‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 142 sur 663 · UNITÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

UNITÉ DE L'ÉGLISE

nous entrons dans le Christ, l'Adam nouveau, par la régénération puisée au baptême. C'est sous l'influence d'un même Esprit, moyens et nondum inhabitans, que par le baptême, nous sommes entrés, Juifs et Grecs, libres et esclaves, dans l'intégrité d'un seul corps ; et c'est du même Esprit que nous sommes pénétrés et baignés. Aujourd'hui la multitude et la variété de nos vies individuelles ne font rien contre l'unité de ce corps : un corps, en effet, n'est pas formé d'un seul membre, mais de plusieurs. Aussi serait-ce en vain que le pied se dirait : Je ne suis pas la main, et dès lors je n'appartiens pas au corps ; que l'oreille se dirait : Je ne suis pas l'œil, par conséquent je ne suis pas du corps. Cette variété est requise, chacun des sens et des membres doit accomplir, sans usurpation ni jalousie, son œuvre propre, pour le bien de tous. Si tout le corps est œil, qui fera l'office de l'oreille ? Si tout le corps est oreille, qui fera la fonction de l'odorat ? Ainsi le Seigneur a sagement distribué, et à son gré, le travail de la vie entre les divers organes, sans cela il n'y aurait même pas de corps, mais un seul membre ; au lieu que nous avons, grâce à la variété des membres, un corps un et complet.

Dès lors ni un membre inférieur ne doit usurper sur un autre, ou jalouser son action ; ni un membre supérieur n'a de titre à dédaigner celui qui semble moindre que lui. Un lien étroit les groupe tous ensemble dans l'unité d'une même vie et d'un même travail. L'œil dit-il à la main : Je n'ai nul besoin de vous ? La tête dit-elle aux pieds : Je n'ai que faire de vous ? Loin de là ; nous estimons que les plus humbles de nos membres sont nécessaires ; nous garantissons avec plus de soin ceux qui sont plus faibles, même nous entourons de plus d'honneur ceux-là mêmes qui sont réputés les moins honorables, alors que nous ne donnons nul soin particulier à d'autres membres qui n'en ont pas besoin. Nous voilons le reste de notre corps ; mais nous marchons tête nue. On dira : c'est la coutume ou c'est la nature qui le veut ainsi ; non, répond l'Apôtre, c'est Dieu lui-même qui, ayant créé notre

corps, nous a suggéré l'instinct de donner plus de soin aux membres plus humbles, afin, par ce souci et cet intérêt affectueux, de détourner du corps foute division, et d'incliner les membres à se vouloir du bien les uns aux autres. Aussi, voyez, qu'un membre souffre, il n'en est aucun qui ne souffre avec lui ; qu'un membre jouisse, tous jouissent avec lui.

27Vos autem estis corpus Christi, et membra de membro. ^^ Et quosdam quidem posait Deus in Ecdesia primum Apostolos, secundo Prophetas, tertio Doctores, deinde virtutes, exinde grattas curationum, opitulationes, gubernationes, gênera linguarum, interpretationes sermonum. ^^ Numquid omnes Apostoli ? numquid omnes Prophetae ? numquid omnes Doctores ? numquid omnes virtutes ? so numquid omnes gratiam habent curationum ? numquid omnes linguis loquuntur ? numquid omnes interpretantur ? si Aemulamini autem charismata meliora. Et adhuc excellentiorem viam vobis demonstro.

L'exposé de l'allégorie doctrinale est achevé, il ne reste plus à l'Apôtre qu'à inviter les fidèles à prendre doucement leur parti de la place que Dieu leur a donnée dans l'Eglise, de la vocation qu'il leur a assignée, des conditions surnaturelles qu'il a faites à chacun dans l'unité du corps du Christ. Jalousies, rivalités, usurpations, dédains, tout cela doit nous être étranger. Car nous sommes entrés dans le corps du Christ, nous adhérons à lui comme un membre à un membre, semble dire la Vulgate qui a lu : fjisXôç ix jxeVûç, membrum ex membro. (Cette leçon, moins autorisée, est peut-être plus claire en sa pensée que {jt-eAôç iv. pispouç, membrum ex parte, d'après laquelle chacun de nous est membre de ce corps dans la mesure de la vigueur spéciale que Dieu lui a donnée).

Dans le dessein de montrer la variété des fonctions surnaturelles qui s'accomplissent dans l'unité de ce grand corps du Christ, l'Apôtre reprend sous une autre forme Ténumération donnée plus haut (versets 8-10), en attribuant à Dieu

Page 1