‹ Les Épithéliomas Intra-laryngésChapitre 39 sur 70 · I) SYMPTOMES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

I) SYMPTOMES FONCTIONNELS

La symptomatologie fonctionnelle est tardive. Dans toutes nos observations, le premier symptôme en date a toujours été la dysphonie. Cette dysphonie présente des caractères intéressants à préciser. Elle est différente de celle qu’on observe au cours de cancers de la corde. À l'inverse de cette dernière, elle témoigne déjà d’une tumeur étendue. C’est, en effet, une dysphonie par gêne à l'émission vocale due aux dimensions de la tumeur plus que par envahissement et paralysie de la corde vocale qui reste généralement pendant longtemps parfaitement mobile.

Elle est irrégulière, non uniforme dans sa tonalité. Elle n’est pas caractérisée par une voix rauque, râpeuse, ligneuse comme l’est celle du cancer de la corde, mais par une voix étouffée. [rrégulière dans sa tonalité, elle est aussi irréguhère dans son apparition. À certains moments, la voix semble revenir à la normale, surtout pour les sons aigus.

Etant moins gênante que la dysphonie, permanente et beaucoup plus marquée, du cancer de la corde, les malades viennent consulter moins précocement. Généralement, lorsqu'on les voit pour la première fois, leur enrouement date d’un à deux mois.

C’est alors que d’autres symptômes viennent se greffer sur la dysphonie, en particulier, une gêne respiratoire progressive. La dyspnée est néanmoins souvent relativement légère par rapport à ce qu’elle est dans les cancers sousglottiques avancés et ne s’accompagne d’aucun tirage au début.

Puis, la symptomatologie fonctionnelle se complète au fur et à mesure de la progression du néoplasme et aboutit

à ce qu’elle est dans les cancers pharyngo-laryngés, c’est-àdire que se surajoutent aux signes précédents, de la dysphagie, et des irradiations douloureuses à l’oreille du côté lésé.

L’ensemble de ce syndrome fonctionnel évolue en général en deux à trois mois, si les malades ne viennent pas consulter auparavant. L'importance de la dyspnée force alors à pratiquer une trachéotomie d'urgence.

Ajoutons que l’expectoration de crachats sanglants n’est pas rare. Le cancer vestibulaire est un cancer qui saigne assez facilement. Les ulcérations précoces et l’infection secondaire fréquente, expliquent par ailleurs la fétidité de l’haleine.

Il) LARY N GOSCOPIE.

En laryngoscopie, le cancer vestibulaire, à son stade cliniquement endo-laryngé que seul nous envisageons, se présente de la façon suivante :

a) Forme végétante. — La forme végétante est la plus fréquente. La bande ventriculaire est remplacée par une masse blanchâtre, irrégulière, végétante qui prend toute l’étendue de la bande, recouvre complètement la corde vocale qui n’est pas visible et paraît recouvrir également la région sus-Jacente de la commissure antérieure, c’est-àdire le pied de l’épiglotte. Le tiers antérieur de la corde opposée et de la bande ventriculaire opposée est ainsi masquée par la tumeur qui prend une forme de fer à cheval.

Par contre, le bord libre de l’épiglotte et toute sa moitié supérieure sont indemnes ainsi que le repli ary-épiglottique. Celui-ci néanmoins, sans être infiltré est souvent refoulé en dehors et en arrière ce qui tend à diminuer la largeur du sinus piriforme. Le sillon glosso-épiglottique est absolument normal.

Au point de vue mobilité, l’hémi-larynx envahi est dans l’ensemble fixe, mais le jeu de l’aryténoïide n’est pas absolument entravé. Si l’on peut arriver à voir la corde vocale, on constate que celle-ci est encore mobile, mais généralement cette constatation est impossible du fait de l’exubérance de la tumeur.

b) Forme infiltrante. — La laryngoscopie montre une bande ventriculaire irrégulière, épaissie, d’allure infiltrée; mais non végétante et non ulcérée. Souvent cette forme peut paraître à tort strictement unilatérale, l’envahissement épiglottique et pré-épiglottique n’apparaissant pas cliniquement. On voit parfois plus facilement, sous cette bande infiltrée, une corde vocale encore relativement mobile.

c) Forme ulcérée. — Cette forme n’est en réalité que l’aboutissant de l’une ou l’autre des deux formes précédentes. Dans celle-ci, il y a toujours ulcération, mais cette ulcération est souvent cachée, profonde, masquée par l’infiltration tumorale sous-muqueuse sus-Jacente ou par l’épiglotte basculée en arrière. Petit à petit néanmoins, l’ulcération s'étend et devient visible facilement en laryngoscopie, en apparaissant sur le bord libre de la bande et souvent à l’union de la bande et du pied épiglottique.

Ill) RECHERCHE DES ADÉNOPATHIES.

Il est fréquent de constater une petite adénopathie au niveau de la grande corne de l’os hyoïde.

Celle-c1 paraît être en rapport avec l’envahissement dela loge pré-épiglottique. Cette adénopathie est parfois bilatérale.

EvozuTion. EXTENSION.

L'extension en avant dans la loge pré-épiglottique est anatomiquement constante, mais cliniquement impossible à diagnostiquer au début, sans l’aide de la radiographie.

Elle devient ultérieurement cliniquement constatable lorsque la membrane thyro-hyoïdienne est refoulée en avant où même infiltrée. Souvent alors la masse tumorale se confond avec l’adénopathie cervicale unilatérale ou bilatérale concomitante.

En laryngoscopie on peut voir la tumeur déborder alors les limites de l’endo-larynx :

a) en avant vers vers le sillon glosso-épiglottique dont le relief est soulevé. Dans ce dernier cas, le bord libre de l’épiglotte apparaît seul sain entre deux masses néoplasiques : celle

de la vallécule linguale et celle de la bande ventriculaire ;

b) en dehors, vers le sinus piriforme progressivement comblé par une infiltration du repli ary-épiglottique ;

c) plus rarement en arrière vers la région aryténoïdienne ;

d) quant à l’extension vers le bas dans la sous-glotte, elle est impossible à diagnostiquer cliniquement. Nous avons vu d’ailleurs qu’anatomiquement nous ne l’avons Jamais rencontrée.

11) ÉPITHÉLIOMA DU-VENTRICULE

Cette localisation peut se révéler cliniquement plus tardivement encore que la précédente.

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