LE VRAI TEMPLE DE DIEU
habitat in vobis ? i7 5/ qais autem templum Dei violaverii, disperdet illum Deus. Templum enim Dei sanctum est,, quod estis vos. 18 Nemo se seducat : si quis videtur inter vos sapiens esse in hoc saeculo, staltus fiât ut sit sapiens. i9 Sapientia enim hujus mundi, stultitia est apud Deum. Scriptum est enim : Compfehendam sapientes in astutia eorum. 20 Et iteram : Dominus novit cogitationes sapientium quoniam vanae sant. 21 Nemo itaque glorietur in hominibus. 22 Omnia enim vestra sunt, sive Paulus, sive Apollo, sive Cephas, sive mundus, sive vita, sive mors, sive praesentia, sive futura : omnia enim vestra sunt : 23 yos autem Christi, Christus autem Dei.
« Oui, dit l'ApôtrC;, avec l'accent de l'humilité et de la fierté à la fois ; nous sommes, nous, les ouvriers de Dieu ; vous êtes, vous, la plantation de Dieu ». Cette première métaphore conclut l'enseignement donné depuis le verset 6 ; une deuxième, « vous êtes l'édifice de Dieu », prépare les développements qui vont suivre. Paul n'a rien fait de lui-même à Corinthe. Tout l'honneur revient à Dieu. Grâce à la vocation et à la mission qui Jui ont été données d'en haut, il a, en architecte prudent, placé les premières assises et le fondement de l'édifice ; il a veillé à ce que les fondations fussent solides et proportionnées au temple qu'elles devaient soutenir. D'autres sont venus qui bâtissent sur ce fondement premier ; à chacun, sous sa responsabilité, de veiller à la solidité des murailles qu'il élève. Car l'œuvre du premier est simple et facile ; il n'y a pas pour lui matière à hésitation, à préférence, à discernement. Lorsqu'il s'agit d'élever un temple à Dieu, l'assise première, le seul et unique fondement est celui qui a été, par Dieu même, placé à la base, Jésus-Christ crucifié. C'est lui, nous"^ l'avons vu, qui a fourni à l'Apôtre le thème de toute sa prédication (II, 2).
Après cela, vient la structure même de l'édifice (12) et c'est là qu'il y a place pour les erreurs, et chance de méprise. Il est facile de voir que l'Apôtre goûtait médiocrement les éléments qu'Apollos, et d'autres peut-être avec lui, emprun-
taient aux doctrines philosophiques, étrangères à l'Evangile, et qui, à ses yeux, altéraient la simplicité de la foi. « Sur ce fondement premier, dit-il, un ouvrier vient qui assemble et superpose de bons matériaux, de l'or, de l'argent, des marbres de choix ; un autre vient à son tour, qui entasse, pêlemêle, du bois, de l'herbe, de la paille, matériaux inférieurs, de mauvais aloi, qui ne sont pas à l'épreuve du feu ; un jour viendra qui fera la lumière sur le travail de chacun et sur sa valeur propre. » Ce sera le jour de Dieu, dont il a été parlé aux Thessaloniciens, où le Seigneur se montrera dans l'appareil du feu qui éclaire, mais aussi qui détruit, qui consume, qui éprouve in flamma ignis dantis vindictam (II Thess., I, 8), un feu intelligent qui fera le discernement exact de ce que valent nos œuvres. Il est superflu de rappeler que les Psaumes, Isaïe, Habacuc, Malachie, et saint Pierre (II Pet., III, 7) dessinent avec saint Paul la manifestation divine, comme devant s'accomplir dans le feu. Heureux alors celui dont les œuvres seront telles qu'elles puissent soutenir l'examen de Dieu ! On a pensé qu'en parlant de la sorte, saint Paul faisait allusion à un fait appartenant à l'histoire de Corinthe et dont le souvenir ne s'était pas perdu. Deux siècles environ avant la lettre de l'Apôtre, en l'an 608 de Rome, la ville de Corinthe avait été pillée et brûlée par Mummius. Le feu avait consumé les habitations particulières ; les temples seuls, élevés avec plus de soin, bâtis de matériaux plus résistants, étaient demeurés intacts au milieu des flammes. Quoi qu'il en soit, l'ouvrier évangélique recevra sa récompense, si l'œuvre qu'il a édifiée sur l'unique fondement subit victorieusement le contrôle jaloux du feu divin. Si dans son œuvre se rencontrent des éléments de moindre prix, du bois ou de la paille, comme il a été dit plus haut, lui aussi recevra son salaire, mais il y aura néanmoins une part de châtiment ; il devra abandonner au feu de la justice la portion chétive de son travail. Il sera sauvé, parce qu'il a bâti sur le bon et unique fondement, parce qu'il a travaillé et que certaines parties de son œuvre ont été accomplies avec soin ; mais le Seigneur aura une juste re-