PREMIERE PARTIE
LES DIVISIONS A CORINTHE CHAPITRE I (suite)
10 Obsecro autem vos, fratres, per nomen Domini nostri Jesu Christi : ut idipsum dicatis omnes, et non sint in vobis schismata ; sitis autem perfecti in eodem sensu, et in eadem sententia. n Significatum est enim mihi de vobis, fratres mei, ab iis, qui sunt Chloes, quia contentiones sunt inter vos. ^^Hoc autem dico, quod unusquisque vestrum dicit : Ego quidem sum Pauli ; ego autem Apollo ; ego vero Cephae ; ego autem Christi. i3 Divisus est Christus ? Numquid Paulus crucifixus est pro vobis ? aut in nomine Pauli baptizati estis ? i4 Grattas ago Deo, quod neminem vestrum baptizavi, nisi Crispum, et Caium ; is ne quis dicat quod in nomine meo baptizati estis. 16 Baptizavi autem et Stephanae domum : ceterum nescio si quem aliu:m baptizaverim. ^'^ Non enim misit me Christus
baptizare, sed evangelizare.
L'Apôtre poursuit : « Après avoir ainsi reconnu et rapporté à Dieu tout le bien qui s'est accompli en vous, laissezmoi vous détourner, au nom du Seigneur, au' nom de l'étroite société qui de nous tous, en lui, ne fait qu'un seul et même corps, laissez-moi vous détourner de toute division, vous incliner à parler tous de même, comme gens qui n'ont qu'une même pensée et un même sentiment. »
Les envoyés d'une chrétienne de Corinthe, Chloé, (peutêtre ces mêmes Stephanas, Fortunatus et Achaïcus dont les noms sont au chapitre XVI, 15, 17), en même temps qu'ils avaient remis à l'Apôtre une lettre des prêtres de Corinthe, (à Iqui il sera répondu au chapitre VII et suivants), l'avaient averti, oralement, des dissensions qui désolaient l'Eglise.
A la faveur de ces dissensions mêmes, l'ennemi avait beau jeu, en les attisant, de diminuer l'autorité de l'Apôtre et de troubler les communautés fondées par lui. Les judaïsants s'y employèrent. Comme si l'Evangile eût emprunté sa valeur au ministre ' qui l'avait apporté, chacun prenait parti pour le prédicateur de qui il avait reçu la foi ; et au lieu de vivre dans la possession de son nom de chrétien, l'un disait : Moi, je suis de Paul, le fondateur de l'Eglise. Moi, disait un autre, je suis d'Apollos, sa prédication est plus éloquente et plus élevée. Un troisième disait: Moi, je suis de Céphas ; c'est la plus haute autorité qui soit dans l'Eglise. De ce dernier nom se réclamaient les judaïsants, saint Pierre étant regardé comme l'apôtre de la circoncision. A tous ces particularismes, à toutes ces mesquines rivalités, l'Apôtre répond d'un seul mot qui est sa devise, et ramène tous les baptisés à une même dénomination réelle : « Moi, dit l'Apôtre, je suis du Christ, tout simplement. Il n'est que lui seul à qui tout baptisé puisse se glorifier d'appartenir. Pourquoi les autres distinctions ? Est-ce donc que le Christ est divisé et que chaque prédicateur, avec lui, en emporte un lambeau ? Sont-ce les prédicateurs qui nous sauvent ? Et pour ne parler que de lui, est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés, est-ce en la vie de Paul que le baptême vous a fait entrer ? Dieu merci ! Je n'ai même pas fourni de prétexte à une telle pensée, en vous administrant le baptême de mes mains, à part Crispus et Caïus. (Crispus est sans doute le chef de la synagogue dont nous parlent les Actes, XVIII, 8 ; Caïus peut-être celui qui donna ensuite l'hospitaHté à saint Paul, Rom., XVI, 23). Mais ce ne sont là que des exceptions dans l'Eglise de Corinthe, et nul ne pourra dire que c'est mon baptême qu'il a reçu. » Peut-être l'Apôtre s'était-il borné à mentionner ces deux noms. Peut-être aussi Stéphanas, qui était avec lui, lui rappela-t-il qu'il avait aussi, lui et sa maison, été baptisé par lui. Aussi l'Apôtre se corriget-il comme par une parenthèse, en ajoutant Stéphanas et sa maison. Cette exception s'explique d'elle-même. Stéphanas,