‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 138 sur 663 · BON ORDRE DANS LES RÉUNIONS · texte numérisé non relu

BON ORDRE DANS LES RÉUNIONS

publiquement ou parle dans l'assemblée chrétienne sous l'influence de l'Esprit de Dieu, la tête voilée, déshonore sa tête ; et toute femme qui parle et prophétise, la tête non voilée, déshonore sa tête. » Mais le sens et la suite logique de la pensée ne peuvent être compris qu'à la condition de reconnaître la signification exacte que prend le voile aux yeux de l'Apôtre. Non seulement il y a une subordination naturelle de la femme ; mais le voile qu'elle porte, comme le voile naturel de sa chevelure, est l'indice de cette subordination. Le voile naturel et le voile surajouté ont tous deux pour l'Apôtre cette même signification. Aussi dira-t-il que supprimer l'un, c'est perdre son titre à garder l'autre. Dès lors, un homme qui se présenterait dans l'assemblée chrétienne la tête voilée, adoptant pour lui un usage réservé aux femmes, déshonorerait sa tête en affirmant sa sujétion et sa dépendance à l'égard d'un autre que le Christ. Ce n'est là qu'une supposition. L'hypothèse n'a d'autre dessein que d'amener le verset suivant, qui vise un fait trop réel à Corinthe.

Une chrétienne qui, de par son sexe, est inférieure à l'homme, et qui, au lieu de voiler ses traits et de témoigner ainsi qu'elle est sujette, qu'elle appartient à son époux, et que sa beauté n'est que pour lui, se présente dans l'assemblée chrétienne sans porter un voile sur sa tète, déshonore sa tète, dément son sexe et sa sujétion naturelle à l'homme ; elle se place résolument en dehors des conditions qui assurent la décence et le bon ordre. Ayant renoncé à son voile, pourquoi ne lui enlèverait-on pas aussi le voile naturel de sa chevelure ? Ils ont tous deux la même intention, le même dessein, la même signification ; ils doivent être gardés ou abandonnés ensemble. Si pourtant elle n'use plus de l'un, pourquoi se servir de l'autre ? Et si, inversement, elle regarde comme une honte d'être tondue ou rasée, qu'elle garde donc aussi son voile. L'homme n'a que faire d'un voile : il a été, sans intermédiaire, créé à l'image de Dieu, il est la gloire de Dieu et ne descend que de lui ; la femme est la gloire de l'homme qui lui est, de nature, supérieur. Cette supériorité

date de la création même, car le premier homme n'est pas issu de la femme, mais des mains de Dieu ; la femme a été tirée de l'homme. Et c'est à raison de cette sujétion et infériorité naturelle que, sous peine de s'arroger les droits de l'homme et de vouloir marcher son égale, la femme doit porter sur elle son voile, comme l'indice de son appartenance; et ce, à cause des anges, présents à nos réunions chrétiennes, et qui réprouvent toute attitude désordonnée. A part cette réserve d'ordre naturel et divin, les deux sexes sont égaux devant Dieu, et la vocation surnaturelle d'enfants de Dieu est commune à l'homme et à la femme. La première femme a été formée du premier homme ; mais depuis, tout homme naît de la femme : il y a donc mutuelle dépendance entre eux et con?mjane dépendance à l'égard de Dieu.

Peut-être l'Apôtre a-t-il conscience que l'intelligence de -chacim n'est point satisfaite encore ; aussi fait-il appel au sens naturel, à la décence, à cette appréciation immédiate qui d'elle-même se formule en nous d'après la coutume des sages. « Consultez-vous vous-mêmes, dit l'Apôtre ; est-ce chose convenable qu'une femme prie tête nue? La simple décence ne réclame-t-elle rien de plus ? Et à Corinthe surtout, la dignité des réunions chrétiennes ne court-elle pas de grands risques si l'on se relâche sur ce point ? En dehors de toute autre considération, ne tombe-t-il pas sous le sens qu'un homme s'il laisse croître sa chevelure et l'entoure de soins, passe pour un efféminé ; au lieu que, chez une femme, cela est légitime, sa chevelure lui étant un voile, un diadème, un élément de beauté ? Après tout, dit l'Apôtre, contestera qui voudra ; peut-être ces questions que la coutume a traitées diversement chez les peuples, ne sont elles pas susceptibles d'une solution définitive et rigoureuse. Ce qui suffira aux âmes dociles et sages, c'est de savoir que cette coutume n'est point la nôtre, ni celle des EgHses de Dieu. »

17 Hoc autem praecipio ; non laudans quod non in me- Jius, sed in deterius convenais, is Primum quidem convenien-

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