B) ÉPIGLOTTE
On voit moins sur le cliché, le cartilage épiglottique, exceptionnellement calcifié, jamais ossifié, que les parties molles épiglottiques et pré-épiglottiques. Aussi, décrironsnous l’épiglotte avec les parties molles.
C) CRICOIDE
Le cartilage cricoïde n’est très souvent visible que dans sa partie postéro-supérieure (C,) se projetant sous forme d’un angle arrondi correspondant à la partie supérieure du chaton et à son bord postérieur.
Lorsque le cricoïde est complètement ossifié, ce qui est rare et ne se voit que chez les hommes âgés, on peut repérer facilement la partie antérieure de l’anneau (C,) et en suivre le bord supérieur (C,) suivant une ligne légèrement incurvée, en S allongé qui porte à sa partie postérieure la facette articulaire crico-aryténoïdienne, oblique en haut et en arrière. Le chaton se dessine par ses deux faces ; la face antérieure, l’égèrement convexe en avant (M.); la face postérieure, rectiligne (C,). Quant au bord inférieur du cricoïde, il dessine une ligne extrêmement floue, légèrement oblique en bas et en arrière (C;), unissant l’extrémité antérieure de l’anneau au bord inférieur du chaton.
Dans l’immense majorité des cas, l’ossification et l’imprégnation calcaire étant très incomplètes, l'emplacement du cartilage cricoïde doit être repéré en reliant les quelques points d’ossification segmentaires existant et qui sont généralement :
— la partie antérieure de l’anneau, ou son demi-are supérieur, réduit d’ailleurs souvent à un simple point d’ossification (C.).
— la partie postérieure du bord supérieur (C.).
— la face postérieure du chaton, se dessinant en totalité ou en traînées fragmentaires (C,).
D) ARYTÉNOIDES
Les cartilages aryténoïdes (A) ne sont souvent calcifiés que sur leurs faces postérieure et inférieure. Ils se projettent alors sous forme de deux arêtes formant un angle ouvert en avant et légèrement incliné en bas.
Dans d’autres cas, plus complètement ossifiés ou plus fortement calcifiés, 1ls se dessinent en totalité sous forme d’une pyramide opaque, coiffant la bord supérieur du chaton séparé de lui par une petite bande plus claire oblique en bas et en avant.
20,PARDIES MOLLES
Elles sont formées de plans musculo-aponévrotiques antérieurs et postérieurs qui limitent en avant et en arrière la lumière du conduit aérien.
À, — PLANS MUSCULO-APONÉVROTIQUES ANTÉRIEURS
Les plans musculo-aponévrotiques antérieurs forment dans l’ensemble une ombre triangulaire à sommet inférieur.
Le bord antérieur de cette ombre est constitué par le plan cutané sous lequel se dessinent presque parallèlement les projections des aponévroses cervicales (P,), des muscles prélaryngés et des membranes hyoet crico-thyroïdiennes(P,). Il est important de connaître la disposition de ces différents plans, parce que certaines tumeurs à développement antérieur peuvent les repousser ou les infiltrer progressivement de la profondeur vers la surface.
Le bord postérieur de cette même ombre est formé de haut en bas par les projections :
19 Du bord postérieur de l’épiglotte, (M.).
20 De la jonction du pied de l’épiglotte (E,) à la muqueuse glottique (commissure antérieure).
39 De la muqueuse laryngée sous-glottique antérieure (M).
L'épiglotte plus ou moins basculée en arrière présente une obliquité plus ou moins accentuée. Son bord postérieur est linéaire ou très légèrement bombé en arrière au niveau de sa portion moyenne. Son tiers supérieur coupe la grande corne de l’os hyoïde (H) à sa partie moyenne. Son pied atteint presque la projection de l’angle antérieur des cartilages thyroïdes, à mi-hauteur de ceux-ci.
Ainsi est limitée la loge pré-épiglottique (presque tou- Jours envahie au cours des cancers sus-olottiques) entre la projection de la membrane hyo-thyroïdienne en avant, celle du bord postérieur de l’épiglotte en arrière, celle de l’os hyoïde en haut. Elle forme une ombre triangulaire dont le sommet se projette au niveau du pied de l’épiglotte.
Nous préciserons plus loin les rapports de ce pied d’épiglotte avec la projection des ventricules et des cordes vocales au niveau de la commissure antérieure.
Plus bas, au-dessous de cette dernière, on voit la projection de la muqueuse sous-glottique (M,), tapissant selon une épaisseur uniforme, la face postérieure de l'angle antérieur des cartilages thyroïdes, la membrane thyro-cricoïdienne, la face postérieure de l'anneau cricoïdien, et se continuant enfin avec la muqueuse trachéale antérieure (M).
L’épaisseur de la bande sombre ainsi formée est importante à considérer, verrons-nous, en cas d'infiltration néoplasique sous-glottique antérieure.
B. — PLANS MUSCULO-APONÉVROTIQUES POSTÉRIEURS
Les plans musCulo-aponévrotiques postérieurs, les plus difficiles à étudier, se présentent différemment suivant qu’on regarde l’image radiographique simple, faite sans artifice, ou l’image obtenue pendant l’insufflation physiologique par la manœuvre de Valsalva.
19 Sur la radiographie simple :
Les plans pharÿngo-laryngés postérieurs et les plans mus-
culo-aponévrotiques prévertébraux, ne forment qu’une seule masse sombre vaguement fusiforme, s’étalant devant les IVe, Ve, et VIE vertèbres cervicales. La moitié antérieure de cette ombre est particulièrement opaque, car sy projettent, en empiètant les uns sur les autres et en se superposant, la partie postérieure des ailes thyroïdiennes, avec leurs cornes supérieures et inférieures, la moitié postérieure des aryténoïdes, l’ensemble du chaton cricoïdien.
Cette ombre a environ 5 centimètres de hauteur et 1 em. 5 à 2 centimètres de large.
Son bord antérieur présente à sa partie moyenne, une légère encoche en sablier qui répond au bord inférieur des aryténoïdes dont la moitié antérieure se projette en avant de cette encoche. Cette encoche limite en arrière l'étage sus-glottique de l’étage sous-glottique.
20 Sur la radiographie avec insufflation .
L'ombre musculo-aponévrotique postérieure change d’aspect par suite du déplacement en haut et surtout en avant, du cricoïde et du thyroïde, qui se détachent des plans musculaires prévertébraux.
De cette façon 1l est facile de distinguer dans cette ombre deux zones :
a) une partie supérieure correspondant au bord postérieur de l’aile thyroïdienne et à ses deux cornes, et à la moitié supérieure du chaton cericoïdien qui s’éloignent de 5 à 10 millimètres des plans musculaires prévertébraux, découvrent un espace clair, parfaitement visible qui répond à la partie la plus profonde de l’entonnoir pharyngien, conduisant à la bouche œsophagienne ;
b) une partie inférieure dans laquelle le chaton retenu solidement par la sangle des muscles crico-pharyngiens, conserve ses rapports sans modification, avec les plans pré-
vertébraux.