EXPÉRIENCES DU PASSÉ
lance du Seigneur, définitivement, s'est éloignée d'eux ; ils ne sont pas entrés dans la terre promise, et, à part Caleb et Josué (Hebr., III, 15-19), ils ont laissé leurs ossements dans le désert. C'est que l'amour de Dieu nous crée une responsabilité devant lui, et que ses bienfaits ne profitent qu'à ceux qui, les ayant reçus dans l'humilité, les font, valoir dans l'entière fidélité de leur vie. Aussi, que nul ne dise que tout cela n'est qu'histoire ancienne et ne concerne que les Juifs. Non, en la personne du peuple juif, nous recevons une leçon prophétique ; on nous avertit de nous détourner des grossières convoitises qui les ont perdus, comme elles nous perdraient nous-mêmes. Cette histoire du peuple ancien nous dit, par la voix mêrne des châtiments divins, et Corinthe avait besoin de l'entendre : « Ne soyez pas des idolâtres comme le furent un grand nombre d'entre eux, lors de l'adoration du veau d'or, particfpant au festin idolâtrique et à ses réjouissances ainsi qu'il est rapporté au livre de l'Exode », et comme il semble, aux insistances de l'Apôtre sur ce point, que les choses se passaient à Corinthe (19-20).
« Gardez-vous de la fornication, mieux que ne le firent les Juifs qui se laissèrent entraîner et dont il périt en un jour vingt-trois mille » ; le livre des Nombres (XXV, 9) dit vingtquatre mille, sans doute parce que le chiffre exact flottait entre les deux limites.
« Gardez-vous de tenter Dieu et de provoquer sa colère comme ceux qui périrent sous la morsure des serpents (Num., XXI, 6). Gardez-vous du murmure et des révoltes ; d'autres avant vous ont murmuré et fomenté des rébellions (Num., XVI) : ils furent frappés par l'Ange exterminateur. Encore une fois, dit l'Apôtre reprenant sa pensée du verset 6, ne négligeons pas de tels enseignements. » Le peuple juif a fait, et souvent à ses dépens, des expériences qui devaient servir au monde entier. Tous ces événements de son histoire sont arrivés, ont été écrits, et sont parvenus jusqu'à nous comme une leçon de choses, destinée dans la pensée de Dieu à nous éclairer, nous les derniers venus dans la suite des
siècles, nous qui appartenons à l'alliance nouvelle, dernière et éternelle. Vous voyez là comment on peut déchoir, même après avoir recueilli les bienfaits de Dieu. Aussi, loin de nous la présomption et toute fausse sécurité ; demain peut-être la persécution éclatera : que ceux qui se croient et se disent forts se tiennent sur leurs gardes. Il peut survenir des épreuves plus lourdes que celles endurées jusqu'ici, et que Dieu a mesurées à notre faiblesse ( sO ejs , apprehendit). Non sans doute que le Seigneur, qui est fidèle, permette jamais que l'épreuve dépasse absolument nos forces : avec la tentation qu'il envoie, en face de l'épreuve qui grandit, Dieu donne la force surnaturelle requise pour résister ; mais ce n'est pas sur nous que nous devons jamais nous appuyer, et ce surcroît de force ne nous viendra que de lui. Tout est calculé dans la parole de l'Apôtre pour réduire l'orgueil et la présomption des Corinthiens.
Ce qui suit, jusqu'à la fin du chapitre, contient le règlement pratique de ce problème des viandes offertes aux idoles, de ce problème qui a provoqué la grande leçon de théologie morale précédemment exposée.
14 Propter quod, charissimi mihi, fugite ab idolorum cultura. 15 Ut prudentibus loquor, vos ipsi jadicate quod dico. 16 Calix benedictionis, cui benedicimus, nonne communicatio sanguinis Christi est ? et panis, quem franglmus, nonne participatio corporis Do mini est .? i^ Quoniam unus panis, umim corpus multi sunius, omnes qui de uno pane participamus. 18 Videte Israël secundum carnem ; nonne qui edunt hostias, participes sunt aliaris ? i9 Quid ergo ? dico quod idolis immolatum sit aliquid ? aut quod idolum sit aliquid ? 20 Sed quae immolant gentes, daemoniis immolant, et non Deo. Nolo autem vos socios Jieri daemoniorum ; non potestis calicem Domini bibere, et calicem daemoniorum. ^^Non potestis mensae Domini participes esse, et mensae daemoniorum.
22 An aemulamur Dominum ? Numquid fortiores illo sumus ?
23 Omnla mihi licent, sed non omnia expédiant. Omnia mihi