'il a eu une diminution de moitié. — Soumis ensuite à la compression céphaliquB par la calotte de plomb, tous les jours pendant deux heures, il n'a plus eu que 8 accès et 2 vertiges par mois pendant les onze mois qu'a duré ce traitement. — Avec le bromure de potassium pendant quatre mois aux doses de 3 et 6 grammes, il a eu 17 accès et 3 vertiges par mois en moyenne. — Sous l'influence d'injec-

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