‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 132 sur 663 · ENCORE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

ENCORE LA LIBERTÉ

1 Nolo enim vos ignorare, patres, quoniam patres nostri omnes sub nube fuerunt, et omnes mare translerunt, 2 et omnes in Moyse baptizati sunt in nube, et in mari ; 3 et omnes eamdem escam spiritalem manducaverunt, 4 et omnes eumdem potum spiritalem biberunt (bibebant autem de spiritali, conséquente eos, petra ; petra autem erat Christus) ; s sed non in pluribus eorum beneplacitum est Deo ; nam prostrati sunt in deserto. ^ Haec autem in figura facta sunt nostri, ut non simus concupiscentes malorum, sicut et illi concupierunt ; 7 neque idololatrae efficiamini, sicut quidam ex ipsis ; quemadmodum scriptum est : Sedit populus manducare, et bibere, et surrexerunt ludere. s Neque fornicemur, sicut quidam ex ipsis fornicati sunt, et ceciderunt una die viginti tria millia. ^ Neque tentemus Christum ; sicut quidam eorum tentaverunt, et a serpentibus perierunt. 10 Neque murmuraveritis, sicut quidam eorum murmuraverunt, et perierunt ab exterminatore. n Haec autem omnia in figura contingebant illis ; scripta sunt autem ad correptioneni nostram, in quos fines saeculorum devenerunt. 12 Itaque qui se existimat stare, videat ne cadat. i3 Tentatio vo& non appréhendât nisi humana ; fidelis autem Deus est, qui non patietur vos tentari supra id, quod potestis, sed faciet etiam cum tentatione proventum, ut possitis sustinere.

« Rappelez-vous, leur dit-il, ceux dont nous sommes la descendance spirituelle, (puisque les Gentils eux-mêmes forment aujourd'hui l'Israël de Dieu) ; les Juifs ont été honorés

les premiers des faveurs de Dieu. Ils ont tous été guidés par lui, et par la nuée obscure le jour, lumineuse la nuit, qui symbolisait sa présence ; tous sont sortis de l'Egypte et ont traversé miraculeusement la mer Rouge. Si les chrétiens trouvent une nouvelle naissance dans le baptême, qui les fait entrer en la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ par l'eau et l'Esprit de Dieu ; tous ont reçu l'équivalent de ce baptême par leur union à Moïse, le médiateur de la loi ancienne, par le passage de la mer et la direction reçue de la nuée ; tous ont participé à la nourriture de la manne, spirituelle parce qu'elle leur venait de la main des anges, et qu'elle signifiait l'Eucharistie ; tous ont goûté au même breuvage spirituel. Moïse, en effet, faisait jaillir l'eau de la pierre pour les désaltérer dans le désert. Mais la Pierre spirituelle qui les accompagnait dans leur long pèlerinage de quarante ans, c'était le Christ. » On ne peut donner à ce passage un sens satisfaisant qu'à la condition de se souvenir que, dans l'Ancien Testament, à raison de la stabilité qu'il est et de la stabilité qu'il donne à ceux qui s'appuient sur lui. Dieu est sans cesse appelé le rocher, la pierre inébranlable. La métaphore a été souvent effacée dans la traduction, et au lieu d'être la Pierre, Dieu a été le refuge, ou le fort (I Reg., Il, 2 ; Ps. XVII, 32). Mais le texte hébreu dit simplement : « la Pierre », Tsour, pour désigner Dieu (Deut., XXXII, 4, 15, 18, 30, 31, 37). Ce n'est pas de la pierre dure et inféconde que venait le breuvage du désert, mais de la pierre spirituelle qui ne les délaissait jamais. Et cette pierre était le Christ, dit l'Apôtre, le Fils de Dieu préludant à l'Incarnation, s'essayant en quelque sorte à sa vie parmi les hommes. L'Eglise a recueilli cette doctrine et parle ainsi au Christ qui doit venir : O Adonai, et dux domus Israël, qui Moysi in igné rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti, veni ad redimendum nos in brachio extento.

Ainsi, tous les Juifs ont été honorés des prévenances de Dieu ; ils ont été comblés, tous. Rien ne leur a manqué. Ils ont été les Corinthiens de l'antiquité. Pourtant la bienveil-

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