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très grand, et ce grand nombre d'épilepLiques constitue un problème social qui ne manque pas d'intérêt.
Les épileptiques deviennent incapables d'exercer un certain nombre de professions, dans lesquelles ils sont sans cesse exposés à des chutes dangereuses. Dans les autres, ils sont souvent obligés d'abandonner leur travail, soit parce qu'ils sont surpris par l'attaque dans l'exercice de leurs fonctions, soit parce que des crises nocturnes leur ont fait oublier l'heure, ou les ont laissés dans une torpeur telle qu'ils sont incapables de sortir du Ht. Lorsqu'ils tombent dans la journée, au milieu de l'ateUer ou du magasin ou du bureau, ils deviennent mi objet d'horreur et de répulsion, et souvent ils sont expulsés bien qu'ils soient encore capables de remplir leur devoir. En dehors des attaques convulsives, ils sont sujets à des alternatives d'excitation et de dépression, ils sont souvent méfiants et difficiles à vivre ; leur caractère en un mot, ne rachète pas les inconvénients de leurs troubles convulsifs. Lorsqu'ils ont, soit à propos do leurs accès, soit en dehors des paroxysmes, des troubles psychiques même sans violence, on ne peut plus les tolérer nulle part. Il an-ive donc souvent que les épileptiques, môme lorsqu'il sont capables d'un travail suffisant pour subvenir à leurs besoins, sont réduits à l'impossibilité d'utihser leurs ressources, et tombent à la charge de leur famille ou du public.
Lorsqu'ils restent dans l'oisiveté, les attaques augmentent souvent sous l'influence des préoccupations, des contrariétés, des privations ou des accès qu'elle engendre. Bientôt l'épileptique doit être l'objet d'une surveillance constante. Alors, non seulement il est devenu incapable de rien produire, mais il immobilise des forces utiles, il d(^vient dans sa famille une cause de ruine.
Si la misère est le soj't des épileptiques inolfensifs et souvent de leur famille, la situation des épileptiques sujets à des troubles mentaux plus ou moins durables est souvent pire, encore jusqu'au moment où ils sont reconnus dangereux pour eux-niômes et pour la sécurité publique.
Les épileptiques dangereux doivent être séquestrés, c'est-àdire renfermés dans des maisons de santé spéciales, sous la responsabilité de ceux (jui en ont la direction. Mais qu'est-ce qu'un
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épileplique dangereux? La définition est moins difficile à donner ^ qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Un épileptique dangereux est un malade qui a commis des actes nuisibles ou qui a montré une conduite violente, et n'a été empêché que par la ; force de produire des effets nuisibles.
Cette définition imparfaite implique l'existence de deux catégories. Quant aux épilep tiques qui ont commis des actes nuisibles i sous l influence de leurs troubles morbides, il ne peut subsister aucun doute ; leur crime établit suffisamment qu'ils sont atteints ' d'une irritabilité morbide et dangereuse, et qu'ils n'ont pas trouvé dans leur entourage protection suffisante pour leurs mauvais instincts. La société doit donc se prémunir contre eux, ^ en les mettant dans des conditions telles qu'ils ne puissent plus i commettre aucun acte nuisible ; et ces mesures doivent être perpétuelles, car aucun fait objectif ne peut permettre à personne | d'affirmer qu'un épileptique est guéri. On ne saurait admettre la libération môme sous caution de ces malades ; la caution fournie parla famille ne pouvant être que fictive dans le cas où les violences commises porteraient sur des personnes.
Pour les épileptiques violents qui n'ont évité de devenir nuisibles que grâce au hasard ou à l'intervention d'autrui, on peut dire que physiologiquement ils ne se distinguent pas des premiers, mais il est nécessaire de les en séparer au point de vue social, la loi ne pouvant admettre le crime par pensée, et ne pouvant assimiler à une tentative criminelle mi acte brutal souvent sans motif et sans préméditation démontrables. Si ceux-là peuvent être ! séquestrés à la demande de leur entourage ou par l'autorité publique, ce nepeut être que dans un but de protection contre un danger i possible mais non effectivement démontré ; lorsque leur maladie ! s'est modifiée soit spontanément, soit sous l'influence d'un traitement approprié dès qu'ils ne présentent plus aucun des troubles qui nécessitaient l'intervention, ils peuvent être rendus à la vie commune s'ils sont capables de subvenir à leurs besoins et surtout \ sileurfamillc ou leurs relations se portent garants de leurconduite. ]
Peut-on affirmer qu'un épileptique n'est pas dangereux ? L'affir- | mative ne peut être soutenue d'une manière générale. On ne peut pas affirmer que tel ou tel épileptique est et restera inoflensif : j