‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 128 sur 663 · LA VRAIE CONCEPTION DE LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA VRAIE CONCEPTION DE LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE

1 Non. sum liber ? Non suni Apostolus ? Nonne Christum Jesum Dominum nostrum vidi ? Nonne opus meum vos esiis in Domino ? 2 Et si aliis non sum Apostolus, sed tamen vobis sum ; nam signaculum Apostolatus mei vos estis in Domino, s Mea defensio apud eos, qui me interrogant haec est : 4 Numquid non habemus potestatem manducandi, et bibendi ? s Numquid non habemus potestatem muliereiri sororem circumducendi sicut et ceteri Apostoli, et fratres Domini, et Cephas ? s Aut ego solus, et Barnabas, non habemus

poiestatem hoc operandi ? ^ Quis militât suis stipendiis unquam ? Quis plantât vineam, et de fructu ejus non edit ? Quis pascit gregem, et de lacté gregis non manducat ? s Numquid secundum hominem haec dico ? An et lex haec non dicit ? 9 Scripium est enim in lege Moysi : Non alligabis os bovi trituranti. Numquid de bobus cura est Deo ? lo An propter nos utique hoc dicit ? Nam propter nos scripta sunt, quoniam débet in spe qui arat, arare ; et qui triturât, in spe fructus percipiendi. n Si nos vobis spiritualia seminavimus, magnum est si nos carnalia vestra metamus ? 12 Si alii potestatis vestrae participes sunt, quare non potins nos ? Sed non usi sumus hac potestate ; sed omnia sustinemus ne quod offendiculum demus Evangelio Christi. i3 Nescitis quoniam qui in sacrario operantur, quae de sacrario sunt, edant ; et qui altari deserviunt, cum altari participant ? i4 lia et Dominus ordinavit ils, qui Evangelium annuntiant, de Evangelio vivere.

Des trois solutions du problème, l'Apôtre adoptait donc la solution moyenne, attentive aux circonstances, seule pratique, et soucieuse de l'âme du prochain. Mais aussitôt s'élevait l'objection : « Que devient cette liberté tant vantée, proclamée par vous-même comme essentielle à la vie chrétienne? Je ne suis plus libre, en effet, assure le Corinthien, si au lieu d'obéir à mes propres lumières, je dois déférer à la faiblesse et au scrupule de ceux que le hasard place à côté de moi ! » Les deux chapitres qui suivent (IX et X), ne sont guère que la discussion de cette difficulté des Corinthiens ; elle fournit à l'Apôtre l'occasion d'affirmer son autorité, de donner sa conduite en exemple et de marquer le vrai caractère de la vie chrétienne. « Vous n'êtes pas libres, dites-vous, parce que vous ne pouvez pas faire tout ce que bon vous semble ; la liberté n'existe pour vous qu'à la condition que rien au monde, pas mêmes les intérêts de l'âme d'un de vos frères, n'en vienne limiter l'exercice. Eh bien ! et moi ? Ne suis-je pas libre, moi aussi ? Ne suis-je pas apôtre, quoi qu'en pen-

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