‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 152 sur 663 · LA RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION

reconnaître, au sein de la communauté corinthienne, les tendances variées qui, toutes, aboutissaient à cette négation. Même chez les Juifs, les sadducéens refusaient de croire a l'immortalité de l'âme, et tenaient dès lors la résurrection comme impossible. Les doctrines épicuriennes et stoïciennes n'y étaient pas plus favorables, parce que pour elles, la seule harmonie des atomes constitue la vie ; parce que par la mort, l'élément divin qui est en nous fait retour à la masse spirituelle, et s'absorbe dans l'âme du monde. Plus peut-être que ces influences doctrinales, un autre élément pesait sur la pensée corinthienne d'un poids ouvertement hostile à la résurrection ; c'était, il faut le dire, la corruption générale. Nous avons eu l'occasion déjà de le remarquer lors du séjour de l'Apôtre à Athènes et de son discours à l'Aréopage, interrompu au moment où il parlait de la résurrection des corps. Il y a un germe de manichéisme dans la luxure. La chair ne conserve sa dignité tju'auprès ^e ceux qui la m.ortifient^^ elle n'a de noblesse et n'obtient d'estime qu'auprès de ceux qui l'inclinent à la pureté et l'immolent à Dieu. Lorsqu'elle n'est qu'une matière de joies impures et de grossières expériences, la chair devient méprisable au titre même des souillures dont elle est l'instrument ; une sorte de conviction sourde porte à contester qu'elle puisse venir de Dieu, ou qu'elle puisse être ennoblie par la résurrection. A toutes ces influences ajoutez même une part de gnosticisme commencé, regardant, la résurrection comme purement morale et réalisée tout entière dans la justification ; tout cela, réuni, formait courant et menaçait la doctrine. Il faudrait presque bénir tout cela, car ce nous a valu une incomparable leçon de théologie ; elle se résume ainsi: Le Christ est ressuscité, 1-11. Dès lors nous ressusciterons, nous aussi, 12-34. Condition des corps ressuscites, 35-50. Conclusion, 51-58.

^Notum autem vobis jacio, fratres, Evangelium quod praedicavi vobis, quod et accepistis, in quo et statis, 2 per quod et salvamini : qua ratione praedicaverim vobis, si tenetis,.

nisi frustra credidistis. ^Tradidi enim vobis in primis, quod et accepi : quoniam Christus mortuus est pro peccatis nostris secundum Scripturas : * Et quia sepultus est, et quia resurrexit tertia die secundum Scripturas : s Et quia visus est Cephae, et post hoc undecim. 6 Deinde visus est plus quam quingentis fratribus simul : ex quitus multi manent usque adhuc, quidam autem dormierunt. 7 Deinde visus est Jacobo, deinde Apostolis omnibus. ^ Novissime autem omnium tamquam abortivo, visus est et mihi. 9 Ego enim sum minimus Apostolorum, qui non sum dignus vocari apostolus, quoniam persécutas sum Ecclesiam Dei. lo Gratia autem Dei sum id quod sum, et gratia ejus in me vacua non fuit, sed abundantius illis omnibus laboravi : non ego autem, sed gratia Dei mecum. n Sive enim ego, sive illi : sic praedicamus, et sic credidistis.

A rencontre des erreurs semées parmi vous, dit l'Apôtre, je vous rappelle et au besoin vous promulgue l'Evangile, c'est-à-dire l'enseignement surnaturel que je vous ai apporté autrefois. Vous l'avez accueilli, vous ne pouvez vous démentir vous-mêmes f. c'est à lui que vous vous êtes attachés ; c'est lui qui vous range au nombre des élus de Dieu ; si toutefois vous demeurez fidèles à cet enseignement, et à moins que votre foi n'ait été qu'une adhésion superficielle à une doctrine de hasard. Je vous ai enseigné tout d'abord que ■ le Seigneur est mort pour nos péchés, non pas seulement parce que nos péchés ont été la cause de sa mort, mais surtout parce qu'il les a effacés par sa mort : traditus est propter delicta nostra et resurrexit propter justificationem nostram (Rom., IV, 25). Cela avait été annoncé par les saintes Ecritures, il suffit de lire le chapitre LUI d'Isaïe, 4, 5, 6, 10. Je vous ai enseigné aussi qu'il a été enseveli ; sa mort est donc constante.

Et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon que les Ecritures l'avaient annoncé aussi. La Résurrection est donc un fait prédit par Dieu ; les apôtres n'ont cessé d'en appeler

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